LE MARQUIS, LE COMTE, M- DE LINIËRES, EUPHRASIE
LE marquis. Madame.... niademoiselle... je viens, sous les auspices de mou oncle, vous offrir mes hommages..
LE comte. Vous voyez, madame, un jeune gentilhomme qui sera duc et pair...
un jour... qui apportera à sa future trois millions et demi de biens en terres seigneuriales et de franc alleu.
elipurasie, à par/. J’espère que ce ne sont pas ces terres-là qu’on veut me faire épouser !...
LE marquis. Heureux, madame, si de pareils avantages son! de quelque prix à vos yeux, et s’ils m’assurent votre approbation aux projets que mou oncle a conçus.
EUPHHASIE , à pari. C’est qu’il me regarde tout de bon.
LE COUTE. Madame, j’aime à conduire les choses vite et bien ; j’exécute aussitôt que j’ai résolu... j’ai toujours agi ainsi... Je resterai à Paris quinze jours; ce tempslà est plus que suffisant pour terminer l’objet qui nous occupe. Vous désirez que votre charmante pupille soit à même d’apprécier et de connaître les qualités, les sentimens de mon neveu ; persuadé qu’il ne peut que gagner à cet examen, j y consens volontiers ; une première entrevue peut abréger bien des délais...
épargnons le temps... laissons nos jeunes gens en présence... qu’ils s’interrogent, qu’ils s'étudient... il y a, comme disent ceux qui font des livres... des sympathies qui éclatent et se déclarent au premier abord.
{Le comte parle ha, A son neven.)
M"* DE L1NIÊRES , a demi-voix . Euplirafie?...
euphrasie. Mon Dieu!... est-ce que vous allez me laisser seule avec ce monsieur que je ue connais pas ?
M m * DE LIXIÈRES. M. le comte tn’a fait l’honneur de me demander ta inain pour son neveu.
euphrasie. Vous l’avez refusée !... que vous êtes bonne!
M”* de LIXIÈRES. Non, chère enfant...
il faut te conduire avec prudence. Ce mariage mettrait fin au malheureux procès qui menace une partie de ta fortune.
euphrasie. Qu’il prenne ma fortune et qu’il laisse ma main.
M"' de I.IN1ÈRES. Refuser quelqu’un
sans l’entendre cela pourrait passer
pour du caprice... du dédain... et blesser un homme puissant que tu as intérêt à ménager.
euphrasie. Moi!., pas le moins du monde...
M~ de LISIÈRES. Au surplus cette entrevue ne t’engage à rien...
(Elle continue de lui parler bas.)
LE COMTE, à son neveu. Souvenez- vous surtout que l’essentiel est de plaire !
LE marquis , avec fatuité. Je plairai...
mon oncle.
le comte. Oubliez pour un instant vos grands airs; pas de hauteur déplacée...
soyez aimable, poli...
le marquis. Je serai humble et soumis... j’ai reçu des leçons de M. le marquis de Lauzun.
de lisières. Monsieur le comte, je suis à vous.
(Il, le donnent la main et Mitent.)
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