ASSEMBLÉE DES ARTISTES DU DESSIN
faire de ces franc-maçonneries, absurdes dans lé domaine de l'intelligence, et dans lesquelles on se met à cent, à deux cents pour ne pas faire ce que , du premier coup, sans s'être associé avec n'importe qui, n'importe quel nouveau venu, ignoré hier, illustre demain, accomplira brusquement, au nez de toutes les associations du monde! » Voilà ce que, naïvement, je répondrais à M. Courbet s'il était poète et s'il s'avisait de m'ofifrir n'importe quel pacte.
Les artistes ont fait mieux encore que je ne ferais : ils n'ont pas répondu du tout ; car on ne peut dire que ce fut réellement une réunion d'artistes français, que cette « as* semblée générale de tous les artistes du dessin, » présidée par M. Gustave Courbet, le 18 avril 1871 , dans le grand amphithéâtre de l'Ecole de médecine. Je connais quelques peintres illustres, je n'en ai vu aucun. Les citoyens Potier et Boulaix avaient été nommés assesseurs. Je lesçn félicite; cette haute distinction pourra servir à fonder leur, renommée, qui avait bon besoin d'une base quelconque. -Y avait-il des sculpteurs du moins? J'ai vu de grandes barbes, des barbes qui m'étaient absolument inconnues. C'étaient peut-être des barbes de sculpteurs. Mais, à défaut d'artistes, que de bavards! Avez- vous remarqué une chose? il. n'y a pas de plus infatigables orateurs que les gens qui ne savent pas ce qu'ils veillent dire. Et les interruptions, les clameurs, les apostrophes, souvent imagées, plus rarement courtoises! C'était un incroyable tohu-bohu.
— Plus de jury !
— Si, si. un jury !
— Réactionnaire!