I. Deuxième période, tome XVf, p. 423 à
La première a consisté a dire que le dessin que j'attribuais à un compatriote de Léonard de Vinci, ou à quelque élève de son école, était, tout au contraire, un dessin allemand. La forme qu*a reçue cette opinion dans The Academy^ numéro du 34 novembre 1877, n'a rien qui puisse nuire à ma thèse et je remercie l'auteur anonyme de l'article pour la bienveillance de ses appréciations. J'avoue que, pour ma part, je n'avais pas songé que ce dessin pût être allemand, et, encore aujourd'hui, je ne me sens pas porté à le croire tel. Mais, fût-il allemand, mes conclusions n'en seraient pas affaiblies.
Dans une autre opinion qui ne s'est pas produite au grand jour, mais qui, en considération de son origine, n'a pas moins d'importance, on prétend que ce dessin ne date que du xvn<^ siècle. C'est une forme nouvelle de la théorie déjà connue *, d'après laquelle le c secentista • Puget a seul pu mettre un cheval dans une position aussi contraire aux pures traditions classiques. Le dessin , de lui-même , répondra suffisamment , je l'espère, à cette objection sans fondement. La tête du cavalier de Munich, personne ne l'a contesté, est un portrait de Francesco Sforza. Pour quelle cause, au xvii« siècle, aurait-on rétrospectivement songé à ériger ou même à dessiner une statue de ce souverain } Comment aurait-on pu reproduire avec cette fidélité, je ne dirai pas seulement la ressemblance physique du duc de Milan, mais l'armure si compliquée qu'il porte, armure dans laquelle un érudit spécialiste ne relèverait pas une erreur de construction ? Enseignait-on l'archéologie du xv* siècle dans les académies du xvn«? Une statue du xvn« siècle en costume exact et irréprochable du xv«, cela fait rire ! Veut-on dire seulement que le dessin, au lieu d'être original et direct, est une copie exé<:utée au xvii* siècle d'après un dessin antérieur, en un
I. Voyez le Saggio délie opère di Leonardo da Vinci] Milan, 1873, in-folio, p. 25, ei CamiJIo Boilo, Leonardo e Michel Angelo^ studio d'artc^ Milan, 1879, in-8*, p. 9S.
mot une interprétation de seconde main? Alors, bien que je sois d'un avis tout opposé, je ferai remarquer que cet argument, fût-il justifié, n'enlèverait rien à la valeur de ma démonstration historique, â savoir que le modèle de Léonard avait une allure animée et que sa pensée nous a été transmise par un document quelconque, abstraction faite des conditions dans lesquelles ce document nous parvient. En vérité, cette objection n'a rien de sérieux et je ne lui aurais pas ùlïx l'honneur de la discuter, si elle n'émanait pas d'une autorité considérable dans la matière et si elle n'avait pas été recueillie par quelques érudits de seconde main disposés à la propager. A l'apparition de mon article, le scandale produit dans le Landerneau de certains pontifes de l'art et de leurs caudataires fut si grand qu'une rétractation me fut amiablement demandée et que je n'évitai une correction de main de maître qu'en promettant d'étudier de nouveau la question, prêt à m'exécuter moi-même si je me reconnaissais coupable.
Arrivons aux savants étrangers et à Texamen de leurs critiques. Parlant (dans VArchivio storico lombardo^ numéro de décembre 1877, page 1017) du monument de Léonard pour François Sforza, M. Mongeri a dit :
.... Finora Dalla dl positivo è apparso a confortarci sul ticuro suo aspetto. Il Courajod ha credato di averlo scoperto nel passato sctlembre in un disegno a penna conservato nel gabinetto délie stampe a Monaco di Baviera. Il carattere di esso è taie, in fatti, da traire in inganno chi guarda il concetto délia composizione. È una figura veramente monumentale, a cavallo, avente un nemico cadttto sotto le sue gambe anteriori sollevate in alto, neir alto d'impennarsi sulle posteriori. Il guerriero è pcr intero chiuso neir armatura del tempo, e la testa, come si raTTÎsa àzX fac-similé unito, veduta di profilo e senza berretto, porta, a non ingannarsi, i Hneamenti di Lodovico il Moro (lisez Francesco Sforza).
E giusto dire che il Courajod non voile aflirmarlo quale un disegno del Vinci, ma solo di chi ebbe a vedere il monumentale modello. AU* incontro, fino dal 1869, un amico nostro. il senatore del regno dottor Giovanni Morelli, ebbe a riconoscere in quel tratti un disegno di Antonio del Pollajuolo, -siccome uno dd progetti per questo monumento allora messo a concorso da Lodovico, unde gareggiare con quello che a Venezia si voleva innalzare pel Colleoni. Lo statuario di quel capolavoro che è il sepolcro di Sisto iV, sarebbe stato ben degno di nspondere aile esigenze artistiche del Moro, se la prova non fosse stata vinta dal Leonardo, forse con quel modellino in ccra di cui parla il Vasari. Certo a
<* questo fatto si connette. la famosa sua lettera, con cui/ oltre il resto, si offre
air esecuzione de! cavallo in bronzo. Il disegno di Monaco sembra sia quello che esisteva nel libro dello stesso Vasari e di cui egli fa cenno, etc.
M. Mongerî constate que le dessin de Munich reproduit une figure monumentale, que cette statue représente incontestablement Francesco Sforza et que j'ai simplement attribué ce dessin à un artiste contemporain qui aurait vu le modèle de Léonard. Je lui suis reconnaissant de cette déclaration, ainsi que de l'assentiment qu'il donne à une partie de mes conclusions. Je ne lui suis pas moins reconnaissant de sa contradiction. Le dessin, d'après lui et d'après une autorité comme celle de i M. Morelli, daterait bien de l'époque où Léonard était à Milan,
mais,. au lieu de représenter la pensée de Léonard, il nous conserverait le modèle proposé par Pollajuolo pour la statue de Francesco Sforza. En outre, le dessin émanerait directement de l'auteur de ce modèle et aurait été possédé par Vasari. De cette contradiction je ne veux retenir qu'une chose en ce moment. C'est que, pour des juges aussi compétents, le dessin que mes premiers contradicteurs proclamaient allemand d'abord , puis ensuite de nationalité indéterminée et du xvii» siècle, est tout simplement un dessin italien, attribuable à Antonio del Pollajuolo. Disposé à accepter provisoirement cette manière de voir, sans m'en porter toutefois garant, je me réserve d'en discuter tout à l'heure les conséquences.
Voici enfin l'opinion de l'un des auteurs du Saggio délie opère di Leonardo da Vinci que je demande encore la permission de reproduire in extenso^ malgré les paroles, beaucoup trop flatteuses à mon égard, de M. Camillo Boito. C'est un document capital pour la discussion :
Ma ecco un altro disegno, venato fuori da un anno appena, e tatto incîdere dal signor Ltiigi Courajod nella Ganetta délie belle Arti. Il disegno sta in Monaco, sotto vetro, nell' anticamera un po* buia del Gabinetto dcllc slampe, quasi smarrito fra le moite carte di artefici d* ogni tempo e paese. Nessuno, che si sappia, s' era pigliata la briga di guardarlo benc e di cavarne un sugo ; e il signor Courajod ha mostrato molta sottigliezza d* occhio ed un vivissimo amore
per r arte scoprendolo^ traendolo dalla dimenticanza nella qaale glacera e mettendolo d* un tratto alla lace del sole. E un foglio molto notevole. La testa del guerriero, in fatti. somiglia a quella di Francesco Sforza ; la persona, chiusa neir armatura, con il braccio destro disteso e il bastone del comando in mano, c certamente assai nobile: il cavallo, portato dalle gambedi dietro, quantunque in atto di slanciarci con le zampe anteriori ben alte da terra, ha un* apparenza grave, agglungeremmo quasi solenne. La testa dd cavallo è ioTero leonardesca ; e il totale délia statua, con quel guerriero caduto, sul quai poggia il ventre del massiccio animale, risponde ai concetti, che furono sino ad ora attribuiti a Leonardo per il colosso e dei quali si trovano parecchie traccie qua e li.
Ma il disegno non è di Leonardo : lo confessa il medesimo signor Courajod ; fors' è di un suo allievo, e torna facile supporre. dice, cbe sla stato propriameote copiato dal monumento originale. E lo scopritore subito con lieta fede conclude : • rai la conviction qu'il représente le modèle définitif. » Qui sta il punto. I modelli furono due, ma i pensieri, gli schizzi, i disegni furono innumerevoli ; e si sa che i disegni di Leonardo venivano ricercati, sludiati, copiati mentre egli viveva ancora. Alberto DQrer, niente meno, forse durante il suo longo soggiomo in Venezia, cavd abbondanti memorîe dalle ricerche sulle proporzioni del corpo umano, dai profili strambi di teste, dai cavalli del suo célèbre contemporaoeo. 11 disegno del signor Courajod potrebb* essere dunque la copia pi& o meno vecchia di uno dei disegni finit! da Leonardo per la propria sua statua, ma non tradotti 4n modello ; potrebbe anche essere la copia del modello fatto da Atatonio Pollaiolo per la statua équestre dello stesso Francesco Sforza, délia qualc il Vaaari possedeva — lo dice lui stesso — il disegno in due modi : in uno il duca i sotto Verona, neir altro egli, tutto armato, fa saltare il cavallo addosso a un armato.
Il gentile Francese perdoni dunque alla nostra caparbietà se mettiamo innanzi al disegno, che chiameremo suo, quello a matila roaea, che si vede neir Ambrosiana e che il Clément dice bellissimo, etc. i
Aux objections précédemment formulées par M. Mongeri , M. Boîto ajoute que le. dessin de Munich pourrait bien n*ètre que la copie plus ou moins ancienne d'un dessin de Léonard et une des études qui n'ont pas reçu leur exécution dans le modèle. Car M. Boito, après m'avoir fait l'honneur de discuter mes conclusions avec autant de courtoisie que de bienveillance, persiste dans la pensée exprimée déjà dans le Saggio : La seconde statue de Léonard devait être d'une allure paisible. Je vais essayer de répondre simultanément aux observations de MM. Mongeri , Morelli et Boito, puisque, malheureusement pour moi, je n'ai pas su encore assurer à mon système l'approbation de ces savants.