ACTE ÏI, SCÈNE VIL
Si vraiment... tu as quelque chose... Carlos mon ami , mou frère , est-il quelque chagrin , quelque danger qui te menace ?... faut-il y courir ? faut-il donner mes jours pour toi ? réponds de grâce... ( voyant quilse tait. ) Kein!.. ce n'est pas assez. ! faut-il plus encore ? faut-il retarder mon mariage jusqu'à demain?., parle, je suis capable de tout !
DON CARLOS , faisant un effort sur lui-même.
Non , mon ami , non ; je n'exige rien 1 sortons d'ici ; allons trouver ma sœur ; j'ai besoin d'être auprès de vous ; j'ai besoin de voir des gens heureux.
Eh bien alors , tu peux me regarder ; je ne cache pas mon bonheur... j'en parle à tout le monde... {^Vejjimenant^ Viens, partons...
GRESPO , le retenant.
Eh bien, seigneur Fernand , qu aviez vous donc à me dire?... moi , qui vous attends.
C'est, ma foi, vrai; je l'oubliais. ( à Carlos, qui est sorti pa?^ la porte du fond). Mon ami , vas toujours , je te rejoins dans l'instant... ( à Crespo ) Vous êtes- vous occupé du bal et du souper?...
CRESPO
Oui, sans doute , dans la grande salle du château.
C'est bien ; mais ce n'est plus ça! il y a aussi un contre-ordre. Après la cérémonie, nous nous
5 a LÉOCADIE.
rendons tous à la ville ; mais auparavant je veux donner ici, aux jeunes filles du village, la dot que je leur ai promise... les en avez- vous prévenues ? *
CRESPO
Oui , sans doute... De plus , nous aurons ici , sur la pelouse , les tables et la danse champêtre ; et si vous vouliez voir le programme d'aujourd'hui...
FERNAND , sans l'écouter.
Demain... demain... Du reste, je m'en rapporte à vous... Adieu , mon ami, je vais me marier !...
( Il sort en courant. )