SCÈNE III
LÉONARD, LA CIGALE
(La Cigale parait au fond, et rlierclie Léonard k travers les pierres.)
LÉONARD
Qu’ai-je donc... est-ce le froid qjii me .«aisit... ou le sang que j’ai perdu ?... mais il me semble que je m’en vas. (Il tombe sur la pierre.) Si j'allais mourir là... tout stml... ah! c’est trop tôt, cela ne serait pas juste, je veux vivre... .\uirefois, la grand’mère essayait de me faire prier Dieu... je voudrais me rappeler... (Cherchant.) Comment donc... ah ! oui. (Un genou eu terre.) Mon Dieu... mon Dieu!... vous ijui êtes dans le ciel... ayez pitié... ayez pitié?... (il se lève.) — Ah ! je no sais plus. . . (Vaincu par la duuieur.) Je ne ptUX pas .. Je ne peux pas... (U tombe évanoui devant la pierre).
Si
LÉONAHD
LA CIGALE, cherchant çà et là.
Je ne vois rien... )e ne le vois pas... c'est triste ici... ces pierres donnent froid!... Où est- il?... où est-il donc?... (Elle s’avance et l’aperçoit) Ah! .. un homme élendu... là... (S’arrêtant.) J’ai peur... oh I... je veux voir.. . (Elle s’approche en se cachant derrière les pierres.) U no bougc pas ! (Elle .ipproche encore et le reconnaît.) Oh! c’est Léonard... (Elle avance vivement et l’examine.) Comme il est pâle!... il don. (Avec effroi.) Ah!... s'il ne dormait pas!... s'il était mort... (Elle lui mel la main sur le coeur.) Non, SOn ciBur bat. C’est le sommeil ! Ah !... sa blessure est pansée... — Ses mains sont glacées... son front est humide.... l'air de la nuit va lui faire mal! (Elle àte son châle et l’en couvre doucement.) Comme cela, il aura plus chaud... (Elle passe à droite et s’assied sur une pierre à côté de lui.) Il dort profondément... attention... quand il se réveillera, je lui dirai pourquoi je suis venue...
LÉONARD, rèvaut.
Grand’mère... grand’ mère!... où est la tombe de grand’mère?...
LA CIGALE
Sa grand’mère l’a aimé... il y pense... moi aussi... souvent... je rêve des niiens.
LÉONARD, toujours rêvant avec agitation.
A l'épaule... à l’épaule... c’est là...
LA CIGALE
Il se plaint... il soulTre... c’est qu’il est bien mal... la tête sur cette pierre... Voyons donc. (Elle s'asseoit, preud doucement la tète de Léonard, et la met sur ses genoux. Avec joie.) Là !
LÉONARD, rêvant toujours.
Merci, grand’mère...
LA CIGALE
Elle l’aimait bien...