‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 239 sur 331 · JEANNE D'ALBRET · texte numérisé non relu

JEANNE D'ALBRET

émail. De son côté, M. le comte Léon de Laborde {Notice des émaux exposés au musée du Louvre, p. 175), cite deux portraits en émail provenant de la fabrique de Léonard Limousin.

« Tout d'abord, et en 1556, dit M. de Laborde, Léonard Limousin, émailleur du roi, peint Léonor d'Autriche, Catherine de Médicis, Elisabeth de France, le connétable de Montmorency, et l'année suivante, le roi de France, François II, le duc de Guise, François de Lorraine, Marguerite de Valois, le cardinal François de Lorraine et enfin Amyot. Ces grands portraits, véritable galerie historique inaltérable, furent exécutés pour Henri II et décoraient ses résidences. » Dans une note relative au portrait de Marguerite de Valois, M. de Laborde ajoute que ce tableau se trouve aujourd'hui à Londres, dans la collection de M. Seymour, membre du parlement. « Au bas, dit-il, sur la balustrade, à droite, se voient le monogramme de Léonard Limousin et la date 1557. Ce portrait est celui de la grande Marguerite, sœur de François P'', avec lequel elle avait beaucoup de ressemblance. Léonard suivait les bons portraits du temps et pour celui-ci quelque original de Janet. Léonard a reproduit ce portrait en petit et cette reproduction se trouve dans la collection Germeau. C'est un médaillon rond, entouré d'un cercle d'émail bleu et noir; la figure de la reine se détache avec beaucoup de finesse sur un fond bleu d'azur. La signature L. L. en or, les deux lettres séparées par une fleur de lis, se voit au bas. » Nous n'avons pas eu l'occasion d'examiner les deux portraits en émail relatés par M. de Laborde. Nous ne doutons pas de l'exactitude de leur attribution et à cet égard l'affirmation du savant académicien nous suffit ; nous devons faire observer toutefois que les deux ouvrages en question et dont le premier et le plus ancien porte la date de 1557, n'ont été exécutés qu'après la mort de Marguerite, arrivée en 1549.

Portraits des personnages français les plus célèbres du xvi'' siècle, par G.-J. NiEL, 1856.

N. D. A. — A propos du prétendu portrait du « cardinal François de Lorraine » , cité ci-dessus, voir notre note au n° 7c5, lettre F.

H. — P. 117. — Limosin, étant parvenu à peindre les portraits de manière à satisfaire tous les goûts et toutes les exigences, fut chargé, en 1556, de faire ceux de plusieurs têtes couronnées et de grands fonctionnaires du royaume.

Celui d'Eléonore d'Autriche est actuellement à Madrid ; ceux de Catherine de Médicis et d'Elizabeth de France, sur fond bleu, avec les initiales L. L. et les dates 1556, 1557 ; ce dernier est à Londres,

m. JEANNE D'ALBRET

dans la collection de M. Seymour, membre du parlement anglais, ainsi que celui de Marguerite de Valois.

Léonard Limosin,émailleur, par Maurice Ardant. (fii^/^. de la Soc. arch. et hist. du Limousin, t. VI, 2*5 Liv., 1856).

I. — P. 175. — L'année suivante (1557), l'émailleur du roi peint Marguerite de Valois (1).

Notice des émaux exposés aumusée du Louvre, par M. deLABORDE, 1832.

Iconographie. — Photographie eu vente au musée de South Kensington, à Londres, 2931.

Il est intéressant de rapprocher la reproduction de cet émail du portrait au crayon, n° xiv, du recueil de portraits originaux du xvi° siècle, appartenant à M. L. Courajod. Ce dessin porte la légende : la royne de Navarre, et M. H. Bouchot l'appelle positivement Jeanne d'Albret, reine de Navarre [Les Portraits aux crayons, p. 321). Les deux personnages offrent bien la même physionomie.

MM. L. Courajod et H. Bouchot, que nous avons eu l'honneur de consulter, ont confirmé notre opinion en déclarant que ce portrait ne devait pas être celui de Marguerite de Valois, morte longtemps avant la date de cet ouvrage et qui a habituellement été peinte avec le costume sombre et sévère que l'on connaît (voir les portraits de Niel, par exemple), tandis que le riche costume à arabesques qui se voit ici n'apparut réellement à la cour que postérieurement à Marguerite de Valois.

Ne conviendrait-il pas plutôt d'y voir l'ardent apôtre de la Réforme, Jeanne d'Albret, au grand nez busqué, aux traits énergiques, bien que la physionomie ne soit pas identique à celle de certains autres portraits de cette princesse ?

Cette conjecture pourrait s'appuyer sur le fait historique suivant: Le 19 décembre 1556, le roi et la reine de Navarre, Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, firent leur entrée solennelle comme vicomte et vicomtesse, dans leur ville de Limoges. La cérémonie eut un éclat inusité. Le roi de Navarre, en prévenant officiellement d'avance, avait demandé dans sa lettre d'avis « tant en la réception que toutes autres démonstrations, une gratuite, voluntaire et libérale honnesteté ». Les consuls voulurent faire les choses magnifiquement et offrirent au roi et à la reine des pièces d'orfèvrerie d'un grand prix.

Il ne serait pas surprenant que ce fût à la suite de cet événement, et comme pour en fixer le souvenir, que Léonard Limosin ait exécuté le

(1) CollecUon Seymour. — Marguerite de Valois. Au bas. sur la balustrade à droite, LL. 1557. C'est la grande Marguerite, sœur de François I*^*', avec lequel elle avait beaucoup de ressemblance. Léonard suivait les bons portraits du temps, et pour celui-ci quelque original de Jaiiet dont nous n'avons que des répétitions dans les collections Suliierland (ancienne collection Alex. Lenoir), Carlisle, Sainte-Geneviève, etc.

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