LA CIGALE, LÉONARD
I.A CIGALE, à Léonard qui s'esl posté près de l’éclielle, comme précédemment Saint-Pbar.
Léonard... voici ta soupe.
LÉONARD
Merci..
LA CIGALE
Tu ne manges pas?... ,
LÉONARD
Non... je n’ai pas faim.
LA CIGALE
Léonard... mon ami .. Ab Miens, vois-tu... tu îpe désespères...
LÉONARD
Pourquoi ?
Tu n'as plus de courage...
'LÉONARD
Pour te voir souffrir... c’est vrai...
LA CIGALE
Est-ce que je me plains ?
LÉONARD
Ne t’en ai je pas moins apponë le malheur et la honte... depuis que tu as voulu que mon indigne sort fût associé au tien ? Si jamais l'ouvrage te manque dans le magasin qui a bien voulu te donner du travail, que feras-tu, malheureuse fille?... tu décrocheras ta guitare, pour courir la nuit... les carrefours I
LA CIGALE
Pourquoi donc pas? le beau malheur!... Je sais de nouvelles
TABLEAU V
chansons, et il reste deux cordes à ma guitare. Allons, Léonard... courage... espoir... patience... je vois d’ici les bons jours... ils vont nous revenir...
LÉONARD
Les bons jours !... Il n’y en a plus pour moi... N’ai-je pas frappé à toutes les portes... Ah- 1 l'infernal secret.*., comment le découvrait-on... Qui donc s’acharne après moi ?... Voilà les résultats d’une première faute... personne n’a plus confiance... et il y a une chose horrible... sais-tu... c’est qu’intérieurement... malgré moi... je me dis: Ils ont tous raison. A leur place, j’agirais peut-être ainsi... — Mais toi, si dévouée, si pure! Tiens.., abandonne-moi...
LA CIGALE
Jamais. Est-ce que nous ne sommes pas liés pour toujours? Où tu iras, j’irai Léonard. Si tu mourais... il me semble qu’à l’instant même, nia vie s’cn irait toute seule!
LÉÛNABD.
Suis-moi donc, la Cigale, et meurtris-toi aussi aux pierres du chemin!
LA CIGALE, en s’éloignant à di-oile.
Dieu est grand, Léonard ! A tout à l’heure ; je cours au magasin chercher de l’ouvrage, et je le reverrai encore en passant.