Contrat. Dogovor. 1841. I
La foule pourra stigmatiser Notre union qu'elle ne comprend pas, Tu pourras, victime des préjugés, Voir se rompre tes liens de famille,
Devant les idoles du monde Je ne fléchirai pas le genou ; Comme toi, je n'ai pour lui Ni de forte haine, ni d'amour.
Comme toi, pris par la joie bruyante, Sans avoir d'égards peur personne, Je me donne au fou comme au sage, Je vis pour mon cœur seul.
Nous ne prisons pas le bonheur d'ici-bas, Nous savons bien ce que valent les gens ; Tous deux, nous ne nous trahissons pas, Et l'on ne saurait nous trahir.
Dans la foule nous nous connûmes ; Nous nous sommes unis pour nous désunir. Notre amour avait été sans joies, Les adieux seront sans chagrin.
Cette pièce, dont le ton de bravade ne surprend pas assurément, mais qui pourrait prêter à des suppositions désobligeantes pour les mœurs de L., est tout simplement un remaniement d'une poésie de jeunesse : A celle qui m'a séduit (Préléstnitsié), I, 139, 1830. (Il avait 16 ans !)