‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 2 sur 212 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Un Parisien, resté à Paris malgré la Commune, écrivait chaque soir ce qu'il avait vu

et entendu dans la journée. Il guettait les événements, interrogeait les opinions, observait la ville , puis il écrivait. De là un assez grand nombre de feuillets, récits, réflexions, impressions notées à la hâte. Je les ai réunis, et j'en ai fait ce volume. Il eût été possible, d'après ces notes comparées et condensées, de composer un véritable livre ; j'ai préféré publier simplement un Journal. En attendant que le moment soit venu, pour un autre ou pour moi, d'une œuvre définitive, vous trouverez ici une histoire au

— vni —

jour le jour de nos misères, un tableau, retouché à chaque heure, de Paris pendant la Commune, et, çà et là, les pensées d'un esprit sincère et sans parti pris.

30 mai 1871.

Urf*

DE

Que veut dire ceci? où allons-nous î Qui nous mène? D'où vient le vent qui souffle ? Est-ce une tempête qui va tout bouleverser profondément, n'est-ce qu'une rafale soudaine et peu durable ? S'agit-il, en un mot, d'une révolution ou simplement d'une émeute?

Aujourd'hui 18 mars, vers quatre heures du matin, j'ai été réveillé par un bruit de pas nombreux. De ma fenêtre, dans le brouillard terne, entre les maisons closes, j'ai vu passer une escouade de soldats. Ils marchaient lentement, enveloppés dans leurs capotes gprises; quelques-uns rasaient les murs. Il tombait une

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