‹ Léopold II, roi des belges, chef de l'Etat indépendant du CongoChapitre 56 sur 87 · SANCTION DES PUISSANCES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

SANCTION DES PUISSANCES ÉTRANGÈRES

Ainsi se sont terminées les délibérations du Parlement, en ce qui concerne la reconnaissance, par la Belgique, du nouvel Etat fondé en Afrique par F Association internationale du Congo, et Tautorisation donnée à S. M, Léopold II d'être le Chef de cet État.

Les Puissances, représentées à la Conférence de Berlin, n'ont pas tardé à ratifier les décisions prises à cet égard par leurs délégués. Toutes semblent s'être inspirées des conclusions du remarquable Rapport lu par M. Steeg à la Commission parlementaire de la Chambre des Députés de France, chargée d'examiner l'Acte de la Conférence de Berlin.

Le rapport de M. Steeg conclut ainsi :

« Cette Œuvre de l'Ouest africain, les articles de l'Acte de la Conférence de Berlin, et les Conventions qui sont soumises l'achèvent et la consolident.

» Ces Traités nous assurent tout ensemble la paix, en écartant de ces régions les principales causes de conflits internationaux, la liberté commerciale un instant menacée, la libre navigation sur les grands cours d'eau de l'Afrique centrale, et la reconnaissance officielle de notre pleine et entière souveraineté sur les territoires où la mission de M. de Brazza a planté notre drapeau.

» A ces avantages particuliers, nous pouvons joindre les

progrès d'ordre gënëral accomplis ou constatés par la Conférence; le principe de la liberté du commerce et de navigation entrant de plus en plus dans les lois internationales, l'idée de neutralité, de médiation et d'arbitrage prenant de plus en plus possession des esprits et s'affirmant dans un document de cette haute valeur; la condamnation universelle de la traite des noirs, le souci des intérêts des populations indigènes, de l'amélioration de leur condition matérielle et morale, la proclamation éclatante, par l'aéropage des principales Puissances civilisées du monde, de l'égalité de tous les cultes, de la tolérance religieuse, et de la liberté de cette science. Ce sont là des conquêtes de l'esprit de justice, de liberté et de progrès qu'il est bon d'enregistrer, et auxquelles vous n'hésiterez pas à donner l'adhésion de la France. »

La Question du Congo peut donc être considérée comme définitivement résolue, et les Puissances doivent s'en féliciter, car, en dehors des intérêts matériels que chacune d'elles pourra en retirer, le but humanitaire de l'Œuvre africaine étant de porter sur ces rives lointaines les bienfaits et les progrès de la civilisation européenne, le monde entier ne peut que l'approuver et l'applaudir.

A titre de complément, il convient d'ajouter que M. le Prince de Caraman, Ministre des Affaires Etrangères de Belgique, a fait connaître officiellement, par la voix du Moniteur, du i5 août i885, que « le Roi avait notifié à ses » Ministres que les possessions de l'Association internatio- » nale africaine formeront désormais l'Etat indépendant du » Congo, et qu'en vertu de l'autorisation des Chambres, et » d'accord avec l'Association, Sa Majesté a pris le titre de : » Souverain de l'Etat indépendant du Congo. »

Semblable notification a également été faite aux Puissances étrangères.

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