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US TROIS ALTERNATIVES

Impossible de sortir'de ces trois alternatives :

Un cabinet composé d'illustrations monarchiques.

Un cabinet composé des sommités républicaines.

Un cabinet si simple, grâce au perfectionnement des ehoses, qu'il permette au président de la République de ne subir la loi d'aucun parti et de n'avoir rien à redouter de la majorité.

Mais, dit-on, un tel cabinet n'est pas possible et ne serait pas durable.

Possible I— Deux heures suffiraient pour le ormer.

Durable !— Tous les efforts qu'on tenterait pour le renverser ne serviraient qu'à l'affermir.

En 1836, le National et tous les journaux ligués à sa voix, avaient dit que la Prêêse ne marcherait pas; elle a vu tomber vingt journaux fondés, rédigés ou patronés par MM.

Thiers, Guizot, Louis Blanc, Léon Faucher, Ledru-Rollm, Lamennais, Lamartine, etc., et elle a survécu à tous les coups qui lui ont été portés, môme à celui d'une suppression de quarante-deux Jours. Son tirage dépasse 60 mille exemplaires. C'est le journal dont le prix d'abonnement est le plus faible et qui paie sa rédaction le plus cher, puisqu'en 1849 il dépensera, pour son feuilleton seulement, au moins 150 mille francs. Si cela n'existait pas, on dirait que cela ne peut pas être. Mais cela est. A quoi cela tient-il ?— Cela tient à ce que, pour la prospérité d^un journal comme pour la prospérité d'un gouvernement, et pour l'éclat d'un gouvernement comme pour l'éclat d'un journal, il faut que la politique' soit carrément et largement assise sur un budget rationnel, sur une comptabilité rigoureuse et sur une puissante administration.

Il n'est pas plus difficile de faire vivre un gouvernement que de faire vivre un journal ;

la preuve, c'est que les hommes qui ont passé pour des ministres éminens, ont été impuissans à empêcher de périr les journaux auxquels ils avaient attaché leur nom.

La République du 24 février, acceptée de toutes parts, était aussi facile à faire tenir debout que l'œuf de Christophe Colomb'; mais, au lieu de la poser sur sa base, on Ta posée sur son sommetr De là tout ce monstrueux échafaudage qui est nécessaire pour la soutenir.

0 Washington 1 6 Francklin ! vous qui n'étiez que des hommes de bon sens, si vous pouviez revivre parmi nous, on vous traiterait de faiseurs d'almanachs et de rêveurs, et l'on vous laisserait à la porte de l'Assemblée nationale pour y laisser entrer les beaux discoureurs.

Combien de temps la France consentira-telle à porter le poids si lourd d'impôts si chèrement achetés et si mal employés î

En industrie, quand un système est usé, quand il vous ruine au lieu de vous enrichir, on n'y persiste pas ; on le change jusqu'à ce qu'on ait trouvé le bon.

Pourquoi ne ferait-on pas de môme en politique?

— Oh ! c'est qu'il n'y a rien de commun entre la politique et l'industrie ?

— Comment l Est-ce donc que la politique n'est pas l'art de mettre en mouvement toutes les forces productives d'un peuple, d'utiliser toutes ses ressources, d'accroître ses revenus, d'étendre son crédit, de féconder ses épargnes, de les assurer contre la ruine, et finalement de Fabriter contre la misère ?

Qu'appelez-vous donc la politique ?

DIVISER POIR ADMINISTRER,

Longtemps on a dit, en parlant des hommes :

—Diviterpour régner ; nous disons, nous, en parlant des choses : — Diviter pour administrer.

C'est à ce principe si simple que l'industrie a dû ses progrès ; c'est à ce principe si simple que le gouvernement, parmi nous, devra de pouvoir sortir de l'ornière dans laquelle il verse tous les quinze ans, en appelant cela une révolution.

Quel est le moyen de diviser pour administrer?

Est-ce d'accroître le nombre des ministres î Multiplier les ministres, ce serait multiplier les rivalités, les impuissances, les conflits, les susceptibilités, les v défiances, les tiraillemens, Ips frottemens, les cas de rupture, les déperditions

de force ; ce serait aggraver la difficulté, si grande déjà, de former un cabinet un peu durable, et la nécessité si fâcheuse d'y grossir encore le nombre des médiocrités fatales à tout prestige ; il n'y a donc qu'un moyen de mettre utilement en application ce principe : Diviser pour administrer, c'est de créer deux degrés de responsabilité ; c'est de multiplier les directeurs-généraux , ces diviseurs du travail.

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