‹ Léon BloyChapitre 4 sur 24 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

Un mot encore , lorsque tu fais une visite, étudie-toi un peu sur ce que tu dois dire, dis-le simplement et reste peu; à Paris, la vie est fort employée et ceux qui sont longs sont ennuyeux.

Ton ami et père,

Bloy.

A Paris, Léon Bloy s'était lié avec Georges Landry dont il partageait la chambre, rue Rousselet. Un libraire, auquel Léon Bloy avait affaire, lui fit remarquer Barbey d'Aurevilly qu'il ignorait et dont, par conséquent, il ne se savait pas le voisin.

C'est alors que Léon Bloy écrivit un article qu'il résolut de soumettre au maître.

Celui-ci accueillit le débutant avec son habituelle bonhomie et ce fut le commencement d'une amitié qui ne finira qu'avec la mort de Barbey.

En 1870, Léon Bloy s'engage dans le corps franc de Cathelineau.

Voici une lettre que lui écrivait alors sa mère, lettre aussi différente que possible de celle du père citée plus haut. Elle complétera les indications sur les origines et la jeunesse de Léon Bloy:

24 octobre 1870.

Mon cher Léon,

Je m'empresse de t' écrire, je voudrais que tu reçusses encore quelques lignes de moi, car j'ai besoin de te dire tous les vœux de mon pauvre cœur et toutes les supplications qu'il adressera au Ciel pour que tu me reviennes. Ah! cher enfant, je veux aussi te bénir au moment où tu vas être exposé au danger; la bénédiction d'une pauvre mère est toujours suivie de celle de Dieu même; reçois-la donc, cette bénédiction. Que

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drons bientôt la-Haut.

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Avec ses souvenirs de la guerre, L écrira un de ses chefs-d'œuvre ur de Soi

II supporta, du reste, mieux que qui que fût. les fatigues de la campagne. Lorsqu'il me parlait, plus tard, de la force prodigieuse qu

lui attribuait, il me disait : <« une lé.

peur ne pas dire une plaisanterie : mais été

un marcheur infatigable Pendant la retraite du Mans, j'ai porté un camarade qui ne pouvait plus se tenir debout. Et j'avais, en plus de cet avantage, cet autre de posséder un estomac exceptionnel. Je restais un jour entier sans manger et le lendemain je pouvais m'oftrir un repas somptueux sans en être incommodé.

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