SCENE PREMIÈRE
FLAMÏNG, ROLLER, en costume d'étudiant.
FLAMING
Allons donc , encore un instant.
ROLLER
Non, ma foi! je ne puis pas rester si longtemps sans boire et sans fumer; et la vue d'un palais ne me réjouit pas tellement les yeux, que cela me fasse oublier la pipe et la bière.
FLAMING
Et les jolies promeneuses?
ROLLER
Crois-tu qu'elles viennent ici pour nous : c'est
pour ces messieurs à ceinture pendante et à sabre traînant. Aux étudiants les filles d'auberge, c'est assez bon pour eux. Tiens ; ne me parle pas de ces villes d'université, qui sont en même temps résidence royale. Vive Bonn , vive Heidelberg ï . . . D'ailleurs, voilà qu'on nous chasse.
On entend les clairons sonner la retraite. FLAMING.
Il n'est pas l'heure.
ROLLER
N'est-ce pas fête au palais? Qu'importe qu'il ne soit pas l'heure pour le peuple, s'il est l'heure pour le prince ? D'ailleurs , c'est bientôt le moment de notre assemblée définitive , à la taverne des Chasseurs; le jour est proche, Flaming ! et ce sera le jour de demain, peut-être : c'est pourquoi il faut se tenir debout et la ceinture serrée , comme à la veille des saintes Pâques ! . . . Mais qu'est donc devenu Diego?
FLAMING
Te défierais-tu de lui?
ROLLER
De lui? oh! non; c'est le cœur le plus brave et le plus loyal que je connaisse ; mais aussi , c'est la plus pauvre tête que j'aie sondée. Ces hommes-