‹ Léopold 1er et Léopold II, rois des BelgesChapitre 51 sur 56 · LOI D'EXTRADITION · texte numérisé non relu

LOI D'EXTRADITION

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Le roi Lèopold à M. A. Notlioml, ministre de la justice.

Mon cher Ministre,

« Laeken, le 10 avril 1856.

« Je vous ai déjà adressé de vive voix mes félicitations sur l'heureuse issue de la loi d'extradition. La question avait une haute importance, et je suis heureux de pouvoir vous dire combien j'ai apprécié le talent et la fermeté dont vous avez fait preuve dans cette circonstance. C'est avec une vraie satisfaction que je vous rends ce témoignage, en vous renouvelant l'expression de mes sentiments sincères pour vous.

« LÉOPOLD

(Page 2 7 9.) FÊTES JUBILAIRES

Le roi Lèojwld à M. Leheau, onemhre de la Chambre des

représentants.

« Lackcn, 20 juillet iSoG.

« Mon cher Monsieur Lebeau,

« Je ne veux pas laisser passer ce jour anniversaire sans vous adresser quelques mots comme souvenir du jour déjà éloig-né de nous, où nous sommes entrés ensemble à Bruxelles.

« Vous avez alors, par votre talent et votre courag-e, pris une part décisive aux événements qui ont amené la fondation du royaume de Belgique. Si le pays depuis lors a été heureux et tranquille, si sa prospérité et son importance en Europe ont été croissants, vous devez éprouver une juste satisfaction à reporter votre pensée à Tépoque où vous avez mis la main à cette œuvre historique.

« C'est un grand plaisir pour moi de vous rappeler aujourd'hui ce souvenir et d'ajouter que, pendant ces vingt-cinq ans,

G04 DOCUMENTS HTSTOFUOLTS

remplis de tant d'évéïieirKîiit.s divers, vous n'avez cessé de servir utilement et noblement votre pays, et vous vous êtes toujours montré le môme pour moi,- pl(;in de dévouement, (raflPection et de tous les meilleurs sentiments

« LÉOPOLD

Le roi Lèopold à M. le haron Notlionib, ministre â/État, entoyé extraordinaire et miiiistre plénipotentiaire à Berlin.

« Laoken, 20 juillet 18;;6.

c< Mon cher Ministre,

« Je regrette vivement que votre santé vous empêche de venir ici, mais votre pensée se portera à ce 21 juillet de 1831 . Quand on revoit le Moniteur de ce jour, quand on voit ce qui a été promis par la royauté et ce qu'elle a tenu, on ne peut pas s'empêcher d'éprouver une vive satisfaction. Le spectacle est beau de voir un pays reconnaissant après un règne déjà si long.

« J'espère encore rester son pilote, Dieu aidant, et l'avenir est assez gros de nuages. De tous les hommes politiques du pays vous êtes celui qui n'a jamais désespéré de son avenii*, qui n'a jamais elmngé de sentiment et qui m'a témoigné le dévouement le plus 'crai et le plus constant que jamais le plus petit nuage n'a obscurci. Je n'oublie pas des choses de cette nature et j'aime à vous les rappeler.

« Ci-joint une lettre pour le fils du prince de Prusse.

« Donnez-moi de bonnes nouvelles de votre santé, rappelezmoi au souvenir de la baronne et croyez aux sentiments affectueux que je vous ai voués de bon cœur.

« LÉOPOLD

(Pacre 3 0 2.)

RETRAITE DU MINISTERE DU 30 MARS 1855 i.

« Bruxelles, 30 octobre 1857.

Sire,

« Votre Majesté connaît le résultat des élections communales.

« En dépit des principes constitutionnels, il est incontestable que ces élections ont, en raison des circonstances, un caractère et une portée essentiellement politiq^ie.

« Le cabinet, qui a considéré comme un devoir de résister à des manifestations illé<^ales, peut-il ne pas tenir com})te de la manifestation légale qui vient d'avoir lieu dans les princi- ])ales villes du pays? Nous ne le croyons pas.

* La retrailc du niinislèrc du 30 mars ISoo fut, de même que le cliangement ministériel de 1841, roriginc et la cause d'une situation nouvelle. Ce sont deux dates importantes dans l'hisloire politique de la Iîeli;i([ue. Aussi, dans l'ouvrage consacré à Joseph Lebeau, avons-nous publié textuellement le document indiquant les raisons de la dissolution du cabinet de 1840. De même nous insérons ici le texte inédit des différentes démissions données le 30 et le 31 octobre 1857. On ne connaissait jusqu'il j)résent ces actes inq»ortants que par des analyses incomplètes.

GOG UOrX'.MFNTS MISTOniOI'KS

a Nous sommes corivîiiiK'iis (jik; l;i loi sur les étîiblissements de bienfaisance; n*a été que le j)rétexte de cette lutte politique et que le but réellement poursuivi est le renversement de la majorité parlementaire et du cabinet qui s'appuie sur elle.

« Quoi qu'on fasse donc relativement h cette loi, qu*on l'ajourne à long terme ou qu'on la retire môme, il est évident que le parti libéral ne sera point satisfait. Enhardi jjar ses victoires, il fera à la majorité et au ministère une guerre à outrance qui jettera le pays dans les embarras d'une crise dont notre résistance ne ferait qu'accroître les dangers.

« En effet, pour sortir honorablement d'une pareille crise, il faudrait au gouvernement de Votre Majesté cette force morale que peut seule donner une position oiette et digne. Or telle n'est malheureusement plus notre position devant les Chambres et devant le pays.

« Tout le monde est obligé de convenir que, depuis un an, l'esprit public est profondément modifié, pour ne pas dire complètement bouleversé. On se . croirait donc autorisé à prétendre que les Chambres ne sont plus la représentation fidèle de la Belgique actuelle. Le gouvernement, bien que s'appuyant constitutionnellement sur une majorité régulièrement formée, paraîtrait, aux yeux de la masse des citoyens, peu familiarisés avec le jeu de nos institutions, usurper une autorité dont la légitimité serait désormais douteuse et qu'il ne saurait plus exercer avec dignité.

« Il y a plus, ses fonctionnaires eux-mêmes, entrevoyant le prochain avènement d'une autre opinion politique, énerveraient l'action du gouvernement qui n'est déjà que trop affaiblie. L'administration, à tous les degrés, s'affaisserait sur elle-même, ne laissant au gouvernement que le choix entre une irrémédiable anarchie ou l'emploi de moyens

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violents qui répugne à nos convictions, jure avec notre jirogramme et nous ferait perdre en qnelques jours Thonneur et le bénéfice de trois années d'une modération loyalement promise et loyalement pratiquée.

« Sire, nous ne nous faisons pas illusion sur la gravité de la situation. C*est môme la conscience de cette gravité qui nous fait un impérieux devoir de prier Votre Majesté de ne pas mettre plus longtemps à l'épreuve un dévouement que nous eussions été heureux de lui continuer, mais qui désormais serait inutile. Impuissant pour opérer le bien, impuissant môme pour arrêter le mouvement fatalement imprimé aux esprits, le cabinet se doit à lui-môme de ne pas porter la responsabilité d'éventualités que la haute sagesse de Votre Majesté saura conjurer.

« En conséquence, nous avons l'honneur de déposer nos portefeuilles entre les mains de Votre Majesté, etc.

« P. DE Decker, vicomte Vilain XIIII, A. Dumon, général Grkindl. »

« Bruxelles, le 31 octobre 1857.

« Sire,

« En présence des élections communales du 27, la majorité des membres du cabinet, déterminée par les motifs exposés à Votre Majesté, pense que le ministère actuel ne peut plus, utilement pour le service du Roi et le bien du pays, rester aux affaires.

« Sans nous dissimuler ni les difficultés de la position ni ce qu'il a de sérieux dans les dernières manifestations provoquées par l'agitation qu'on a fait naître en prenant pour pré-

C08 DOCUMKNTS IlISTOItlOL'FS

ti'\l(; un })roj(3t de loi dont bi porttMi est méconniH^ ou calonini(^e, nous ne croyons pas que la situation exi^^e la retraite du cjibinet. Nous croyons, au contraire, qu'il faut nous maintenir au poste que le Roi nous a confié, et qu*à le quitter il y a pour l'avenir du pays plus de danger qu'à y rester. Le fait électoral qui vient de se produire n'est pas nouveau : en 1854, comme en 1856, pas une seule grande ville n'a donné la majorité aux candidats conservateurs pour les Chambres ; la statistique électorale le prouve à toute évidence, et s'il eût fallu tenir exclusivement compte de cette tendance des électeurs des grands centres, depuis longtemps aucune administration modérée n'eût été possible. La pensée du pays, Dieu merci,

|f|{ n'est pas tout entière dans les grandes villes, et hier encore

l'attitude des campagnes comme celle des petites villes protestaient contre l'esprit exclusif qui domine, et plutôt dire, qui opprime les premières.

« Nous sommes donc d'avis. Sire, que constitutionnellement un cabinet, appuyé comme le nôtre sur une majorité parlementaire réelle, ne peut et ne doit succomber que devant Il les Chambres. Nous sommes fermement convaincus qu'atta-

cher, même exceptionnellement, aux élections communales une signification tellement exagérée, c'est sortir des voies régulières, c'est vicier profondément le mécanisme de nos institutions, c'est, en un mot, créer un précédent sans exemple, aussi funeste au principe gouvernemental qu'il sera contraire au régime parlementaire sainement pratiqué, c'est

jji{i| accepter l'impulsion de qui doit la recevoir, c'est troubler et

? détourner la source des pouvoirs constitutionnels : l'émeute,

.j;.|| qn il fallait vaincre, en serait légalisée. Nous pensons qu'il

'J faut résister énergiquement à des empiétements successifs

dont le dernier terme serait la confusion des attributions et

jiji l'anarchie. Nous estimons enfin et surtout que la retraite du

j I I ministère, dans les circonstances actuelles, doit conduire fata-

!: il il

lement à une situation mortelle pour la majorité qui nous a portés aux affaires et nous y a soutenus^ Jldèlement et courageusement^ depuis près de trois ans, majorité qu'il est de notre devoir de ne pas sacrifier avant que le pays légalement et rég'ulièrement consulté en 1858 ait, avec calme, exprimé sa volonté.

« Toutefois, Sire, appréciant ce que les motifs de nos honorables collègues peuvent avoir de plausible, et ne voulant, dans cette conjecture, pas plus que dans toute autre, nous séparer d'eux, nous venons prier Votre Majesté de nous décharger des fonctions qu'Elle avait daigné conférer au dévouement de ceux qui sont avec le plus profond respect,

a Sire, « De Votre Majesté,

« Les très-humbles et très-fidèles serviteurs, « Alp. Nothomb, Mekcier. »

— «Ts^fMs*"*-»—

(Pa-Êje 3 0 5.) FORTIFICATIONS D'ANVERS.

Le roi Lèopold ait général Chazal, ministre de la guerre.

« Le 12 juillet 1859.

« Mon cher Ministre,

« Les plans me plaisent au plus haut degré. Ce qui méritera de l'attention sera l'Escaut et sa défense par terre : qu'on ne puisse pas avec tous ces nouveaux moyens se mettre en possession d'un côté de la rivière et nous couper ainsi les communications .

« L'énorme importance de la position de Vérone saute plus

que jamais aux yeux. Sans cette position il y aurait les sièges

de Mantoue et de Pescliiera, mais l'armée autrichienne ne

serait plus en Italie ! Avis aux membres de la Chambre ; il

n'est pas possible de nier cette vérité.

« LEOPOLD

Le même au même,

« Laeken, le 2 septembre i8o9.

« Mon cher Ministre, « Je vous félicite de tout mon cœur sur le vote de la

DOCL'MKNTS HÎSTOiaQL'KS 011

Chambre ^ C'était, vu rextrôme confusion et division des votes, fort dang-ereux.

« Espérons maintenant que le Sénat se conduira bien^. Relativement au camp, mes enfants s'y rendront donc probablement le 6. Je pense qu'après leur départ il n'y aura pas de mal à le lever. Je crains les maladies.

« Je ne serai pas fâché d'un changement d'air; j'ai été plus ou moins souffrant depuis une dizaine de jours ^.

« Soignez bien votre santé qui est si précieuse pour (pii

vous "porte une affection si vraie.

« LÉOPOLD. D

Le même au même.

« Marseille, le 2 octobre 18o9.

Mon ciiku Ministre,

« Votre excellente lettre du 26 m'est parvenue ici à mon arrivée, le 29, et je l'ai lue avec un extrême plaisir.

« Qu'après une expérience de vingt-huit années il soit resté des gens en Belgique qui connaissent mieux les affaires de l'Europe que moi, et qui savent mieux apprécier ce qu'il faut pour l'existence de la Belgique, à laquelle ils avaient déjà mis fin en 1831, est assez étrange, mais ainsi est faite l'humanité ! Je n'ai qu'à me louer de mon voyage ; les résultats sont extrêmement satisfaisants et je tâcherai de les conserver. J'ai bien pensé à vous à Tarbes, qui m'a beaucoup plu, et dans la partie la plus méridionale de la France : c'est beaucoup

* Le vole du projet relatif aux tbrlificalions d'Anvers.

* Le Sénat adopta le projet à une grande majorité.

3 Le roi partit le lendemain pour les Pyrénées. Du 14 au 23 septembre, il séjourna à Biarritz, auprùs de Napoléon IIL

DOCUMRNTS irTSTOMIQUFS

])liis l)(»aii que la route de Toulouse h Bordeaux sur laquelle

j'ai eu des illusions désappointées.

« J'espère que tout marchera bien, si Ton pouvait un peu

modifier cette stérile lutte des partis. J'espère que ces lig'nes

vous trouveront en bonne santé, que le succès doit avoir

fortifiée, et je pense à vous avec les sentiments les plus afiF<ic-

tueux.

« LÉOPOLD. D

Le même au même.

(Extrait.)

« Laeken, le 9 novembre 1800. « Mon cher Ministre,

«... Veuillez vous faire faire un rapport sur une autre question.

« Mon constant désir est de voir à Anvers un bassin qui serait port franc. Se trouve-t-il pour cela assez de place? Il me semble que oui; le génie militaire pourra sur cela me donner des renseignements. Il est évident qu'il faut tâcher d'attirer à la nouvelle et immense ville des habitants.

c( Un port franc y ferait venir des marchands étrangers, qui

ne seraient peut-être pas fâchés d'avoir à Anvers un joli pied

à terre. Le déplaisir que causerait peut-être la concurrence de

ces étrangers serait modifié par la perspective de gain sur

les terrains. J'espère que vous êtes bien; toujours avec une

affection immuable ^

« LÉOPOLD

* Cette lettre prouve que le Roi n'avait pas oublié les destinées nouvelles qu'il annonçait à la métropole commerciale de la Belgique, lorsque, en i8o6, il posait la première pierre des nouveaux établissements maritimes. « La place d'Anvers, disait-il, doit par sa position et la sécurité de son magnifique port prendre le premier rang parmi les places commerciales du globe. »

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