‹ Leibniz HistorienChapitre 616 sur 854 · V. pl. haut, p. 425 et p. 448, n · texte numérisé non relu

V. pl. haut, p. 425 et p. 448, n

9. «C’est l’ordre, la liaison, la convenance qui fait la valeur d’un systôme philosophique. Le fondement de la vérité des choses contingentes et singu-

‘lières est dans le succès qui fait que les phénomènes des sens sont liés juste-

la concordance peut s’acheminer presque jusqu’à l'identité : alors l'hypothèse devient à peu près certaine (1).

C’est en généalogie que Leibniz à émis quelques-unes de ses meilleures hypothèses. L'une des plus curieuses se rapporte à Conrad I, qui succéda à son oncle, le dernier carolingien Louis l'Enfant. Comment comprendre cette parenté? Elle ne pouvait ni être fictive, ear ce n’était pas la coutume, ni provenir des femmes, car le père du comte Conrad Ier, le comte Conrad, était frère utérin de Louis l'Enfant, mais on peut supposer que la mère de celui-ci, Oda, avait épousé en premières noces le père du comte Conrad et que ce comte aurait eu des frères d’une femme antérieure à Oda. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, dans les diplômes, le comte Conrad est toujours nommé après ses frères; elle explique sa grande puissance sous Louis l'Enfant, le choix de son fils pour lui succéder et le fait que Conrad [er n’a Jamais nommé les rois précédents ses ancêtres, comme le faisaient les descendants par les femmes. mais ses prédécesseurs. Ainsi cette hypothèse lève toutes les difficultés, se fortifie par la discussion et aboutit presque à la certitude (2). |

ment comme les vérités intelligibles le demandent. » Cité par FouiLrée, Extraits de la Théodicée. Paris, 1875, p. 11, note. Cf. plus haut, p. 430, n. 4.

1. C’est ce qu’exprimait Leibniz, à propos des trois frères, dans ses lettres à Muratori, le 18 novembre où, après avoir rappelé ses raisons, il écrit : «Il me semble donc qu’il ne suffit pas que cela soit dit simplement probable, de Ia maniere que le vulgaire prend ce terme. Je croirois qu'il y à un très grand degré de probabilité ou de vraisemblance; et pour m'expliquer plus nettement 77 est difficile qu’il en soit autrement et qu’on puisse inventer une hypothèse qui satisfasse autrement, et ne quadre pas moins à tous ces phénomènes ». Campori, p- 234 (Durens, t. IV, part. 2; p. 106). Leibniz y revient encore le 5 juin 1716. Id., p. 279 (Durens, p. 111).-Cf. pl. haut, p. 448, n. 4.

2. Ann. Imp, 911, $ 21-29, t. II, p. 346-61, dont -voici les principaux passages : $ 22. « Hactenus ergo eo inclinavi, ut Conradum regibus Carolingis per sequiorem sexum ortum crederem, quod ne nunc quidem prorsus aspernor. Sed aliam adhuc et viciniorem regiæ propinquitatis rationem sugoessit amicus in his studiis éruditus, cui in mentem venit, vera dixisse veteres…. qui Conradum comitem regis patrem, Ludovici juvenis fratrem fecere, sed uterinum, etsi à sequentibus non recte intellecti. Hypothesis ergo talis proderet : Odam, Arnulfi augusti conjugem, priori marito Conradum com itum, imperatori vero Ludovicum regem peperisse. Conradum comitem germanos, sed non ex Oda, fratres habuisse Eberhardum et Gebhardum; itaque horuin iberos regiæ propinquitatis titulis non honorari ; unum Conradum, postea

Telle est l’hypothèse sous sa forme la plus complète: malheureusement ce cas est assez rare: en dehors dela généalogie, Leibniz n’est pas toujours assez prudent dans ses hypothèses, principalement quandil s’agit de Hnguistique(1). Du moins essaie-t-il toujours de les fortifier, soit par de nouvelles conjectures (2), ce qui est vouloir prouver l’incertain par l’incertain, soit par des faits nouveaux, comme il fait, à diverses reprises, dans son grand cuvrage (3).

C'est par hypothèse qu’on peut le plus souvent atteindre les causes, car elles n’apparaissent pas d’elles-mémes : on les in uit des faits connus (4). Leibniz attachait la plus grande importance à la connaissance des causes ; pour lui, comme pour Bacon, la vraie science est la science des causes (5), car c’est la seule qui soit fondée en raison (6). D'une façon générale, Leibniz préférait la connaissance

regem, a Ludovico rege, quasi patruo, id est patris fratre, verissime nepotem dici. Firmat hypothesin quod in diplomatibus Conradus, pater Conradi regis, post alios fratres suos nominatur, nempe ex posteriore cum Oda matrimonio natus… Itaque non jam amplius mirari debemus, unde tanta Conradi apud Ludovicum juvenem potentia et quomodo strata filio Conrado ad regnum via; qui tamen anteriores reges nunquam majores,ut faciebant etiam per fœminas posteri, sed tantum antecessores appellavit. Hoc exemplo discimus, res interdum nimia claritate obscuras fiert, et dum nodus in scirpo quæritur, manifestam enuntiationem in ænigma vertiv. $ 27-28. « TIpsæ ulterior discussio nova argumenta suppeditavit, ut solet, in veris: et divinatio ceritudini propius admota est». Cf. « Omnibus expensis, in sententiam vent, qua solvitur hoc ænigma genealogicum, et veterum testimoniis rerumque ipsarum eventibus satisfit. Dicendum est ergo, binas uxores Robertum habuisse. » Id. 928, $ 11, t. AI, p. 337.

ENADMNEUL ED 280 M Cd n: Imp. 4002, $ 56, t. III, p. 823.

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