‹ Les 332 victimes de la Commission populaire d'Orange en 1794, d'après les documents officielsChapitre 17 sur 72 · IX. aollan-Collier · texte numérisé non relu

IX. aollan-Collier

Secrétaire en chef de F Accusateur public.

Par décision du 22 prairial (10 juin 94), la Commission populaire nomma Julian-Cottier secrétaire en chef de l'accusateur public, et Delafont secrétaire-commis.

Ce dernier était un ancien employé de l'administration du district d'Uzès ; il changea son nom pour celui plus démocratique de Lafont.

Julian-Cottier était né à Carpentras, le 26 février 1767, de Philippe-Bruno, avocat, et de Marie-Thérèse Reynaud. Il fut

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reçu de bonne heure docteur en droit. Quand la Commission le désigna pour secrétaire, il était à Avignon chargé de la direction des travaux publics. Il était déjà l'ami de Viot, ainsi que l'indique une lettre par trop familière qu'il lui envoya le lendemain de sa nomination : « J'ai reçu avec étonnement, ic mon cher, l'arrêté de la Commission populaire qui me place •« auprès de toi... Adieu, mon cher, je t'embrasse de tout mon € cœur, en attendant de te voir de près pour te tirer les oreil- « les. François Cottier. Tu seras peut-être étonné de trouver « cette signature au lieu de celle que tu connais ; mais depuis « le 12 du courant j'ai déposé le surnom de Julian, et j'ai «r adopté la signature que j'emploie à présent. »

Ses appointements étaient fixés à 300 livres par mois.

D'après son interrogatoire du 3 messidor an III, il était aidé dans ses écritures par Gide et Lafont, d'Uzès, Coste, de Lyon, Guérin, d'Orange, et un autre jeune homme dont il ignore le nom (1).

Après la mort de Robespierre, Cottier fut décrété d'arrestation, conduit à Paris avec les autres membres de la Commission, et mis en jugement avec eux le 25 juin 1796. Les juges du tribunal criminel de Vaucluse, ayant déclaré qu'il n'est pas constant qu'il eût participé méchamment et à dessein prémédité aux crimes et assassinats commis par la Commission, ne le condamnèrent qu'à vingt ans de fers. Le 17 novembre suivant, le tribunal de cassation annula ce jugement et le rendit à la liberté.

Cottier devint un jurisconsulte distingué, que ses confrères aimaient à consulter sur les points les plus épineux de la jurisprudence tant ancienne que moderne. Il est mort à Carpentras le 4 février 1852, laissant par testament à sa paroisse de l'Observance une rente annuelle de 40 francs, destinée à acheter des catéchismes et des chapelets aux enfants pauvres de la première communion.

(1) Ce jeane homme est Laflàoon ou Frédéric Beoet. Tous les deux figareot dans les comptes de la Commission, comme adjoints au secrétaire en chef, aux appointements de 100 livres par mois.

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