PROLOGUE, SCÈNE X
plus célèbres de ce temps-ci votre plan de fédération entre les petits états souverains de l'Allemagne ; le traité de commerce dont vous avez fixé les bases; la résistance qui peut être opposée par nous à l'envahissement des grandes puissances : tout cela nous a séduits comme pensée libérale et convaincus comme application. Vous me demanderez des garanties. Je suis prêt à accorder ce qui sera juste et possible.
LÉO
Mais j'hésite, moi, monseigneur... Je voudrais réfléchir...
LE PRINCE
Vous hésitez, monsieur? quand je vous offre toute liberté, tout pouvoir! vous hésitez? et vous avez bien osé tout menacer, tout ébranler, tout. ruiner peut-être... La critique vous a été facile, et vous reculez devant l'œuvre ! Vous avez pris de votre propre volonté un pouvoir sur les esprits , dont vous ne voulez user que pour le mal et le désordre ! . . . Ah ! monsieur ! . . . devant Dieu qui nous voit et qui a attaché à votre talent les devoirs qu'il a marqués à ma position ; devant Dieu qui juge ici l'écrivain et le prince... vous n'avez pas le droit de me répondre non!
m LÉO BURCKART.
LÉO, avec effort.
C'est vrai.
LE PRINCE
Où donne cette porte? dans votre cabinet?
LÉO
Oui.
LE PRINCE
Je vais écrire et signer les conventions qui seront faites entre nous. Réfléchissez, monsieur, afin de n'oublier aucune des observations que vous aurez à me soumettre.