‹ Leonarda; préface de Maurice Bigeon. Une faillite; lettre-préface d'Ernest Tissot. Traduction d'Auguste MonnierChapitre 28 sur 52 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Tous les invités entrent; ils sont tous pins ou moins gais. D'abord entre le consul Lind, conduit par Ti;elde. Le premi(!r assure à l'autre que le déjeuner était exquis. Titelde répond qu'il est très difficile de se procurer quelque chose dans une petite ville.

Tous deux regardent l'heure à leur montre, on n'a plus qu'une petite demi-heure à être ensemble. Tifelde invite le consul à rester, mais en vain. Derrière eux,Holm et Ring en vive discussion su.r le prix des bois; le premier prétend que les cours vont baisser de plus en plus, l'autre qu'ils vont au contraire monter,et bientôt, et cela, parce que les fers et les charbons sont en baisse. Aussitôt, derrière eux, le pasteur et Hamar. Le premier assure à l'autre, qui est passablement ivre, qu'il n'est nullement opposé à ce que les paroissiens s'adressent à un autre qu'à leur curé, pourvu qu'ils paient leur redevance dans les deux cas, parce que, dit-il, l'ordre doit régner partout, comme étant un des attributs de Dieu. Hamar essaye en vain de placer quelques mots au sujet de son cheval.

En même temps, Knutzon et Falbé parlent d'une danseuse que le second a vu h Hambourg et qui sautait à trois pieds en l'air. Knutzon semble mettre en doute le récit de son interlocuteur, mais cela doit cependant être certain, car Falbé a diné à la même table qu'elle, un soir.

Finne, Knudsen et .lacobsen suivent. On entend ce dernier jurer sur sa tète que.. . H s'agit de savoir (|ui a raison ; les autres prétendent qu'il s'est absolument mépris sur leur pensée à tous deux. Mais Jacobsen affirme cpie c'est bien cela qu'ils ont voulu dire, et que son patron est le p-emier commerçant, el le plus honnête homme du monde, ou tout au moins, de la Norvège.

L'inspecteur des douanes, Pram, entre seul dans le plus profond recueillement, et pour cause.

Toutes ces conversations se tiennent en même temps. On boit le Champagne, que passe le domestique.

TiMUiY., frappant avec un couteau sur son verre. — Messieurs 1 ! {Silence.) {On entend les voix de Jacobsen, de Falbe, à qui l'on crie : « Chut ».) Messieurs ! je regrette vraiment que le déjeuner ait été si long.

TOUS ENSEMBLE. — Non, HOU, non, non.

TLELDE. — Notre honoré hôte doit malheureusement partir dans une petite demi-heure; permettez moi de dire quelques mots avant le dessert.

Messieurs, nous avons aujourd'hui un prince parmi nous; je dis un prince, parce qu'il est vrai, Messieurs, que, de nos jours, c'est l'argent qui conduit le monde... et... et... et cela est bien vrai, Messieurs.

PRAM, les mains appuyées sur la table, solennellement. — Oui !

TLELDE. — Donc, nous avons aujourd'hui parmi nousun prince. Etàquelles entreprises importantes, messieurs, n'a-t-il pas participé ? Je veux dire, à quelles entreprises n'a-t-il pas prêté son nom ?

1 Tous les invités' sont plus ou moins surexcités par le Champagne. (Naturellement, leurs discours s'en ressentent.)

TRAM. — Monsieur le consul, permettez-moi de...

(11 veut trinquer avec lui.)

TOUS. — Chut! chut !

TLELDE. — Oui, messieurs, son nom est au bas de tout ce qui se fait de grand dans le pays. Il est impossible de fonder quoi que ce soit, sans que son nom s'y trouve.

PRAM. — ... s'y trouve.

TI.ELDE. — Eh bien ! n'est-il pas un prince ?

UNE voL\, faiblemen'v, celle de Falbe. — Oui.

Ti^LDE. — Messieurs, aujourd'hui encore, il s'est montré plus bienfaisant que jamais, et j'ose dire qu'en ce moment il est le premier bienfaiteur du pays.

PRAM. — Le premier.

TI.ELDE. — Buvons donc à sa santé, messieurs ! Que sa maison prospère, et que son nom reste immortel dans notre pays. Vive le consul Lind !

TOUS. — "Vive le consul Lind !

(Tous choquent leur verre.)

TI.ELDE, à Ilamar, qiCil secoue rudement, penhant que les autres boivent et mangent. — Eh bien, et ce canon ?

UAMAR. — Tiens, c'est vrai. (// ua à la fenêtre

et rement.) Je n'ai pas de mouchoir, j'ai dû le laisser en bas.

Ti^LDE. — Prends le mien. On ne peut pas se fier à toi une minute; le salut va arriver trop tard maintenant, le diable t'emporte.

(Hamar agite le mouchoir de Tiaslde comme un désespéré. On entend un coup de canon. Les invités s'arrêtent, étonnés.)

iiOLM, bas. — Ça vient un peu tard.

KNUTZON, de môme. — Mieux vaut tard que jamais.

RING, de même. — Ah ! c'est que l'instant est solennel.

HOLM, de même. — Je ne m'attendais guère à tout cela?

KNUTZON, de même, d'un ton railleur. — Au son du canon, messieurs, je vous présente un homme, qui se laisse mener par le bout du nez... eh bien !

RING, de même. — Oh ! Tiœlde n'est pas un imbécile, loin de là.

TI.ELDE. — Chut!... monsieur le consul voudra bien nous faire l'honneur de porter un toast?

(Lind fait signe qu'il accepte -, tous se rassemblent respectueusement.)

LE CONSUL LIND. — Messieurs, notre honoré hôte m'a porté tout à l'heure un toast des plus flatteurs.

Je n'y ajouterai que quelques mots. Je vous dirai, messieurs, que, si nous avons la fortune, elle ne nous a été confiée que pour aider le travail, le génie, les grandes entreprises.

PRAM. — Noblement parlé.

LE CONSUL LL\D. — Nous n'ensommes que les administrateurs, et des administrateurs parfois bien incapables, bien bornés.

PRAM. — Oh! ça, c'est très vrai.

LiND. — Mais je ne crains pas de dire, que cette étonnante activité, que déploie M. Tiselde, et que nous admirons tous, est efficacement employée, et personne en ce moment ne peut en juger mieux que moi. {Tousse regardent avec surprise.) J'ose donc ajouter, Messieurs, que cette activité, cette énergie, sont une source de richesse pour cette ville, pour cette province, pour le pays tout entier, et que, par son génie, sa force, elles méritent aide et protection. Messieurs, je bois à la prospérité de la maison Tiaelde.

TOUS. — A la prospérité de la maison Tiselde !

(Hamar fait signe avec son mouchoir, on entend un nouveau coup de canon.)

Ti^LDE. — Je vous remercie, cher consul, je suis vraiment ému.

LLND. — Oh ! je n'ai fait qu'exprimer ma pensée, cher monsieur.

TI.ELDE. — Merci bien. [Bas à Ilamar.) Tu fais tirer le canon pour moi, maintenant. Es-tu fou?

HAMAR, de 7nême. — Vous m'avez dit de faire saluer tous les toasts !

Ti^LDE. — ... Tu n'es qu'un imbécile, tiens!

iiAMAR, à part. —Non, mais s'il croit que je vais supporter...

iiOLM, bas. — Ainsi, c'est une affaire finie.

KNUTZON, de même. — Absolunient. Le toast représente cinq cent mille francs... au moins.

RING, de même. — Oh ! Tiaîlde n'est pas un imbécile, je vous l'ai déjà dit.

(Falbe trinque avec Lind. Jacobsen descemi sur le devant de la scène en conversation avec Knudsen.)

.lACOBSEN. — Il n'y a pas plus de vrai dans tout cela que dans le fond de ma main.

KNUDSEN. — Mais, mon cher, vous ne me comprenez pas.

JACOBSEN, îKirlant très haut. — Oh ça, non, non, non. Je connais mes gens.

KNUDSEN, bas. — Mais ne parlez donc pas si i

haut, voyons. j

JACOBSEN, plus haut encore. — Ce que je dis, 1

tout le monde peut l'entendre. j

TI.ELDE. — Le pasteur a demandé la parole. j

JACOBSEN, très haut. — Me taire quand ce damné...

Ti.ELDE, avec autorité. — Le pasteur a la parole. JACOBSEN. — Oh! pardon.

LE PASTEUR, d'wie VOIX faible. — En ma qualité de directeur spirituel de cette maison, c'est à moi qu'incombe la douce mission, de bénir les vœux qui viennent d'être exprimée, : puissent-ils se réaliser pour le bien de tous, sur la terre et dans le ciel.

PRAM. — Ainsi soit-il !

LE PASTEUR. — Je me permets de vider cette coupe, en l'honneur des deux jeunes filles, dont l'avenir est confié à mes prières, depuis le jour de leur première communion, depuis cet heureux temps, où le souci des âmes s'unit aux soins domestiques.

PRAM. — Hélas !

LE PASTEUR. — Dieu fasse qu'elles croissent toujours dans la crainte de Dieu et l'amour de leurs chers parents.

TOUS. — Bravo ! Vive M'"^^ Tiœlde !

HAMAR, eff'rayé, bas à Tiœlde. — Dois-je faire tirer ?

Ti^LDE. — Ah ! fiche-moi la paix.

iiAMAR. — Non, mais s'il croit que je vais sup- ; porter... j

Ti.ELDE. — Je vous remercie, cher pasteur, et j'ose •

espérer comme vous que les rapports intimes entre !

enfants et parents auront dans cette maison... j

LE PASTEUR. — Oui, je me suis toujours réjoui de \

venir chez vous, dans ces heureux temps où... j

TLELDE. — Me permettez-vous de boire à votre :

santé ? j

(Ils trinquent.) I

LE PASTEUR. — Ce Champagne est vraiment excellent. ^

LiND, à Holm. — Ce que vous me dites là méfait \

vraiment de la peine. Quoi? Cette ville qui. somme js

toute, doit tout à Tiiclde, le récompense de cette 9 façon.

HOLM, bas. — Que voulez-vous? On ne peut jamais être sûr de lui.

LIND. — Vraiment? J'en ai pourtant entendu dire beaucoup de bien.

noLM, bas. — Non, vous ne me comprenez pas; je veux dire, sa situation...

LIND. — Sa situation? Cela ne peut venir que | des envieux. On est si méchant, voj^ez-vous, pour j ceux que leur esprit entreprenant met au-dessus des autres.

UNt; FAILLITE 219

noLM. — Remarquez d'ailleurs que ce n'est pas pour...

LiND, froidement. — Je n'en doute pas.

(Il le quitte.)

JACOBSEN, qui Vient de trinquer avec Tiœlde. — Messieurs !

Knutzon, bas à Ilolm. — Est-ce que cet animallà va aussi avoir la parole? (.1 Lind.) Me permettezvous de boire à votre santé ?

(Plusieurs partent, ne voulant pas écouter Jacobsen.)

.lAGOBSEN, avec une forte voix. — Messieurs (Silence.) [Jacobsen continue). Qu'il soit permis à un simple ouvrier comme moi de dire quelques mots à cette fête de famille. Quand je suis venu chez le consul Tiœlde, je n'étais qu'un pauvre diable, voyez-vous; eh bien, il m'a retiré de l'ordure où j'étais. {Rires.) ie&m%... mon Dieu! je suis... je suis ce que je suis, messieurs, mais si quelqu'un, ici, peut parlerdeM.Ticfclde, c'est assurément moi' parce que je le connais, et que je sais que c'est un brave homme.

LIND, bas à Tiaelde, en riant. — Vous le voyez, mon cher, la vérité sort delà bouche des enfants...

Ti.ELDE. — tt des hommes saouls.

•i.vcoBSEN. continuant. — .Je sais bien qu'on Irouve encore moyen d'en raconter surson compte.

ii20 UiNE FAILLITE 1

et, d'ailleurs, il peut bien avoir aussi ses défauts, j Mais quand je me trouve avec du si beau monde, je i puis bien dire, nom de nom, qu'il vaut, à lui seul; mieux que tous les autres réunis.

TiiELDE. — Allons, allons, c'est bien ; merci, Jacobsen.

JACOBSEN. — Non, non, ce n'est pas bien, parce qu'il y a un toast que nous avons oublié de porter, quoique nous ayons tous bien bu et bien mangé

ensemble. i

(Rires, Falbe applaudit et crie : « Bravo ».) !

JACOBSEN. — Il n'y a pas de quoi rire, allez, car | c'est à la santé de M""" Tiœlde que nous avons i oublié de boire. j

LE CONSUL LiND. — Ah cela, bravo ! i

JACOBSEN. — Ce qu'elle est, comme femme et | comme mère... oui, moi je dis les choses comme s elles sont : elle va toujours, toujours travaillant, et >t malade comme elle est, elle a toute la peine et ne se plaint jamais. Que Dieu lui vienne en aide. Voilà ce que j'avais à dire... et maintenant... j'ai fini.

PLUSIEURS INVITÉS. — A la santé de M""^ Tiœlde!

PRAM. — C'est bien, cela, Jacobsen.

(Il lui serre la main. Lind passe près de lui : il le salue très respectueusement.)

LIND. — A votre santé, Jacobsen.

JACOBSEN. - Ah merci, monsieur le consul. Moi, je ne suis qu'un pauvre ouvrier, moi, voj'ez-vous,'

mais.,

LiND. — Mais un honnête homme. Allons, à votre santé !

aDoider près de la véranda; six hommes se lèvent et me tenues rames en l'air. Sanna^ss se tient^ Zvernail, près du pavillon.) ^uiivei

noLM, bas. ~ Tiœlde savait bien ce qu'il faisait, quand il a invité Jacobsen, allez !

KNUTZON, de même. -Regardez donc le bateau!

RING, de même. ~ Oh ! Tiadde n'est pas un imbécile ! Oh mais, pas du tout, je vous l'ai déjà dit. (On aperçoit les dames monter l'escalier à droite.)

TLELDE. - Messieurs, l'heure du départ est arrivée, VOICI ces dames qui viennent prendre con-é de notre vénéré hôte. Rassemblons-nous une dernière fois autour de lui, autour de notre prince remercions-le, et saluons-le d'une bordée de hurrahs! Messieurs!

(On crie neuf fois : « Hip, hurrah. » Pram crie une dixième fois : « Huit... ».)

LIND. - Merci, messieurs, merci. Mais le temps presse ; excusez-moi si je me contente de vous 'errer la main simplement. Adieu, chère madame ^ous auriez dû entendre le toast qu'on vous a porté

Encore une fois, merci, et excusez la peine que nous vous avons causée. (^4 Signe.) Adieu, mademoiselle. Je regrette d'autant plus de n'avoir pu faire plus complètement votre connaissance, que je ne doute pas que... Mais enfin si vous venez à Kristiania, j'espère que...

SIGNE. — Oh ! avec plaisir, monsieur, j'irai faire une visite à votre femme.

LiND. — Merci d'avance, et soyez assurée que vous y serez reçue... [A Valborg.) Vous êtes indisposée, mademoiselle.

vALBORG. — Moi! non, merci!

UND. — C'est que vous avez l'air si sérieux.., [Valborg ne répond pas.) Adieu, mademoiselle. {A Ilamar.) Adieu, cher monsieur... ?

nAMAR. — Hamar, lieutenant Hamar.

LiND. — Ah ! c'est vous qui me parliez du cheval... le fiancé de M'"' Signe, alors?... Excusezmoi, si je n'ai pas...

HAMAR. — Oh ! je vous en prie.

LIND. — Adieu !

HAMAR. — Bon voyage, cher monsieur.

LIND, froidement, à Ilohn. — Adieu, monsieur.

HOLM, obséquieux. — Je souhaite à monsieur le consul un excellent voyage.

LIND. — Adieu, monsieur Pram.

PRAM, lui retient la main^ semble vouloir lui dire quelque chose, puis se tait; puis enfin -

Pu.s-je vous remercier de... de... vous remercier de...

Lmn. - Vous êtes un charmant homme, adieu

PRAM.- Oh! ça me fait plaisir que vous... Merci !

um, à Knutzon. - Adieu, monsieur...?

KNUTzoN. — ... Knutzon.

PRAM. — Par un z.

LiND, à Knudsen. ~ kà:xQ^, monsieur...?

KNUDSEN. — Aussi Knudsen.

PRAM. — Mais par un s.

LIND, à Falbe. — Adieu monsieur... ?

FALBE. - . . . Falbe !

LIND. -- Adieu, cher monsieur Falbe. {A Ring.) Adieu, cher monsieur, je suis charmé de vous avoir trouve en aussi bonne santé.

RING, saluant. - Moi également, cher monsieur.

HND. —Adieu, cher pasteur.

LE PASTEUR, luipressant la main doucement - Me permettez-vous de vous souhaiter un heureux voyage, monsieur le consul?

LIND. — Merci!

(Il veut le quitter.)

LE PASTEUR.- ... Vers les pays étrangers : la mer est si dangereuse, monsieur le consul.

LiND, de même. — Merci, merci.

LE PASTEUR.— Vous soubaiterai-je un bon retour, monsieur le consul?

LIND. — Merci bien, merci.

LE PASTEUR. - Dans notre cher pays, monsieur le Consul; le pays qui a en vous...

LIND. __ Excusez-moi, monsieur le pasteur, mais le temps presse.

LE PASTEUR. — Laisscz-moi vous remercier de cetle journée, monsieur le consul, de cette rencontre, de cette...

LIND. — Oh! de rien. Adieu, adieu! {A Jacobsen.) Adieu, Jacobsen.

JACOBSEN. — Adieu, monsieur le consul-, je ne suis

qu'un pauvre ouvrier, moi, voyez-vous, mais je ne vous en souhaite pas moins un bon voyage, moi aussi.

LIND. — Merci, Jacobsen, merci. Adieu Finne! Ah! écoute donc, deux mots. {Bas.) Tu disais que Bérent, l'avocat...

(On n'entend pas la suite de la phrase.)

TiiELDE, à Hamar, — Ah! n'oublie pas le salut, cette fois. {Hamar va pour sortir.) Mais non, mais

non, pas maintenant ; le voilà déjà parti : attends un peu que le canot parte. Tu vas encore faire des bêtises. Tu vas arriver trop tôt nnaintenant.

(Il le quitte.)

UAMAR. — Non, mais s'il croit que je m'en vais supporter...

TLELDE, à Lind. — Adieu, cher monsieur. [Bas.) Personne autant que moi ne doit vous remercier de cette visite. Vous seul comprenez que...

LIND, V interrompant, bas. — Ne parlez pas de cela, je vous en prie. Allons, bonne chance, et surtout, bonnes affaires, (//r/î^^.) Adieu, Messieurs, adieu, et encore une fois, merci.

(Le ilomestique, qui l'attend depuis longtemps, lui donne sonchapeau, et donne son manteau et sa valise à Sannfpss. Lind monte en bateau.)

TOUS. — Adieu, adieu!

TLELDE. — Allons, messieurs, un dernierhurrah!

(Tous crient : hurrali ! Hamar fait un signe, on entend un coup de canon, le bateau démarre; tous agitent leur mouchoir.)

TLELDK, revenant sur le devant de la scène. — Je n'ai plus de mouchoir, cet animal-là me l'a f)riF. (yl Valborg.) Hé bien! pourquoi ne fais-tu pas comme les autres, toi?

VALBORG. — Parce que ça ne me plaît pas.

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TTiELDE, ne dit rien, prend une serviette de chaque main, et retourne avec les autres, criant. — Adieu! adieu!

SIGNE. — Oh! montons là, nous les suivrons mieux.

TOUS. — Oui, oui, c'est cela.

(Ils sortent, et montent sur un rocher dans le jardin.)

Ti.ELDE, rentre après quelques instants. — Voici Bérent qui arrive, maintenant. [Valborg sort par la gauche. Tiœlde jette les serviettes sur la table et se laisse tomber dans un fauteuil.) Oh!... oh... Mais cette fois, c'est bien la dernière. Maintenant, je n'ai plus besoin de rien... plus besoin de rien... [Il se lève.) Ah ! c'est vrai... Bérent!

(Il se dirige vers la porte de gauche.) [Le rideau tombe.)

DEUXIÈME ACTE

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