‹ Léonard de VinciChapitre 12 sur 13 · TABLEAUX · texte numérisé non relu

TABLEAUX

480. Saint Jean- Baptiste. Hauteur 0 met. 69 cent., largeur 0 met. 87 cent. Peint sur bois, figure à mi-corps, petite nature.

Le saint, vu de trois quarts et légèrement penché vers la gauche, montre le ciel de la main droite, et tient de l'autre main une croix de roseau. Il est vêtu d'une peau d'agneau qui laisse à découvert la partie supérieure de son corps.

Ce tableau faisait partie de la collection de François 1er. Louis XIII chargea son chambellan, M. de Liancourt, de l'offrir à Charles 1er, roi d'Angleterre, qui lui donna en retour un portrait d'Érasme, par Holbein, et une sainte Famille du Titien, qui font encore partie du musée. A la mort de Charles 1er, le saint Jean- Baptiste fut vendu par le parlement d'Angleterre au riche banquier Jabach, célèbre ama-

teur de celte époque , pour le prix de 140 livres sterling (3,500 fr.); ce banquier le céda ensuite à Louis XIV. Il existe une copie de ce tableau à l'Ambrosienne de Milan.

481. — La Vierge, V enfant Jésus et sainte Anne. Hauteur 0 met. 70 cent., largeur 1 met. 29 cent. Sur bois, figure de grandeur naturelle.

La Vierge, assise sur les genoux de sainte Anne, vue presque de profil et tournée vers la droite, se baisse pour prendre l'enfant Jésus, qui est par terre et caresse un agneau. Le fond représente une rivière et des rochers escarpés. Ce tableau n'est pas achevé; les draperies, les fonds et les accessoires ne sont qu'ébauchés; la couleur n'est pas aussi solide, le modelé n'est pas aussi puissant que dans le portrait de la Joconde. Cette peinture fut rapportée d'Italie par le cardinal de Richelieu, lorsqu'en décembre 1629 il commanda en personne le siège de Casai, sur les confins du Milanais et du Novarais. Il orna la galerie de tableaux du Palais- Cardinal, et ne passa dans la collection du roi Louis XIV que plusieurs années après la mort de Richelieu. Son authenticité a été contestée par plusieurs critiques, et il faudrait plusieurs pages pour résumer la vo-

lumineuse polémique à laquelle il a donné lieu ; mais aujourd'hui tous les vrais connaisseurs sont tombés d'accord, et, « en présence d'un pareil chef-d'œuvre, dit M. Villot, un des conservateurs du Musée national, l'érudition doit se taire pour faire place à l'admiration. Il suffit d'examiner cette superbe peinture pour acquérir la certitude qu'aucun élève ou imitateur de Léonard n'a pu arriver à cette puissance, à cette finesse de modelé, et surtout à ce charme dans le sourire que le peintre de Monna Lisa a seul exprimé avec autant de bonheur. »

482. — La Vierge aux rochers. Hauteur 1 met. 99 cent. , largeur 1 met. 22 cent. , cintré du haut. Sur toile, figure petite nature.

L'enfant Jésus, assis à droite et soutenu par un ange, donne sa bénédiction au jeune saint Jean, agenouillé à gauche, qui lui est présenté par la sainte Vierge. Dans le fond une grotte, un paysage et des rochers d'une forme fantastique, qui ont fait donner au tableau le nom de la Vierge aux rochers.

Ce tableau vient de la collection de François 1er. Il en existe plusieurs répétitions fort belles, entre autres une placée dans le musée de Nantes. Le tableau du Louvre, peint origi-

182 LÉONARl» DE VINCI

nairement sur bois, a été remis sur toile depuis la restauration.

483. — Portrait de femme. Hauteur 0 met. 62 cent, largeur 0 m. 44. Peint sur bois, buste petite nature.

Elle est représentée la tête vue de trois quarts, tournée à gauche, avec les cheveux lisses, le front ceint d'une gance noire retenue par un diamant, le cou orné d'une cordeUère. Elle est vêtue d'une robe rouge ornée d'une bande d'or et de broderies entourant l'échancrure près de la poitrine et des épaules.

Ce magnifique portrait, qui faisait partie de la collection de François 1er, est indiqué par le père Dan (dans son Trésor des merveilles de Fontainebleau, 4642) comme représentant la duchesse de Mantoue. Il a souvent été gravé sous le nom de la belle Ferronnière; mais il est plus probable qu'il offre les traits de Lucrezia Crivelli, dame milanaise attachée à la cour de Ludovic Sforza, et qu'il a été peint par Léonard en 1497.

484. — Portrait de Monna Lisa, connu sous le nom de la Joconde. Hauteur 0 met. 77 cent, largeur 0 met. 53 cent. Sur bois, buste de grande nature.

Elle est représentée de trois quarts, tournée vers la gauche, assise dans un fauteuil; les deux mains sont croisées l'une sur l'autre. Un voile léger, retenu par un fil d'or très mince qui passe sur le front, recouvre le derrière de la tête et retombe sur les épaules, ainsi que ses cheveux bouclés. Derrière et au delà d'un appui en pierre, on aperçoit une espèce de lac entouré de rochers aigus.

(Voir ce que nous avons dit, dans le corps de l'ouvrage, de ce superbe portrait.)

485. — Bacchus. Hauteur 1 met. 77, largeur 1 met. 15 cent. Sur toile, figure petite nature.

Il est représenté de trois quarts, tourné à gauche, couronné de pampres, assis sur une pierre et s'appuyant sur un thyrse. Collection de Louis XIV. Il est probable que primitivement ce tableau représentait un saint Jean- Baptiste dans le désert, et que les pampres et le thyrse ont été ajoutés après coup, peut-être par un élève de Léonard. Une peinture entièrement semblable à celle-ci, sauf la couronne de pampres, et représentant bien un saint Jean- Baptiste, se voit dans l'église Saint-Eustorge, à Milan.

486. — La Cène. Hauteur 2 met. 60 cent., largeur 5 met. 49 cent. Sur toile, figures de grandeur naturelle.

C'est une copie de l'admirable composition que Léonard peignit, vers 1496, dans le réfectoire du couvent de Santa- Maria- délia -Grazie, à Milan, Voir ce que nous en avons dit au chapitre entièrement consacré à la description de ce tableau. On connaît plus de quarante copies ou imitations de la Cène de Léonard, exécutées dans des proportions différentes, soit à fresque, soit à l'huile. La plus importante de toutes, à cause de son extrême fidélité, est celle faite par Marco d'Oggione, élève de Léonard, vers 1510; elle est maintenant à l'école des beaux-arts de Londres. Cette copie est la seule qui conserve dans son ensemble et dans ses détails les proportions exactes de l'original. La copie exposée au Louvre est d'un tiers moins grande que la précédente, mais d'une exécution identique, ce qui l'a fait également attribuer à Marco d'Oggione. Cette copie est extrêmement précieuse, parce que, sauf la dimension, elle reproduit scrupuleusement la composition de Léonard dans ses moindres détails. Elle fut commandée pour la chapelle du château d'Écouen par le connétable de Montmorency.

(Les dimensions sont indiquées en millimèlres.

382. — Tête de jeune homme vue de profil et coiffé d'une calotte. A gauche, trois autres indications de figures.

Ce dessin, très terminé, est à la plume et lavé d'encre. Hauteur 0 met. 480 millim., largeur 0 met. 155 millim. Gravé par Caylus (Chalcographie nationale), exposé salle des Boîtes. (Collection Jabach.)

383. — Tête d'enfant vue de profil et tournée à gauche. Au crayon d'argent et rehaussé de blanc, sur papier teinté de vert pâle. Hauteur 0 met. 120 millim., largeur 0 met. 100 millim.

Cette étude a servi pour l'enfant Jésus de la

composition connue sous le nom de la Vierge aux rochers, mentionnée plus haut.

384. — Tête de jeune homme vue de profil et tournée vers la droite; une couronne de feuilles de chêne est mêlée à sa chevelure. Dessin très terminé, au crayon d'argent et à la pierre noire, sur papier préparé. Hauteur 0 met. 485 millim., largeur 0 met. 120 millim.

Ce dessin paraît avoir été exécuté d'après le même modèle que celui décrit plus haut, n» 382. (Collection Jabach.)

385. — Tête d'homme âgé, vu de trois quarts et se tournant vers la gauche.

A la sanguine. Hauteur 0 met. 095 millim., largeur 0 met. 060 millim. Gravé par Caylus. (Chalcographie nationale.)

386. — Jeune homme vu en buste et de trois quarts, tourné vers la droite; sa chevelure est énorme. Dessin au crayon d'argent, sur papier teinté de bleu pâle. Hauteur 0 met. 160 millim., largeur 0 met. 140 millim.

387. — Tête de femme vue presque de face, le regard dirigé vers la gauche. Dans le haut, à droite, profil de jeune homme. Dessin au crayon d'argent, sur papier teinté de bleu pâle.

Hauteur 0 met. 160 millim., largeur 0 met. 140 millim.

388. — Buste de femme vue de face; le regard est dirigé vers la droite. Une draperie entoure la tête et forme, en retombant, un nœud de chaque côté. A la mine d'argent, lavé et rehaussé de blanc, sur papier teinté de vert pâle. Hauteur 0 met. 140 millim., larg. 0 met. 170 millim.

389. — Étude très arrêtée d'une ample draperie enveloppant le bas du corps d'un personnage assis. Peint de noir et de blanc sur une toile très fine. Hauteur 0 met. 266 millim., largeur 0 met. 234 millim.

Vasari nous apprend que Léonard fit dans sa jeunesse des études de ce genre. (Voir cidessus, chap. i.) La galerie de Florence en possède plusieurs, semblables à celle du Louvre. Voici le passage de Vasari à ce sujet :

« Il s'appliqua beaucoup à dessiner d'après nature, et quelquefois modela des figures en terre sur lesquelles il plaçait de vieux linges mouillés enduits de terre; ensuite il se mettait avec patience à les dessiner sur du linon très fin, ou sur de la toile qui avait déjà servi, et les terminait à la pointe du pinceau avec du blanc et du noir. C'était chose admirable,

comme en font foi les dessins de ce genre contenus dans notre recueil. »

390. — Portrait grand comme nature de jemie femme vue en buste. La tête est de profil, tournée vers la droite ; la chevelure est ondulée et retombe sur les épaules. Le buste, vu de trois quarts, est couvert d'une robe rayée et à manches larges. La main droite est posée sur le bras gauche.

Ce carton, qui a été piqué avec le plus grand soin et par le maître lui-même, est exécuté à la pierre noire à la sanguine, et rehaussé de touches de pastel. Hauteur 0 met. 630 millim., largeur 0 met. 460 millim.

Ce beau dessin provient de la galerie Galdcrara Pino, de Milan, et de la collection Vallardi. Acquis en décembre 1860 en vente publique, au prix de 4,410 fr. avec les frais.

391. — Étude très arrêtée de la draperie de la sainte Vierge, pour le tableau de la sainte Famille dont il est fait mention plus haut, no 481. A la pierre noire, vigoureusement lavé d'encre de Chine et rehaussé de blanc, sur papier légèrement bistré. Forme octogone. Hauteur 0 met. 231 millim., largeur 0 met. 2\0 millim.

Ce beau dessin paraît entièrement retravaillé par la main d'un maître plus moderne. Il a fait partie de la collection de sir Thomas Lawrence et de la vente du roi des Pays-Bas. Acquis pour le Louvre, de M. Samuel Woodburn, au prix de 750 fr. (30 liv. sterling), en décembre 1851.

Nota. — Nous ne faisons pas mention de cinq autres dessins qui sont attribués seulement à Léonard, mais dont Tautlienticité est plus que douteuse.

Page 1