‹ Les 332 victimes de la Commission populaire d'Orange en 1794, d'après les documents officielsChapitre 40 sur 72 · VIII. Proeè0-¥ertial a*exéeatlaii de mort · texte numérisé non relu

VIII. Proeè0-¥ertial a*exéeatlaii de mort

Quand enfin le drame sanglant était accompli et que la guillotine avait tranché la dernière tête, Nappier rédigeait son procès-verbal en ces termes.

€ L'an second de la République française, le ,

en exécution du jugement de la Commission populaire établie

à Orange, je, Eustache Nappier, officier ministériel audiencier

de la Commission, soussigné, me suis transporté à la maison

de justice de ladite Commission, pour l'exécution du jugement

rendu par ladite Commission le contre les

nommés N.N. . . qui les condamne à la peine de mort, pour

les causes énoncées audit jugement, et de suite je les ai remis

à l'exécuteur des jugements criminels et à la gendarmerie qui

les ont conduits sur la place de justice de cette commune, où sur

un échafaud dressé sur ladite place, lesdits sus-nommés ont,

en notre présence, subi la peine de mort ; et de tout ce que

dessus ai fait et rédigé le présent procès-verbal pour servir et

valoir ce que de raison, dont acte. »

Signé : Nappier.

Euregistré gratiSy à Orange, le l'an second de la

République française, une et indivisible.

Signé : Brochet.

Le greffier de la Commission envoyait alors à la mairie la note sommaire du jugement rendu par la Commission, et Nappier copie du procès-verbal de l'exécution (N^ VIII). Au vu de ces deux pièces, Potier-Duplessy, officier municipal, chargé de la rédaction des actes civils, couchait sur ses registres le décès des iuppliciés.

« Aujourd'hui (date) , de la 2»" année de la République française une, indivisible et impérissable, à heures du matin, moi Charles-Etienne Potier-Duplessy, officier

ENRCGISTRBMBNT DES d£cKS. 83

municipal et public de cette commune d*Orange, élu le 14 prairial de la présente année pour dresser les actes destinés à constater les naissance, mariage et décès des citoyens, ai, ensuite de renvoi que le citoyen Benêt, greffier de la commission populaire établie en cette commune d'Orange, m'a fait de la note du jugement rendu le du présent mois, qui con-

damne à la peine de mort (nom, prénoms, âge, domicile^ profession du condamné), et de la signification faite à la municipalité par le citoyen Nappier, officier ministériel attaché à ladite Commission, constatant que le dit a été exécuté

le du courant vers les 6 heures du soir, sur la place

de justice de cette dite commune, ai dressé le présent acte. Fait en la maison commune d'Orange, les jour, mois et an

ci-dessus. »

Signé : Potier-Duplessy, officier municipal.

Je dois observer que, du !•' au 27 messidor, les actes cons* tatant l'exécution des victimes sont entièrement manuscrits et intercalés dans les décès naturels au jour le jour ; à dater du 87 messidor, on se servit de formules imprimées et on recommença la série des numéros. On avait fait imprimer des formules pour plusieurs centaines de condamnés ; les 133 derniers seulement y sont enregistrés. On remarque dans ce cahier deux formules signées en blanc ; il pouvait y en avoir un plus grand nombre ainsi signées à l'avance, que l'on a fait disparaître en supprimant les feuilles qui se trouvaient au milieu de ce registre. De même que le greffier du tribunal dressait par avance ses jugements, de même l'officier de l'État civil préparait à l'avance ses actes de décès. Tous rivalisaient d'activité pour le salut de la République.

Le sceau de la Commission populaire était de forme ovale et représentait une femme coiflfëe d'un casque, la main droite appuyée sur un faisceau de licteurs et tenant de la main gauche une pique surmontée du bonnet phrygien ; au bas étaient gravfe ces mots : Mort aux ennemis de la Patrie ; et tout autour : Commission populaire séante à Orange.

Les sceaux des comités de surveillance variaient. Quelquesuns représentaient la République sous la figure d'une femme ; d'autres portaient un ceil ouvert jetant des rayons dans toutes les directions.

84 6NREGISTREMKNT DES DÉCSS.

Toutes les écritures de la Commission populaire étaient faites avec de grandes plumes rouges, ainsi que le prouve la fac^ ture suivante de la veuve Payen, d'Avignon :

« Livré pour le compte de la Commission populaire d'Orange les articles ci-après:

2 rames (papier) cloche fine roulée, à 10 * 20 liv.

Une grande boite plumes d'hortier rouge, des grandes, 13

3 thermidor. Signé : Tabourier

pour la veuve Payen.

Page 1