A LA LUNE
Gracieuse lune, je me souviens qu'il y a un an, sur cette colline, je venais te regarder, plein d'angoisses. Tu te suspendais alors, comme tu fais à cette heure, sur cette forêt que tu éclaires en entier. Ta face apparaissait à mes yeux obscurcis par les pleurs qui tremblaient à leurs eils ; la vie alors m'était pénible, et l'est encore; rien n'est changé , ô lune , astre cher ! Et cependant ce souvenir me plaît, et je trouve du charme à constater l'âge de ma douleur. Oh! dans la jeu-
nesse, quand l'espoir est long encore et que les souvenirs sont rapprochés , il est doux de se rappeler le passé, même dans la tristesse, et quand la blessure saigne encore.