LXXXVIII
J'étais chez moi, écrivant. Tout-à-ooup une effroyable détonation suivie de cent détonations encore. Les vitre tremblent. Je crois que la maison chancelle. Des détonations encore, toujours ! Urne semble qu'on tire le canon dans mes oreilles. Me voilà dans la rue. Tout le monde court, interroge, s'épouvante. On pense que les Versaillais bombardent Paris de toutes parts. Sur le boulevard on me dit : a C'est'le fort de Vanves qui a sauté» » J'arrive à la place de la Concorde ; des gens vont et viennent, effarés. On ne sait rien. Je lève les yeux. Je vois à une hauteur extraordinaire un nuage opaque. Mais ce n'est pas un nuage. J'essaye encore- de m'informer. Il paraît certain que l'explosion a eu lieu près de l'Ecole militaire, sans doute à la poudrière de Grenelle. Je monte l'avenue des Champs-Elysées. Il y a au loin des crépitements