AMI I>E M. M A LA H US
dernière fois l'aventure en 1 après Faillirai Liîlke eL Paclitusôw» déclare hautement que cet océan n'est qu'une « simple glacière» aussi impraticable aux navires que peut l'être un continent.
— Il faut donc renoncer sans retour au passage nord-est?
— C'est du moins la conclusion qui semble résulter de ces tentatives si nombreuses et toujours impuissantes. On dit pourtant que notre grand voyageur Nordonskiold songe à renouveler Fen- I reprise, après s'y être préparé par des exploralions partielles dans les mers arctiques. Si le fait est vrai, c'est que la chose lui paraît réalisable. Et si telle est sou opinion, il est assez compétent pour qu'on le prenne au sérieux. »
Le docteur Schwaryencrona se trouvait être un des chauds admirateurs de Nordenskiold ; c'est pourquoi il avait mis l'entretien sur le passage nord-est. Aussi fut-il ravi de la netteté de ces réponses.
Son regard s'était fixé sur Erik Hcrscbom avec l'expression du plus vif intérêt.
« Où avez-vous donc appris toutes ces choses, mou enfant? lui demanda-t-il, après un assez long silence.
— Ici, monsieur le docleur, répondit Erik, surpris de la question.
— Vous n'avez jamais appartenu à aucune autre école ?
— Assurément non.
L 1 ÉPAVE DU CYNTH1A.
— M. Malarius a le droit d'être fier de vous ! reprit le docteur eu se retournant vers le maître.
— Je suis très content d'Erik, dit celui-ci. Il y a bientôt huit ans qu'il est mon élève, car je l'ai eu tout petit, et il a toujours été le premier de sa section. »
Le docteur était retombé dans son silence. Ses yeux perçants restaient attachés sur Erik avec une intensité singulière. Il semblait poursuivre la solution d'un problème qu'il ne jugea pas à propos d'énoncer à haute voix.
« Il n'est pas possible de mieux répondre à mes questions, et je crois inutile de poursuivre cet examen! dit-il enfin. Je ne retarderai donc pas votre congé, mes enfants, et, puisque M. Malarius le veut bien, nous eu resterons là pour aujourd'hui. »
A ces mots, le maître frappa dans ses mains.
Tous les élèves se levèrent à la fois, rassemblèrent leurs livres et vinrent se ranger sur quatre lignes dans l'espace vide en avant des bancs.
M. Malarius frappa une seconde fois dans ses mains. La colonne se mit en marche et sortit en marquanL le pas avec une précision toute militaire.
Un troisième signal, et l'école, rompant les rangs, prit son vol avec des cris joyeux. En quelques secondes, elle se fut éparpillée autour des eaux bleues du fiord, où Noroë mire ses toits de gazon.