‹ Les 73 journées de la Commune: du 18 mars au 29 mai 1871Chapitre 91 sur 212 · POURQUOI ELLE EST IMPOSSIBLE · texte numérisé non relu

POURQUOI ELLE EST IMPOSSIBLE

Issue. Ce n'est pas seulement entre la Commune de Paris et l'Assemblée de Versailles qu'il y a un abîme que des cadavres seuls pourront combler : Paris lui-même, à cette heure, j'entends le Paris sincèrement désireux de la paix, n'est plus compris de la France; quelques jours de séparation ont amené d'étranges divorces dans les esprits; On dirait que la capitale ne parle plus la langue du pays : Tombouctou est moins éloigné de Pékin que Versailles n'est éloigné de Paris. Comment espérer, dans de telles conditions, faire cesser le malentendu, cause unique de nos effroyables malheurs? Comment croire que le gouvernement de M. Thiers prêtera l'oreille aux propositions apportées par les membres de V Union républicaine des droits de Paris, parles délégués du commerce parisien, par les missionnaires de la franc-maçonnerie, lorsque ces propositions ont pour but principal d'obtenir l'établissement définitif de la République et la reconnaissance pleine et entière de nos franchises municipales? L'Assemblée nationale en est encore au point où elle en était la veille, du 18 mars; elle méconnaît aujourd'hui, comme elle les méconnaissait alors, les vœux légitimes de la population, et, en outre, elle ne se rend pas compte de ce que le fait de l'émeute triomphante — en dépit d'excès que tout le monde réprouve — a naturellement ajouté de validité à nos justes revendications. Les « communeux » ont tort, mais la Commune, la véritable Commune a raison ; voilà ce que pense Paris, et, malheureusement, cela, Versailles ne veut pas le comprendre; il veut demeurer, quant à la forme du gouvernement, dans le plus puéril des statu quo; il fait une loi municipale, qui sera jugée insuffisante ; et, comme il s'obstine dans des erreurs *-» 8.

188 l'abbaye de cinq-purres.

déjà vieillottes il y a un mois et cacochymes aujourd'hui^ il ne tardera pas à considérer les « conciliateurs », dont les idées ont au contraine progressé de jour en jour, il ne tardera pas à les considérer comme de véritables agents de l'insurrection, et à les mettre, purement et simplement, à la porte.

Cependant le désir de voir cesser la guerre fatricide est si grand, si ardent, si général, que, tout convaincus que nous soyons de l'inutilité de leurs efforts, nous admirons et nous encourageons ceux qui entreprennent avec un courage persistant une pacification improbable. Paris honnête, aujourd'hui, n'a qu'un drapeau, et ce n'est pas le haillon rouge, ni même l'étendard tricolore, o'est le drapeau blanc des parlementaires*

XLIIÏ.

Savez- vous ce que c'est ou plutôt ce que c'était que l'abbaye de Cinq-Pierres? Vous lisez bien, de Cinq- Pierres, et non pas de Saint-Pierre. Gavroche, qui aime le calembourg et parle volontiers argot, avait appelé ainsi un tas de moellons qui se trouvait devant la prison de lu Roquette et sur lequel, les matins d'exécution capitale, on avait coutume de hisser la guillotine. Le bourreau, c'était l'abbé de Cinq-Pierres, car Gavroche est aussi logique qu'ingénieux. Eh bien, l'abbaye n'existe plus, il n'y a pas plus de pierres que sur la main devant la prison de la Roquette. Voilà qui est excellent. Quant à la guillotine elle-même, vous savez ce qu'on en a fait. Ah ! nousl'avoas

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