‹ Lendemains d'unitéChapitre 8 sur 44 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

long de ce livre, d'imposer silence à son cœur pour ne laisser parler que les chiffres et les graphiques ; et chiffres et graphiques se succèdent, éloquents, concluants, formant en leur ensemble une vraie page d'histoire. 11 faut voir, à la suite de M. Nitti, quelles furent, à l'égard des pays méridionaux, les illusions et les maximes des hommes du Nord qui firent l'unité ; on les considérait comme des pays riches, indéfiniment riches, comme des colonies, allionsnous dire, que le Nord n'avait qu'à exploiter; et c'est ainsi qu'entre 1860 et 1862, dans ce royaume des Deux-Siciles, qui possédait une organisation financière éminemment honnête et merveilleusement adaptée à sa situation économique et un système de perception très simple et très sûr, on implanta les complications onéreuses et oppressives de la fiscalité piémontaise. Elles survinrent, avec une allure de souveraines, dans un pays où l'on payait trois fois moins d'impôts que n'en payaient les sujets sardes et où la dette publique était quatre fois moindre que celle du royaume conquérant. Et les dépenses militaires, scolaires, administratives, qui obérèrent bientôt le budget italien, retombèrent sur le Midi plus lourdement que sur le Nord et profitèrent au Nord plus largement qu'au Midi. M. Nitli nous en donne la

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