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de l'esprit qu'aux fatigues des mines, se résignent, par nécessité, à exercer certaines professions peu en rapport avec leur position primitive. Là c'est un avocat qui se fait cuisinier, ici un médecin qui est garcon de barre ou de café, ailleurs ce sont des premiers clercs d'avoués qui sont blanchisseurs ou garcons de bain , tel autre, ancien notaire, est commissionnaire ou jardinier, etc., etc. Heureux souvent celui qui trouve à s'employer ainsi, ou qui peut se créer une industrie quelconque. Ces victimes de l'émigration qui seraient les plus capables de recueillir des objets d'histoire naturelle et de faire des observations scientifiques, sont confinés dans les villes, où ils gagnent plus ou moins péniblement leur salaire et n’ont pas de loisirs. On ne peut donc pas compter sur leur concours. Quant aux chercheurs d’or qui sont sur les placers, ils n'ont qu'un but, et ce n'est certes pas d'étudier l'histoire naturelle.
Il est donc heureux pour la science que nous cultivons, qu'il se soit trouvé parmi les premiers un amateur passionné de l’entomologie, notre ancien collègue, M. Lorquin, qui ait eu le courage de s'imposer toutes sortes de privations pour amasser, avec des peines infinies, soit sur les placers, dans les premiers mois de son séjour, soit dans les excursions qu’il a faites dans les montagnes, la précieuse collection d'insectes de tous les ordres qu'il vient d'envoyer en France. Grâce au dévoûment de cet entomologue, nous aurons maintenant une sorte de specimen de la faune de cette intéressante partie du globe, dent jusqu'ici nous n'avions qu'une faible idée par les insectes rapportés par feu Eschscholtz qui, lors de son voyage dans l'Amérique russe, il y a environ vingt-cinq ans, avait visité la côte nord-ouest de la Californie, et
plus récemment par ceux que nous à fait connaitre M. Doubleday, et qui ont été recueillis par un naturaliste anglais, qui, peu de temps avant qu'il ne fût question des mines d’or, avait exploré les environs de San Francisco et une petite portion des montagnes rocheuses.
Les insectes de la Californie n'ont pas les couleurs splendides de ceux des régions inter-tropicales de l'Amérique, leur parure modeste les rapproche beaucoup, au contraire, de nos espèces européennes, et on peut dire qu'ils font le passage entre ces derniers et ceux de l’'Amérique septentrionale. Pour les Lépidoptères, le seul ordre dont il soit ici question, presque loutes les espèces se rapportent à des genres européens, et quelques-unes inême sont identiques avec celles de notre continent. Ce nest pas sans quelque surprise que l’on voit que les genres Parnassius et Limenitis, que l'on croyait tout à fait étrangers à l'Amérique, se retrouvent dans la partie nord de la Californie. Mais c'esten vain que l'on espérerait ÿ rencontrer des espèces appartenant à ces groupes amé ricains si tranchés : comme, par exemple, les Erycinides, les Héliconides, Îles Leptalis, les Euterpe, les Catagramma, les Cybdelis, les Heterochroa, les Morphides, les Castnies, etc. Nous devons dire cependant que la Danais archippe, qui vit sur les Æsclepias, depuis New-York jusqu'au Paraguay, habite aussi les environs du Sacramento, et que la Vanessa Carye, du Chili, remonte tout le long de la côte occidentale de l'Amérique jusqu’à San Francisco, où elle se trouve assez abondamment, en compagnie de deux espèces très voisines, Cardui et Huntera.
En Earope, nous avons certains genres dont les espèces produisent des individus nombreux, et que l’on rencontre
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un peu partout, tels que Melitwa, Argynnis, Lycwna, Thecla, Satyrus, Syrichtus, Hesperia; il en est de même en Californie, et les espèces, quoiques diflérentes, ont les mêmes habitudes. Les Zimenitis ressemblent beaucoup aux nôtres par leurs mœurs, et doivent vivre de même sur quelques arbustes de la famille des Chévrefeuilles. Dans toutes les parties découvertes et sablonneuses où la végétation est à peu près nulle, on ne voit rien voler, si ce n'est quelque Coliade égarée. Le bord des rivières, le voisinage des bois, les montagnes herbeuses et les lieux où il y a un commencement de culture, sont les seuls endroits où notre ex-collègue ait pris des Lépidoptères.
L'impossibilité où s'est trouvé M. Lorquin d'élever des chenilles à San Francisco et sur les placers, ou pendant ses excursions dans les montagnes de la Juba et du nord de la Californie, nous empêche d'étendre ces quelques mots de généralités aux Hétérocères, faute de matériaux suflisants. Toutes les espèces mentionnées dans cet opuscule ont été recueillies par M.Lorquin, à l'exception de cinq à six, qui nous ont été données par M. Doubleday. Nous pensons que les personnes qui étudient scientifiquement la lépidoptérologie nous sauront quelque oré de cette publication, qui a pour but de leur faire connaître des espèces d'autant plus intéressantes qu’elles forment un chaïnon entre celles de la Sibérie et celles de l'Amérique du nord. Nous espérons aussi que, par amour de la science, M. Lorquin voudra bien encore continuer à nous faire connaître les espèces qui ont pu échapper à ses premiéres investigations.
RHOPALOCÈRES.
PAPILLONIDES.