POLITIQUE INTÉRIEURE. — MEXIQUE, ETC
Le roi Lèopold a\i général Cliazal, ministre de la guerre.
(Extrait.)
« Bade, le 14 octobre 1864.
« ... En quittant Laeken je n'ai pas été très-bien, et le temps si froid ici ne m'a pas fait de bien; j'espère que peutêtre il s'améliorera encore un peu. Mon bien-aimé ministre, que. Dieu vous protège, comme vous le méritez si bien ! ^ . . »
Le même au même.
(Extrait.)
« Laeken, le 1" décembre 1864.
« .... Vous dormez trop peu ; avec l'activité de votre esprit le sommeil est indispensable. Je souffre aussi de ce côté
^ La santé du roi avait encore subi de rudes atteintes l'année précédente. Le 24 mars 1863, il écrivait : « Je suis maintenant treize mois supportant les plus atroces souffrances. » Puis, le 3 juin : « ... Je continue à souffrir beaucoup.... J'ai un bien bon médecin anglais, M. Thompson, qui m'inspire de la confiance. Il est aussi d'avis que si l'année dernière, j'avais été soigné dans un hôpital, j'aurais été guéri en deux ou trois mois, et me voilà au quinzième, et sans une perspective nette de guérison, mi l'extrême difficulté de saisir l'un des fragments... »
surtout depuis ces deux derniers mois ; mais je manœuvre avec une patience extrême pour pourtant avoir une part de sommeil. Ma santé n'est pas encore entrée dans Tétat où elle était en octobre ; mais je cherche à dompter mes colères : cela n'est pas facile... »
Le môme an môme.
« Lacken, le "2 janvier 4805.
« Mon bien cher Ministre,
« Recevez mes plus tendres remerciements pour les vœux
que vous exprimez si noblement ; vous savez combien je vous
aime et la haute estime que je vous porte. Vous n'avez p§is
de rival dans mon cœur. Mon amitié pour vous durera tant
que j'existerai sur notre confuse planète, et, malgré les libres
penseurs, j'espère au delà. »
« LÉOPOLD
Le roi Léopold au cardinaUarclievêqne de Matines.
« Laekcn, 2^2 mars 1865.
« Monsieur LE Cardinal,
« J'ai reçu les deux lettres que Votre Éminence et ses vénérables collègues de l'épiscopat m'ont adressées sous la date du 16 de ce mois. Votre Éminence n'ignore pas combien j'eusse désiré que le Sénat tint compte des observations qui lui avaient été soumises par elle au nom de l'épiscopat, touchant certaines dispositions de la loi relative aux bourses d'étude, ni la répugnance avec laquelle j'ai cédé aux nécessités politiques en sanctionnant la loi une fois qu'elle avait été votée. Mon vœu le plus cher serait maintenant de voir naître une occasion de faire disparaître ou d'atténuer dans la pratique les articles qui font l'objet des scrupules de l'épiscopat.
DOCL'MKNTS IIISTOHIQUES
a Les dispositions conciliantes qni viennent de se rnanifester au sujet du projet de loi relatif au temporel du culte, dispositions que je ne saurais assez encourager, me donnent Tespoir que dans cette question qui touche si directement aux intérêts religieux, on parviendra à s'entendre. Un ra]:>prochement des hommes modérés sur ce terrain serait un vrai bienfait pour le pays et ne me causerait pas moins de joie qu'à Votre Éminence et à ses vénérables collègues, dont la sagesse et le patriotisme sont si hautement appréciés par moi.
« LÉOPOLD
Le roi Lèopold au général Cliazal.
(Extrait.)
« Windsor-Castle, le 15 avril 1865.
« ... J'ai été excessivement malade. J'ai sans cesse été sur le point d'une fluxion de poitrine. Je suis déterminé de partir le 18; mais cela n'est pas sans danger. Je n'ai jamais ici été plus mal à mon aise ; je ne suis pas sorti une seule fois, et, depuis plusieurs jours, j'ai été totalement enfermé dans ma chambre. Il faut l'espérer que je me tirerai d'affaire, mais je ne le suis pourtant pas. Que le ciel vous protège! Toujours avec ma vieille et fidèle amitié. »
Le même au même.
« Laeken, le 12 mai 1865. « Mon fidèle et affectueux Ami,
c< Je vous remercie pour vos bonnes paroles : si seulement le temps avait été tolérable, mon aveuglement dans cette
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affreuse saison de mars aurait pu se tirer d'affaire, mais cela était comme si un démon s*éfait exclusivement attaché à ma destruction. Quelle étrange chose que l'existence! Ces messieurs sont dévoués et sages, de Roubaix a été une bonne acquisition ^ Ce que le ciel ordonnera, il faudra voir; depuis le mois de novembre 1864 j'ai eu horriblement à me plaindre, et cela m'a fait beaucoup de mal.
« Les vœux affectueux que vous formez toujours pour moi me protégeront.
« Tout à vous.
« LÉOPOLD. i>
Le même au même.
(Kxtra.it.)
« Lackcn, le 16 juin 1865.
« Dites-moi comment vous vous trouvez dans ces tristes temps; j'avais beaucoup désiré vous voir, mais je ne puis pas me décider de quitter ma solitude. Je suis toujours malade et Dieu sait combien de temps cela continuera : c'est une complète démolition.
« Le beau temps nous a quittés, et malade, comme je le suis, je n'ai osé que de sortir un peu en voiture, et je ne me fie pas aux jardins...
« LÉOPOLD
Le même au 7nême.
« Lacken, 28 juin 1865.
« Mon cher et excellent Ministre,
« Étant un peu mieux ces derniers jours, j'avais espéré
ï M. de Roubaix, professeur de la faculté de médecine de l'université libre de Bruxelles.
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VOUS voir aujoiird'liui, mais comme il ])araît que tous les maux me tombent en partag-c;, une bronchite vient de m'attaquer assez sérieusement. C'est tout ce qui pouvait m'arriver de plus funeste, car cela est contraire à toutes les cures, et comme ces rhumes sont ordinairement très-longs, je n'ai plus de calcul pour l'avenir .
« J'ai entendu que les travaux à Anvers souffrent de la position de la Société \ mais j'espère que cela ne causera pas trop de difficultés. La position de la Belgique est bonne pour le moment, ce qui rend regrettable qu'on se laisse si souvent aller à des exagérations qui finiraient par devenir un véritable danger.
« J'espère que wtre santé se soutient, et je suis avec les sentiments d'une amitié si vraie tout à vous.
« LÉOPOLD
Le roi Léopold à M. Henri de Broiœhere, ministre d'État.
« Laeken, le 21 juillet 1865.
« Mon cher Ministre,
« J'ai été vivement touché des sentiments que m'exprime votre affectueuse lettre du 20^. Nous restons encore de cette époque qui avait son beau côté, et qu'on a bien changée. Vous êtes resté fidèle pour défendre avec le plus grand succès les éléments de notre existence politique; j'espère que toujours un égal succès accompagnera vos nobles efforts. Ma santé a été bien ébranlée par ce malheureux temps, si froid en Angle-
1 La Société Pauwels.
2 M. de Brouckere avait adressé au roi des félicitations à l'occasion du trente-quatrième anniversaire de l'inausjuration.
DOCUMENTS mSTOHÎQUES 029
terre. Maintenant la faculté dit que je vais bien ; puis.^e-t-ellc ne pas se tromper !
« Il y a au delà de trente-quatre ans que je me suis trouvé avec vous occupé h fonder cet État maintenant si prospère, alors entouré de périls ; conservez-moi les sentiments que j'ai toujours trouvés chez vous et agréez l'expression des sentiments affectueux que je ne cesserai de vous
porter.
« LÉOPOLl). »
Le roi Léopold au général Cliazal.
(Extrait.)
« Oslcndc, le 3 septembre I860.
« ... Je suis un peu mieux et plus fort; mais je ne triomphe pas encore.
« Ce dernier combat des Belges s'est fort glorieusement passée C'est, comme nous l'avons déjà dit, d'une énorme importance pour le pays. Une fraction cependant n'admet pas cela encore...
«... La maison d'Ostende est conçue dans des conditions défavorables, mais je crois qu'on pourra en tirer parti. Je veux sérieusement m'occuper de cette affaire. Ostende a été un bienfait pour la reine Louise ; l'année dernière je m'en suis très-bien trouvé, et cette année-ci le bien que cela m'a fait a été remarquable... »
Le même an iiivme'^.
« Lackon, le 12 octobre 1865.
a Mon BIEN-AIMÉ Ministre, «... J'ai entendu que vous n'aviez pas été satisfait de votre
* Combat de la Loma.
* Le général ChazaI était à Pau.
r)30 nOCUMKNTS MISTOniQUES
s?int(;; j'avais cojKîiidaut ospéré que ces beaux pays vous f(;raieut du ))inu. Tci nous avons (1(; fait (ui un septembre admira])le, oi Ostende m'avait été utile;. Malheureusement (juelques tracas m'avaient fait du mal ; comme quand on a été si long'temps malade on est très-susceptible, j'ai eu une forte fièvre et j'ai dû quitter Ostende. Depuis, ici, je vais passablement bien, mais je n'ai absolument ni promenade ni parc, ni rien du tout en ce genre, et ma seule ressource est d'aller tous les jours à Meysse; comme l'après-midi la soirée est assez bien de ce côté.
ce Les journaux vous tiennent au courant de tout ce qui est et même de ce qui n'est pas. On ne peut pas se cacher que M. de Bismarck a grandement changé la position de la Prusse.
« Par écrit je ne puis pas trop entrer dans ces matières : ce qui est désirable, c'est d'éviter les grandes guerres; il serait difficile d'éviter les catastrophes qui pourraient avoir un tout autre caractère que ce qu'on pense.
« Du Mexique, il y a une grande fluctuation de nouvelles. On ne recrute plus du tout, et il en résulte une désertion ici, qui, je crois, ne se dirige pas même dans cette direction.
« Au milieu de gTandes richesses l'argent manque et la sécurité est souvent compromise par des bandes de voleurs qui doivent être d'affreuses gens.
« Vous connaissez tout cela : c'est le résultat des difficultés que les partis politiques mettent en jeu sans s'inquiéter s'ils ne font pas le plus grand mal à leur propre pays. Laissezmoi espérer que votre santé est bonne de nouveau, et croyezmoi avec ma vieille affection toujours également dévouée.
« LÉOPOLD. D
(Pago 333.) ACTE DE DÉCÈS.
L'an mil huit cent soixante-cinq, le onze décembre, à onze heures et demie du matin, par-devant nous, Charles-Joseph Herry, bourgmestre, officier de Tétat civil de la commune de Laeken, arrondissement de Bruxelles, province de Brabant, assisté du sieur Émile-Joseph-Adolphe Hellebaut, secrétaire communal, sont comparus :
1" M. Jules Bara, ministre de la justice, membre de la Chambre des représentants, âgé de trente ans, domicilié h Bruxelles ;
2" M. Charles Rogier, ministre des affaires étrangères, membre de la Chambre des représentants, âgé de soixantecinq ans, domicilié à Bruxelles;
3" M. Etienne-Constantin baron de Gerlache, premier président de la cour de cassation, âgé de soixante-dix-neuf ans, domicilié à Ixelles;
4" M. Mathieu-Nicolas- Joseph Leclercq, procureur général près la cour de cassation, âgé de soixante-neuf ans, domicilié à Saint-Josse-ten-Noode ;
032 DOCUMKNTS IIISTOMIQUKS
5" M. Tliéodore-Josopli comte Van (l(;r Straeten-Pontlioz, ^rand maréclial d(î la cour, %é de cinquante-six ans, domicilié h Bruxelles;
6" M. Jules Van Praet, ministre de la maison du Roi, î\g-o de cinquante-neuf ans, domicilié à Bruxelles.
Lesquels nous ont déclaré que hier, dix décembre courant, h onze heures quarante-cinq minutes du matin, est décédé, au palais de Laeken, S. M. Léopold I", Georg-es-Chrétien- Frédéric, roi des Belg'es, duc de Saxe, prince de Saxe- Cobourg-Gotha, né le 16 décembre 1790, à Cobourg", fils de feu le prince François-Antoine, duc de Saxe-Cobourg, et de feue Auguste-Caroline-Sophie, duchesse de Saxe; veuf en premières noces, le 6 novembre 1817, de la princesse Charlotte- Augusta, fille de feu Georges IV, roi de la Grande-Bretagne et d'Irlande, et en secondes noces de S. M. Louise-Marie-Thérèse-Caroline-Isabelle, reine des Belges, princesse d'Orléans, décédée à Ostende, le 11 octobre 1850, fille de feu Louis-Philippe d'Orléans, roi des Français.
Et après qu'il leur a été donné lecture du présent acte, les comparants ont signé avec nous, officier de l'état civil, et le secrétaire de la commune.
XLYI
TRANSLATION DES RESTES MORTELS DES MEMBRES DÉCÉDÉS DE LA FAMILLE ROYALE.
« Lors de la mort de la première reine des Belges, la chapelle Sainte-Barbe attenante à l'église Notre-Dame de Laeken fut transformée en crypte destinée à recevoir les restes mortels de la famille royale. La chapelle reçut une décoration appropriée à sa destination et deux caveaux furent creusés devant Tautel, l'un destiné à recevoir la dépouille mortelle de la reine Louise-Marie, Tautre celle de Léopold I"'. Les cercueils renfermant les corps du duc de Brahant et de la princesse Stéphanie, fille du comte de Flandre, demeurèrent placés sur des catafalques dans le transept qui précède la chapelle.
Les corps du Eoi et de la Reine avaient été enfermés dans deux cercueils de plomb recouverts de trois cercueils en bois. Mais le caveau était tellement humide que déjà les bières supérieures tombaient en poussière. Le Roi décida de les remplacer et demanda la translation des restes mortels des membres décédés de la famille royale dans la crypte de la nouvelle église de Laeken.
Cette translation a eu lieu le 20 avril 1876.
Le cercueil du Roi, déposé sur une civière construite })our la circonstance et recouvert d'un drap noir à crépines d'or, reposait à l'entrée du caveau royal.
A l'arrivée du Roi et du comte de Flandre, 24 sousofficiers de l'armée — 12 du régiment des grenadiers et 12 du régiment des carabiniers — transportèrent le cercueil vers la
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crypte de la nouvelle é<^lise, dont l'entrée extérieure donne sur le cimetièn; qui sépare les deux églises.
Le cercueil était précédé par les officiers d'ordonnance du Roi et du comte de Flandre : MM. le capitaine Dony, le ca})itaine Chrétien, le lieutenant comte Jean d'Oultremont, le lieutenant baron Van der Straeten-Waillet.
Suivaient le cercueil : le Roi, le comte de Flandre, MM. De Lantslieere, ministre de la justice; le comte de Lannoy, grand maître de la cour de S. M. la Reine; Devaux, chef du cabinet du Roi; le général deVillers, aide de camp du Roi, de service; le général comte Van der Straeten-Ponthoz, aide de camp du Roi ; Van Volxem, bourgmestre de Laeken ; le docteur Wimmer, Bockstael, échevin, et Hellebaut, secrétaire communal.
Un détachement de 200 hommes du régiment des grenadiers, commandé par le capitaine Mouliez, formait la haie en présentant les armes sur le passage de ce triste cortège.
Le cercueil du Roi fut déposé à côté de la sépulture préparée au centre de la crypte de la nouvelle église et sur laquelle s'élèvera bientôt un magnifique mausolée.
Cette première partie de la cérémonie étant terminée, le Roi et le comte de Flandre sont retournés à l'ancienne église. A ce moment, les cloches sonnèrent le glas funèbre; le clergé en surplis, et précédé de la croix, sortit de Téglise en chantant le requiem pour procéder à la translation des dépouilles mortelles de feue la reine Louise et de LL. AA. RR.
Le cercueil de la Reine, recouvert d'un drap noir frangé d'or, et celui du duc de Brabant, recouvert d'un drap d'argent d'où se détachait une croix d'or brodée sur un fond de velours noir, étaient également portés par vingt-quatre sousofficiers appartenant aux deux régiments que nous avons désignés plus haut.
Le cercueil de la princesse Stéphanie, recouvert d'un
drap d'agent, était porté par quatre soiis-ofïicier.s des carabiniers.
Le clergé précédait les cercueils.
Lorsque les dépouilles mortelles de la Heiut^ et celles de son petit-fils passèrent devant le Roi, les traits de S. M. révélaient une émotion profonde.
Le Roi, le comte de Flandre et les personnes de leur suite suivaient les cercueils.
Le cercueil de la Reine fut déposé à côté du caveau royal, à gauche de celui du Roi.
Les cercueils du comte de Hainaut et de la princesse furent immédiatement déposés dans les caveaux pratiqués dans la muraille, à gauche de la porte d'entrée.
Dès la veille, le doyen de Laeken, délégué par le cardinal de Malines, avait procédé à la bénédiction de la partie de la crypte destinée aux sépultures catholiques.
Après que le clergé eut récité la prière des morts, le doyen aspergea d*eau bénite le cercueil de la Reine.
Le Roi s'agenouilla pendant quelques instants entre les cercueils renfermant les restes mortels de son père et de sa mère. S. M. se leva ensuite et se dirigea vers le cercueil de son fils, se laissa tomber à genoux et d'abondantes larmes s'échappèrent de ses yeux.
Le clergé remonta dans l'église et récita au pied de l'autel les prières du rituel catholique, en présence du Roi, du comte de Flandre et des personnes qui avaient assisté à cette douloureuse cérémonie.
Ces personnes se rendirent ensuite à la maison communale où, en présence du bourgmestre, de l'échevin et du secrétaire communal revêtus de leur uniforme, il leur fut donné lecture du procès-verbal dont voici le texte :
« Vu la lettre par laquelle M. le comte Van der Straeten- Pouthoz, grand maréchal de la cour, nous informe que S. M.
030 DOCUMKNTS niSToniouF:s
l(î roi L(';opol(l II désire faire procéder jeudi procliain, 20 avril courant, à 7 1/2 lieures du matin, îi l'exliumation des corps des membres décédés de la famille ro\'ale, inhumés dans les caveaux de la chapelle Sainte-Barbe, en l'ancienne éj^lise de Notre-Dame, à Laeken, pour être transférés dans la crypte de l'église monumentale érigée à la mémoire de la reine Louise ;
Vu le décret du 23 prairial an XII, art. 17, ainsi conçu :
« Les autorités locales sont spécialement chargées de maintenir l'exécution des lois et règlements qui prohibent les exhumations non autorisées... »;
Vu le règlement communal du 23 juin 1864, modifié le 20 janvier et le 10 mars 1874, pris pour notification par la députation permanente du conseil provincial ;
Autorise l'exhumation et la translation des restes mortels de :
LÉOPOLD P"", Georges-Chrétien-Frédéric, roi des Belges, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, décédé à Laeken le 10 décembre 1865, inhumé le 16 du même mois;
Louise-Marie, Thérèse-Caroline-lsabelle, reine des Belges, princesse d'Orléans, décédée à Ostende, le 11 octobre 1850, inhumée à Laeken, le 18 du même mois;
LÉopoLD, Ferdinand-Elie-Victor-Albert-Marie, duc de Brabant, comte de Hainaut, prince royal, décédé à Laeken, le 22 janvier, inhumé le 25 du même mois ;
Joséphine, Caroline-Marie-Albertine, comtesse de Flandre, décédée à Bruxelles.
Il sera procédé par nous-mêmes, assisté du secrétaire communal, à l'exécution du présent arrêt, selon les règles prescrites.
Fait à la maison communale de Laeken, le 18 avril 1876.
Le Bourgmestre, (Signé) Jules Van Volxem. d
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« L'an 1876, le 20 du mois d'avril, à 7 1/2 heures du matin, en présence de S. M. Léopold II, roi des Bel^^es; de S. A. R. le comte de Flandre et des personnes ci-après désig-nées par Sa Majesté :
MM. Théophile De Lantsheere, ministre de la justice, membre de la Chambre des représentants, accompag-né de M. J. Putzeys, secrétaire g-énéral; comte de Lannoy, grand maître de la maison de S. M. la reine; Jules-Paul Devaux, chef de cabinet du Roi, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire ; de Villers, lieutenant général, aide de camp du Roi, de service, commandeur de l'Ordre de Léopold ; comte Van der Straeten-Ponthoz, général-major, aide de camp du Roi, écuyer d'honneur de S. M. la reine; Donny, capitainecommandant d'artillerie, officier d'ordonnance du Roi ; Chrétien, capitaine des grenadiers, officier d'ordonnance du Roi, de service; comte d'Oultremont, lieutenant des guides, adjudant du palais; baron Van der Straeten de Waillet, lieutenant de cavalerie, officier d'ordonnance de S. A. R. le comte de Flandre, de service; G. Wimmer, docteur en médecine, médecin du Roi, commandeur de l'Ordre de Léopold,
Nous, Jules Van Volxem, bourgmestre de la connnune de Laeken, assisté de M. Emile Hellebaut, secrétaire comnninal, avons fait procéder, en exécution de notre arrêté du 18 de ce mois, à l'exhumation des restes mortels des membres ciaprès de la famille royale :
1'* LÉOPOLD I", roi des Belges, inhumé dans un caveau près de la chapelle Sainte-Barbe en l'ancienne église de Laeken ;
— le corps est enfermé dans un cercueil rectangulaire en bois de chêne noirci, recouvert d'ornements d'argent et garni de têtes de lion, de lames d'argent et de vis à tête argentée;
2" Louise, reine des Belges, inhumée dans le même caveau;
— le corps est enfermé dans un cercueil en plomb dont le couvercle, surmonté de quatre poignées, est arqué dans le sens de la largeur ;
038 docu.mF':nts mistcjuiql'ks
3" Lkopoli), duc (l(î Brîil)aiit, ])rincti royal, dont ht corps repose sous un cîitafjil(|U(i placé au centre de hidite chapell(î Sainte-Barbe; — le cercueil en plomb et de forme rectang-ulaire à quatre poig-nées sur les côtés, il porte au-dessus les noms et les titres du défunt;
4" Joséphine-Marie, cx^mtesse de Flandre, dont le corps est enfermé dans un cercueil de môme métal et de la môme forme que le précédent; il est placé devant Tautel.
Après avoir constaté que lesdits cercueils se trouvaient en parfait état de conservation, ils ont été transportés aux endroits ci-après désignés :
Ceux du Roi et de la Reine dans le soubassement du mausolée placé au centre de la crypte de la nouvelle église de Notre-Dame; ceux du prince et de la princesse dans deux niches contiguës et touchant le mur de Tescalier ayant vue sur le cimetière.
Lesdits caveaux ont été dallés et scellés en présence de S. M. Léopold II, roi des Belges, et de S. A. R. le comte de Flandre.
Etaient également présents, outre les ministres et dignitaires cités, MM. E. Bockstael, échevin; J. De Schryver, échevin et major commandant la garde civique de Laeken, lesquels sont intervenus pour satisfaire à l'article 1" de Tordonnance sur les exhumations.
De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal, revêtu de la signature des personnes qualifiées ci-dessus, de nous, bourgmestre, et du secrétaire communal.
Des expéditions du présent seront transmises à M. le ministre de la justice pour les archives de l'État et à M. le grand maréchal du palais pour les archives de la maison royale. »