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SIXIÈME FASCICULE

PARASIA LITIGIOSELLA, Mill.— Le Naturaliste, n° 18, 15 Décembre 1879. — (PI. VIII, fig. 1.)

Envergure : 13 à 14". C’est à la suite de l’Aspretella, Led. qu'on devra la placer. Elle a sa coupe d’ailes, son envergure, et un peu les tâches des ailes supérieures. Celles-ci sont relativement allongées, droites à la côte et au bord interne, très aiguës à l’apex avec le fond blanchâtre lavé de roussâtre par places. Il existe sur la seconde partie des ailes antérieures, deux tâches brunes : l’une partant de l’apex et joignant l’autre tâche; celle-ci triangulaire, avec l’une de ses pointes plus longue que les autres et disposée dans le sens du thorax. Les secondes ailes sont, ainsi que les franges, uniformément d’un gris foncé. La tête, le thorax et l’abdomen sont d’un blanchâtre lavé d’ocreux.

La Parasia Laitigiosella vole en juin sur les terrains incultes et pierreux de mon voisinage, à Cannes, parmi les Asteriscus Spinosus.

Une fois, à la haute montagne, elle a été capturée au réflecteur.

NACLIA PUNCTATA, F. (Var. Ochrea, Mill.) Catalogue des Lépid. des Alpes-Maritimes, p. 391.

(Pl. VII, fig. 2.)

On a cru jusqu’à ce jour que la chenille de cette espèce se nourrit uniquement de lichens ; cela n’est pas ; j'en ai acquis

= de

la preuve par la manière dont j'ai élevé la Punctata obtenue ab ovo.

Pendant les premiers mois, cette chenille a mangé, en captivité, plus volontiers les fleurs de diverses espèces de plantes herbacées et ligneuses, que plusieurs sortes de lichens qui lui ont été présentés en même temps.

Ce sont les fleurs du Rosmarinum officinalis dont elle s’est exclusivement nourrie pendant les deux mois qui ont précédé sa transformation en chrysalide, laquelle a eu lieu vers la fin de mai, après être restée neuf mois en chenille.

A Saint-Martin-Lantosque, sur le chemin qui conduit du bourg à Venançon, la VNackia, Var. Ochrea paraît remplacer le type ; celui-ci, toutefois, n’a pas été observé encore dans la vallée de la Vésubie. Cette variété constante vole en juillet et août, plutôt sur les pentes rocheuses les plus escarpées et les plus chaudes, qu'aux lieux frais et herbus.

L'Ochrea se distingue de l’espèce ordinaire par la couleur des taches aux ailes supérieures, lesquelles, au lieu d’être blanchâtres, sont d’une couleur ocreuse très prononcée. Il en est de même des inférieures et de l’abdomen, qui participent du ton chaud des premières ailes.

Obs. La chenille de cette variété constante semble ne pas différer de celle du type figuré : Icon. I., 5° liv. pl. 4.

ADELA ASKOLDELLA, Mill. — Le Naturaliste, n° 18, 15 décembre 1879. — (PI. VIII, fig. 3.)

Envergure : d, 14”.

Si cette nouvelle venue n’est pas, avec sa modeste parure, la plus remarquable parmi ses brillantes congénères, elle ne sera nullement déplacée parmi elles.

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Les quatre ailes d’Askoldella (1) sont allongées, luisantes etne possèdent qu'imparfaitement l’éclat métallique bronzé qui caractérise d’une manière si remarquable toutes les autres Adela européennes qui ont été publiées. Les supérieures présentent, sur fond blanc, un fin sablé noir régulier ; elles sont traversées vers le centre, par deux raies un peu ceintrées qui se touchent : l’une noire et l’autre blanche. L’apex est faiblement mordoré. Les ailes inférieures sont blanches et enfumées à l’apex. Le dessous est d’un mordoré obscur, et la double ligne transversale des supérieures est à peine indiquée en plus clair que le fond. Les antennes très développées ont quatre à cinq fois la longueur du corps; elles présentent une faible nodosité à la base. Les pattes sont noires et annelées de blanc.

L’espèce vole en juillet.

Cabinet Oberthur frères : plusieurs exemplaires des deux sexes. Mon cabinet : une © très bien conservée et que je tiens de l’obligeance de mon ami, M. Ch. Oberthur.

STENIA SIBIRIALIS, Mill. — Le Naturaliste, n° 18, 15 Décembre 1879. — (PI. VII, fig. 4.)

Envergure : 16 à 17". Cette espèce devrait peut-être, à.

cause de la forme de ses antennes, ne pas être comprise, dans le genre Stenia de M. Guenée, mais je ne l’en séparerai pas ; un nouveau genre ne me paraissant pas indispensable dans ce cas.

Par la coupe des quatre ailes, la disposition des lignes transversales et la teinte générale de l’insecte, c’est avec les Stenia Ophialis et Carnealis qu’elle a certains rapports.

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(1) En souvenir de l’île Askold, patrie de cette Adeta,

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Cette nouvelle Sfenia est caractérisée par de grandes taches semi-diaphanes, d’un blanc nacré, sur chaque aile. Ces taches reposent sur un fond brun clair, et sont ainsi disposées : deux taches carrées limitées par un liseré noir, occupent le milieu des supérieures ; la côte est largement -teintée de roussâtre dans sa plus grande moitié. Aux inférieures, les deux taches blanches occuperaient les deux premiers tiers de l'aile, si elles n'étaient coupées par un trait brun transversal. La tête est blanche, le thorax est grêle et participe de la couleur générale de l’insecte. L’abdomen est long, effilé, blanc et annelé de brun. Les antennes sont longues, filiformes, jaunâtres et présentent vers leur milieu une nodosité allongée très caractéristique.

Les quatre ailes en dessous rappellent le dessus, mais elles sont plus pâles. Les pattes sont blanches et les inférieures pourvues de deux paires de tarses.

La ® ressemble au ©.

Juillet, août. Ile Askold (Sibérie orientale).

Cabinet Oberthur frères : plusieurs exemplaires d'et ©. Mon cabinet : deux exemplaires et © , que jetiens de l’extrême obligeance de MM. Oberthur.

Description de trois variétés constantes de la Spilosama Fuliginosa, L. :

Var. Placida, Friv.

Var. Fervida, Sigr.

Var. Subnigra, Mill.

(PL. VIII, fig. 5, 6 et 7.)

Le genre Spilosoma de l’anglais Stephens (Arctia, Bdv.) est relativement restreint en espèces européennes ; cependant quelques unes de ces dernières comptent plusieurs variétés et sous-variétés constantes. Les Spilosama, plus particuliè-

rement dans ce cas, sont : la Fuliginosa, L., la Lubricipeda, Esp. et la Menthastri, Esp.

Aujourd’hui je ne parlerai que de trois variétés de Fuliginosa, au nombre desquelles je comprendrai la Placida, Friv., car je ne puis voir en cette prétendue espèce qu’une aberration locale du type.

Pour qu’on juge mieux de ce qw’est cette rare Placida, je la figure en regard de deux autres variétés constantes qui mieux peut-être, autant toutefois que celle-là, mériteraient l’honneur d’être érigées en espèces distinctes.

La Spilosoma Placida du D' Frivaldszky, se distinguerait à peine de la Æwliginosa type, n’était le petit point rouge qui surmonte la tache cellulaire noire placée sur les ailes supérieures. L’envergure de Placida est grande, il est vrai, mais ce développement des ailes, on le remarque quelquefois chez les Fuliginosa ordinaires, dont Placida présente la même coupe d’ailes et la même coloration générale. (1)

Cette race appartient à la Turquie et à l’Asie mineure, mais rien ne me surprendrait de la rencontrer dans nos montagnes provençales si peu connues des lépidoptérologues.

Obs. Mes prévisions à l'égard de cette variété constante semblent aujourd’hui se confirmer, en partie toutefois. Le 21 août 1880, à neuf heures du soir, un beau de Placida, Ster. a été capturé à mon réflecteur de Saint-Martin-Lantosque. Cependant je dois dire que si, chez ce sujet, l’un des deux points de l'aile antérieure est d’un rouge vif aussi

(1) Le Dr. Staudinger, dans un récent travail, publié en Allemagne, parle longuement de certains caractères constants chez Placida élevée par lui de chenille ; mais tout cela, selon moi, n’est pas suffisant pour reconnaître en cette Spilosome, de taille remarquable il est vrai, autre chose qu'une race ou varièté locale de S, Fuliginosa.

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prononcé que chez la Placida de Turquie, les secondes ailes rappellent le type par ses larges taches noires et, les antennes sont grises et non pas noires ainsi qu'on le voit chez la Var. Placida.

Laissant de côté l’aberration Borealhs, Stgr. (1) « minor, obscurior, al. post. nigris, exc. marg. int., » je citerai les variétés Fervida, Stgr. et Subnigra, Mill. lesquelles, jugées comparativement, sont très opposées l’une à l’autre, soit par la coupe d’ailes, soit par l’envergure, soit par la couleur générale.

La Fervida est, aux premières ailes, d’un rouge minium, avec le double point cellulaire assez petit. Les ailes inférieures sont d’un rouge pâle, marquées de taches marginales noires toujours petites « major dilutior, al. ant. rufescent., al. post. miniaceis mac. paucis nigris. » Stgr. p. 99. Le thorax et l’abdomen rappellent ceux du type.

Cette race n’est pas rare sur le littoral méditerranéen et dans nos montagnes à mille mètres d’altitude environ.

La Subnigra, fig. T, est, peut-être, la plus remarquable de ces trois variétés ; soit par sa coupe d’ailes très aiguës à l’apex, soit par sa couleur d’un brun marron foncé aux supérieures, soit enfin par l’étroitesse de la subterminale noire des inférieures.

Cette Var. Subnigra est, ainsi que le type, assez rare à Cannes où je la prends au réflecteur. (2) Elle paraît ne pas exister à la montagne où cependant le type et la Var. Fervida qui se montrent deux fois en été, à Saint-Martin-Lantosque, sont fort abondants. |

(1) Indiquée de Laponie; elle existe abondamment dans nos Alpes maritimes.

(2) Elle m'a semblé plus particuliérement commune dans l'Ariège, et aussi à Amélie-les-Bains où, en 1864, je l'ai obtenue ex larva.

La chenille de la seconde génération passe l'hiver parvenue à sa taille, mais elle ne se transforme en chrysalide qu’au premier printemps.

DEPRESSARIA ERYNGIELLA, Mill. (sp. nov.) (PI. VIII, fig. 8 et 9.)

Elle a l’envergure de la Cervicella HS. fig. 431-432, V. p. 130; maiselle s’en éloigne par la disposition des lignes et par la teinte générale.

Envergure : 19 à 20". Cette nouvelle Depressaria a les ailes supérieures d’un brun ferrugineux, avec une grande tache noire à la base de l’aile, caractère qui manque absolument chez la Cervicella. Sur le bord externe et sur la moitié du bord interne existe une rangée de points noirs placés en decà de la frange. Les petits traits interrompus, sur les nervures costale, médiane et sous-médiane, sont noirs et très distincts. Les ailes inférieures sont blanchâtres, avec de larges franges blanches. Les antennes sent brunes, les palpes, le thorax et les pattes, sont d’un gris uniforme.

La chenille d'Eryngiella vit en juin et juillet, à une hauteur d'environ 250", sur un terrain crétacé, aux environs de Gréoulx (Basses-Alpes), aux dépens de l’£ryngium Spina-Aiba, dont elle attaque la feuille en dessous, en soulevant l’épiderme, et où elle demeure abritée pendant le jour.

Cette chenille rappelle par sa forme, sa couleur et sa manière de vivre, celle de la Choreutis Bjerhandrella ; mais cette dernière se comporte autrement que lZryngrella ; elle se tient en dessus de la feuille de la Carlina Acantlifolia, sous une toile blanchâtre.

La chenille de la nouvelle Depressaria est fusiforme, d’un vert très pâle, avec la tête et la plaque du cou d’un testacé jaunâtre. Les points verruqueux sont très petits et bruns. L’Æryngrella vit isolément et se transforme à terre.

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