Id. 958, $ 5-9, t. III, p
10. Ex. celles de Haroun-al-Raschid et de Luitprand. Zd. 801, S6=8, L0T, p- 218-9 et 968, $ 5-20, t. III, p. 214-921.
11. En particulier pour les ducs de Saxe et les comtes de l'Italie septentrionale.
OR
sent persuadés que les peuples ont le droit de leur résister, et d'autre part, que les peuples fussent persuadés de l’obéissance passive (1) », Leibniz ne peut négliger les peuples: dans ses œuvres politiques, il en a parfois tracé des portraits saisissants (2). Il est vrai que les peuples civilisés ou heureux n’ont guère d'histoire, surtout dans les documents du moyen âge; aussi Leibniz ne présente-t-il guère les peuples que quand il s’agit de barbares, à propos de leurs invasions, ou lorsqu'il se produit de grands malheurs, s’il éclate, par exemple, des révoltes ou des guerres civiles : faute d'indications dans les sources, la foule, en dehors de ces cas, ne figure guère dans son histoire que lorsqu'il s’agit d'institutions ou d'histoire militaire.
Cette dernière histoire est naturellement une des plus étudiées par Leibniz qui, d’une manière générale, s’intéressait à la guerre (3), a eu parfois des idées stratégiques remarquables (4), recherchait avec soin quelle était la différence de condition des soldats dans l’antiquité et au moyen
4. Bourroux, éd0 de la Monadologie, p. 125, d’après une lettre à Boinebourg, s. d. (1695 environ). Feper, p. 396-7. Cf. lettre à Bacmeister du 4 mars 1699. Zd., p. 202; Théod., $ 125. Geur., Phil, t. V, p. 180 et : « Ego quidem non is sum, qui omnia in principes judicia improbem : nam variant gentium jura et eventuum necessitates. » Ann. Imp. 833, $ 35, t. I, p. 431. Sur les idées politiques de Leibniz, v. lettres à Jean Frédéric, s. d. (1679), à Th. Burnet du 2/13 février 1700, à Falaiseau du 8 juillet 1708 et à Coste du 30 mai 1712. Kzopp», t. IV, p. 442 et t. IX, p. 143 et Genr., t. III, p. 271 et 424 (Durens, t. VI, p. 268-9); la plus curieuse est sans doute celle qu’il écrivait à Burnet de Kemney, le 16 juillet 1701, où il donne son avis sur les différents gouvernements et le procédé de la pluralité des voix dans les assemblées. Kzopp, t. VIII, p. 267-8. Gexr., t. III, p. 277-8. Sur les devoirs d’un roi, v. Kzopp, t. II, p. 20.
2. En particulier dans le Cons. Ægypt., p. ex. «les Suédois, dont le corps tient de l'hiver et l'esprit de l'été.» Foucxer DE CaReiz, t. NAtp'Ex XX:
3. Ms. XXXVIintitulé Muitaria (BonemaANN, Handschriften, p. 319-21). Dans le dialogue de Rerum Arcanis, il indique, n° 21: « de arte ac disciplina militari ac bello sacri ». Geur., Phil., t. VII, p. 51,note. Il a laissé «un discours adressé au prince Eugène sur les exercices militaires ». ArcHiMBAUD, t. III, p. 184 — Dans une lettre, Leibniz formule même le projet d’une sorte de télégraphie acoustique, au moyen de coups de canon formant un véritable “alphabet.
4. P. ex. celle de l'expédition de Syrie. Cons. Ægypt. Foucner DE Carez, t. IV, p. 95 et 144. C’est au point qu’un pamphlet anglais a pu accuser, en 1803, Bonaparte de lui avoir pris ce projet et l’idée de l’importance de Malte. Zd., p. Xxxv et XLvI.
âge (1), comparait l’art militaire des peuples barbares et des Allemands (2), étudiait les systèmes de fortifications en usage de son temps (3), et essaya tant de fois de pousser ses compatriotes à mieux soutenir la lutte contre la France (4), a naturellement fait à l’histoire militaire la place qu’elle semblait mériter de son temps. Toutes les expéditions de Charlemagne en Saxe (5), d’Otton Ier (6) ou d’Otton III (7) en Italie, les luttes des fils de Louis le Pieux (8), les invasions des Normands (9) ou des Hongrois (10), les différentes guerres féodales (11) sont rapportées avec un grand luxe de détails. Quelques-unes des batailles sont traitées au long, quand elles ont une grande importance, comme le désastre de Roncevaux (12), la bataille de Fontenoy (13), la victoire d’Otton le Grand à Augsbourg (14) ou la défaite de son petit-fils à Rossano (15). Il en est de même des traités de paix. Leibniz, qui en avait tant publié dans son Codex
1. Lettres au landgrave Ernest, 27 avril et 4/14 août 1683. Rome, t. I, p. 326 et 350-7.