‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 267 sur 331 · MONTPENSIER (Catherine de Lorraine, duchesse de · texte numérisé non relu

MONTPENSIER (Catherine de Lorraine, duchesse de

A. — N*^ 71. — Portrait de Catherine de Lorraine, duchesse de Montpensier (1552-1596). — Léonard Limosin, planche X.

Plaque. — Elle est représentée en buste et de trois quarts, à gauche. Vêtue d'une robe couleur tannée, à manches bouffantes et décolletée, elle porte une chemisette, ornée de losanges de perles, terminée par un petit collet également brodé de perles. Un collier de perles et une chaîne d'or pendent à son cou et sur sa poitrine ; sur le devant de son corsage est fixée une émeraude. Les cheveux blonds sont relevés, divisés sur le front et recouverts en partie d'un escoffion de couleur tannée, brodé de perles et bordé de pierreries. Aux oreilles, des perles en poires. Fond bleu clair, laissant transparaître l'émail blanc sous-jacent. Emaux polychromes ; rehauts d'or. Revers incolore.

Hauteur, 30 centimètres. — Largeur, 24 centimètres.

La collection Sjntzer, t. II, 1891. — Emaux peints, par M. E. Molinier. (Edition à 1,500 fr.)

N. D. A. — Même description abrégée au Catalogue édité à 50 francs et citation au petit catalogue de vente, n" 487. Vendu 30,500 francs.

Nous joignons exceptionnellement ici quelques notes techniques, relevées par nous, et qui ne seront peut-être pas sans intérêt dans cette étude spéciale des portraits de Léonard.

Le fond bleu foncé a été appliqué sur une première couche blanche destinée à en faire mieux ressortir le ton. La robe, brun tanné, est abondamment ornée de rinceaux et motifs élégants en or qui la recouvrent presque entièrement et en accusent la forme, dont les lignes principales étaient à peine dessinées sous l'émail par quelques traits de bistre foncé. L'efi'et, quoiqu'un peu creux et pla% n'en est pas moins bon, surtout grâce aux ornements de perles qui en rompent la monotonie. La face et la chevelure ont été préparées en blanc très épais, ne laissant pas transparaître le fond sombre pour aider au modelé. Les cheveux sont tracés par-dessus, largement, en bistre, puis coloriés en brun et relevés d'or; ils entourent durement la tête sans se fondre avec les chairs. Le ton des carnations est saumoné, plutôt brique que rose. La commissure des lèvres, le dessous de la narine, l'intérieur de l'oreille et les prunelles sont accusés par des traits de bistre plus ou moins foncés, mais avec tant de délicatesse qu'ils ne font que donner de la vie à la physionomie, d'ailleurs assez plate. Le modelé du visage, à peine accentué, est traité avec une habileté extraordinaire; les pommettes des joues légèrement teintées et les ombres dégradées avec une justesse admirable. On ne remarque aucune hachure mais un pointillé presque imperceptible. C'est le travail du miniaturiste dans toute sa perfection. Le ton de chair a été appliqué sur toute la guimpe perlée, pour simuler la transparence de la gaze sur la peau. Ce n'est pas sans une certaine dureté que les perles se détachent sur la robe et sur la coiffure.

Page 1