SCÈNE V
Les Mêmes, TÉTE-NOlRE*.
TÉTE-NOlRE, apercevant Léonard.
Je te l'avais bien dit, Léonard... que tu viendrais...
' Ijrigiili', Léonard, Tétc-Noirc
TABI.KAU VI
LARIGOLE.
■El... il esi venu...
LÉONARD
Us se connaissent... Ab ! je devine, je comprends tout...
TÉTE-NOIRF,. '
Quoi, voyons?...
LÉONARD
Dans cette rue où je travaillais hier... (Montrant Larigole.) ce n'est pas le hasard qui a amené cet homme... c’est toi... toi seul... qui lui as fait révéler le secret de mon passé... Et cette < lettre anonyme, écrite jadis à monsieur Ilerbillon.
TÊTE-NOIRE
Tu y es... Qpi diable veux-tu qui s’occupe de loi... à moins que ce ne soit un ancien ami. ..Oui, je lui ai écrit... à ton monsieur Herbillon, mais lui ai-je conseillé de te renvoyer?... Aucunement !... C'est comme ce marchand de couleurs qui t’avait pris pour garçon de peine; ce fabricant 4'eau de seltz dont tu chariais les produits; cet huissier de la banlieue chez qui tu griffonnais du papier timbré... leur ai-je dit : Chassez -le I... Pas du tout... ils ont retiré la main, au lieu de la tendre; ils ont eu peur!...
LÉONARD
Ainsi, c'est toi... qui partout... partout... m’as poursuivi... persécuté... fait perdre mon pain... Mais pourquoi cet acharnement... Pourquoi ?...
, TÉTE-NOIRE
Cherche?...
LÉONARD
Ah ! tu voulais me priver de ma dernière ressource, pour me forcer de nouveau a devenir criminel... c'est cela, n’esl-ce pas ?...
TÊTE-NOIRE
Juste...
LARIGOLE.
Très-juste I . . .
TÊTE-NOIRE
Et puis. . . une chose encore. . .
Oh ! lu peux tout dire. . .
TÉTE-NOIRE
Je n’aime pas a voir se relever ceux qui tombent. . . (A part. ) Je n'ai jamais pu . . . moi^. . .
LÉONARD LÉONARD, à pan .
Infâme...
TÉTE-NOIRB.
Mais en v’ià sssez du passé. . . pensons au présent. . . Tu es à nous, n’est-ce pas?
LÉONARD
Je suis venu . . .
, TÊTE-NOIRE
Alors, buvons. . .
' LARIGOLE.
Et causons affaires...
LÉONARD
Oui... buvons.
BONNEAU, (]ui rentre parle fond, à part.
Je ne les ai pas retrouvés... voilà encore six francs cinquante de fricassés !...
TÈTE-NOIRE
Ah! hé, Bonneau !. . . Donne-nous un litre de ton vieux cognac . . .
BONNEAU
Ma mousseline !...
LARIGOLE .
Oui ... ton velours épinglé. . .
BONNEAU, servant.
Voilà!
TÊTE-NOIRE, versant.
Allons. . . Léonard. . . (Trinquant.) A ta santé ! . . . LÉONARD, à part et en trinquant.
O ma vengeance !