‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 31 sur 212 · UNE ALARME · texte numérisé non relu

UNE ALARME

d'argent, reçoivent des vivres ou vont manger au compte de la mairie dans un restaurant de la rue des Filles- Saint-Thomas. La soupe, le bœuf, un plat de viande» des légumes, et une bouteille de vin. « Quand les fédérés, dit quelqu'un, sauront que non-seulement on nous paye la solde, mais qu'encore on nous fait dîner comme des princes , ils reviendront tous à nous. »

On est très-décidé à obéir aux maires et aux députés de Paris. On s'étonne seulement de ne pas voir le viceamiral Saisset. Puisqu'il a accepté le commandement, il devrait se montrer. Quelques alarmistes vont jusqu'à insinuer que le vice-amiral hésite encore à organiser la résistance. Mais on ne les écoute pas. En somme , une grande résolution et une certaine confiance. « Nous sommes nombreux, nous sommes dans noire droit, nous triompherons. »

Vers quatre heures, une alarme très-chaude. On crie : Aux armqs ! de toutes parts, le tambour bat , le clairon sonne, les compagnies se groupent. On entend le criccric des fusils à piston déjà chargés, auxquels on ajoute la capsule et dont on fait redescendre le chien. Le moment de la lutte est arrivé. € Nous sommes plus de dix mille hommes bien armés , bien décidés. » Personne ne reculera. La compagnie de mobiles , au pas de course , va renforcer la ligne de gardes nationaux qui défend l'entrée de là rue Vivienne .

La cause de ce tuojulte est un bataillon de Belleville, qui défile sur le boulevard, avec trois pièces de canon.

Queva-t-il se passer ? Arrivés devant la rue Vivienne, les insurgés semblent hésiter, on dirait qu'ils vont faire halte. En un clin d'œil, les boulevards, tout-à-1'heure

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