‹ LeocadieChapitre 36 sur 63 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

eusse guère envie!... croirais-tu qu'il n'a jamais

voulu me dire pour quelle raison il te refusait

sa nièce?...

C'est un honnête homme , mon colonel —

DON CARLOS

Oui mais c'est un obstiné; et il s'adressait

mal , car j'avais décidé, moi, qu'il donnerait son consentement. Qui s'oppose à ce mariage , lui ai-je dit? le grade de Philippe?.. . je viens de le nommer sous lieutenant.

PHILIPPE avec joie.

Quoi, mon colonel ! ...

DON CARLOS

Il m'a sauvé la vie ; et dès aujourd'hui^ je me charge de sa fortune. Enfin d'un air fort emba-

rassé il m'a répondu: Philippe connaissait le

motif de mon refus .... eh bien ! pourvu que tout reste entre nous deux je donne mon consentement . . .

PHILIPPE

Comment ! ... il se pourrait ! . . .

BON CARLOS

C'est ce soir, à sept heures, que vous serez mariés En attendant, Fernand, mon beau frère,

nous donne, ce matin , une féte charmante sur les bords du Tage .... le fleuve est couvert de barques

et de gondoles préparées par ses ordres mais

il a manqué me chercher querelle , quand il a apris que la cérémonie était retardée de quelques eures ; il est vrai que j'avais bien mes intentions. Tu ne sais pas — je vais peut-être aussi me marier ! . . .

LKOCADÎE.

Pli i LIPPE.

Vous, mon colonel ?

i:Éoc kUYE ^ (à part.)

O ciel !

DON CARLOS

Oui — j'ai été de trop bonne heure maître de moi-même et de ma fortune. Dans ma première jeunesse , j^ai été l'esclave, d'abord de mes passions , plus tard de celles des autres Des idées

de grandeur ou d'ambition , ont occupé tous mes instans — Mais aujourd'hui, désabusé du monde, je ne veux plus vivre que pour moi-même et pour mes amisi Yoilà long temps que je suis riche.... je voudrais maintenant être heureux. . . . je voudrais me retirer au sein de cette retraite, auprès d'une

épouse aimable qui m'apportât en dot, non

une fortune dont je n'ai que faire, mais des qualités plus nécessaires à mon bonheur. Eh bien ! Philippe , cette compagne de mon choix , je l'ai enfin trouvée: douce, bonne, aimante, et de plus,

d'une noble famille Ma sœur pouvait seule

peut-être blâmer un pareil projet. . . je lui en ai fait part; et ce n'est pas, m.'a-t-eîle dit, quand je viens d'assurer son bonheur et celui de Fernand ,

qu'elle voudrait s'opposer au mien Je puis

donc maintenant épouser celle que j'aime —

PHILIPPE

Que dites-vous?

DON CÂ.RL0S

Je viens te demander ta sœur en mariage

Veux-tu me la donner?

ÀCTE II, SCÈNE V. 4

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