CAROLINE, FANNY, ELOMIRE
ELOM1BE.
Eh ! bonjour, mesdames, vous arrivez bien tard , je comptais sur vous de meilleure heure pour causer; j’ai bien des choses h vous dire.
FANKY.
C’est comme nous, nous avons bien de nouvelles à t’ap-
ÉLONIRE.
Je vous écoute, parlez vite.
FANNY
Ali ! d’abord, tu sauras que Victorine , qui était allée donner des représentations en Angleterre , et qui revenait avec une
prendre.
pacotille de guinées, a été prise en route par un corsaire. On dit que le dey d’Alger avant le débarquement en £tait devenu amoureux, mais amoureux comme un Turc, et qu’il l’a prise pour femme... c’est ça qui est heureux!
CAROLINE
Cette chère Elisa qui voulait mourir parce qu’elle avait plus de quarante ans. Eh bien 1 ma bonne, elle vient de donner toute sa fortune.à l’hôpital, et elle s’est faite sœur de la charité. Il fallait qu’elle fût folle...
ÉLOMIRE
Oui, d’uo carabin.
fanny.
Mesdames, tout cela n’est rien auprès du bruit qui court.
élomire. '
Qu’est-ce que c’est?
• . CAROLINE
Un conte. a
EANNY.
/Un conte ?...
ÉLOMIRE
Mais, enfin...
FANNY
Eh bien ! on dit que toutes les femmes mariées vont adresser une pétition à la chambre pour introduire dans le code pénal un article pour réprimer à l’avenir les infidélités des maris.
' * CAROLINE
Hein! est-elle crédule ? elle ajoute foi à toutes les absurdités qu’on s’amuse à lui débiter.
FANNY
Une absurdité?...
ÉLOMIRE
C’est possible ; mais comme ça ne serait pas la première qu’on accueillerait , il lui est bien permis d’avoir peur. Nous pouvons être tranquilles ; comme ce sont les hommes qui font les lois, il n’y a pas de danger que ces messieurs attentent jamais aux privilèges qu’ils ont eu le soin de s’accorder.