‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 189 sur 212 · LIGNARDS, BOURGEOIS ET CONCIERGES · texte numérisé non relu

LIGNARDS, BOURGEOIS ET CONCIERGES

tions. Le concierge se frottait les mains et clignait de. l'œil d'un air sournois. Un troisième portier racontait : dis ne respectaient rien. Pendant la bataille ils sont entrés dans ma loge pour piller. Ils voulaient emporter, mes habits, mon linge, tout ce que j'ai. Je leur dism de laisser cela, que oe n'était pas assez bon pour eux,, qu'il fallait aller chez le locataire du premier, qu'ils y trouveraient des pendules, de l'argenterie, et je leur ai donné la clef. Eh bien! Monsieur, vous ne devineriez jamais ce qu'ils ont fait, Les scélérats I ils ont pris, la clef, et ils ont tout pillé chez le locataire.» Mon ami se remit en marche. L'agitation, tout autour de lui, était grande. Les soldats allaient, venaient, sonnaient aux portes, montaient dans les maisons , redescendaient* emmenant des prisonniers pâles. Les habitants souriaient, d'un aisr complaisant, mais un peu inquiet. Çà et là, des cadavres, la tête sur les trottoirs. Un homme qui tirait une voiture à bras fit passer une roue sur un cadavre. « Bahl dit-il, ça ne lui a pas fait de mal. » On es*» portait des morts et des* Massés. D'ailleurs le canon qe cessait pas de gronder. On se battait à peu de distance* aux Tuileries sans doute. Cependant les bourgeois étaient tranquilles et les militaires dédaigneux. Il y avait là un singulier contraste : tous ces bons citadins recommea*çant à sourire, à jaboter, à vivre, et oes soldats paraissant éprouver le plus morne mépris pour ces gens qu'il* venaient de sauver au péril de leur vie. Mon ami arriva au boulevard Haussmann. Là les cadavres étaient trèsnombreux. Il en compta une trentaine sur un espace d$ oeat pas. Il en aperçut aussi quelques-uns sous des portesrcocbèreft. Une femme, morte, était assise sur 1*

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