Déformations artificielles
a) Tatouage. Voir B. 32.
b) Déformations du crâne.
Les déformations crâniennes ne sont pas en usage.
TlLKENS.
c) Déformations du nez, des oreilles, des lèvres.
L'Ababua se perfore les oreilles pour y attacher des objets et des parures, toujours dans le but de plaire, d'être beau.
, TlLKENS.
Le centre du pavillon de l'oreille est troué pour y placer un disque pouvant avoir 5 centimètres de diamètre. Une série de petits trous transpercent l'ourlet extérieur de l'oreille. La femme Ababua à le septum perforé et la lèvre supérieure aussi perforée, si elle veut être réellement jolie. Elle se perfore aussi les ailes du nez. (Pour plus de détails voir Bc 33).
de Calonne, Mouv. Soc. Int.. X (1909), 306-308.
d) Déformations des dents.
L'Ababua lime les deux incisives supérieures et inférieures pour s'embellir la denture, disent-ils.
TlLKENS.
Ababua. Congo. G, 192-194.
Pour être beau, les ababua enlèvent avec un burin par petits coups frappés avec un marteau, des morceaux des deux incisives supérieures et des deux incisives inférieures. Je me suis opposé à la déformation de nos incisives inférieures.
TlSAMBI.
La denture subit également quelques apprêts ; on place la pointe du petit couteau dit sôtié entre les deux incisives supérieures médianes. A l'aide de la hache, maniée comme marteau, en légers coups précis, l'opérateur enlève de petits éclats d'ivoire. Bientôt sur la denture éblouissante se dessine l'incision du Ugada.
L'opération est assez douloureuse, mais la mode a de ces exigences.
Parfois aussi se sont les incisives externes supérieures qui subissent l'opération ; on obtient l'incision dite givângu. D'après certaines déclarations, elle serait d'origine makéré et localisée surtout chez les Mondungwâlé et les Bokiba. Dans le groupe ethnique limitrophe, les Mabinza, on abuse de l'incision, et les deux déformations sont parfois utilisées simultanément (Voir Bl. V, B. fig. 1).
Vers la Likati on note une déformation qui semble d'origine Mobwandi et intéresse toutes les incisives supérieures (Voir. Bl. V, B. fig. 2).
Enfin, répandues dans toute la région; des incisions semblables, mais se reproduisant également sur les incisives inférieures, sont dénommées nzanga.
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 307.
e) Déformations des organes génitaux.
La circoncision est pratiquée.
TlLKENS.
L'ababua est circoncis parce que c'est plus propre; une femme ababua s'éloignerait d'un incirconsis sous prétexte qu'il est sale. Il n'y a pas de déformation des organes sexuels chez la femme.
La circoncision se pratique aussitôt après l'enlèvement du cordon ombilical et par un homme qui est spécialiste en la matière; il forme un successeur.
TlSAMBI.
ABABUA
(Congo.)
G. — Caractères anthropologiques.
a) SOMATIQUES.
194 (suite).
Les classifications admises me font ranger la circoncision parmi ces déformations purement esthétiques. L'indigène assigne à cette opération un but hygiénique. Notons cependant cette remarque que me faisait un gamin fraîchement opéré : u Maintenant les femmes m'aimeront bien. „ Interprétation spéciale de la circoncision non éloignée du sens primitif de la parure.
L'opération se pratique un peu avant l'adolescence, sans que je n'aie pu noter aucune cérémonie spéciale s'y rapportant. Le nouveau circoncis porte pendant quelque temps un vêtement approprié, espèce de cerceau en jonc, duquel pendent des feuilles de bananier effrangées, et qui est suspendu aux épaules par deux cordes. Lorsque la cicatrisation est terminée, ce pagne est abandonné aux branches . d'un arbre, dans les environs du village.
Le groupe mabinza semble avoir pratiqué la circoncision de temps immémorial, ils déclarent que c'est d'eux que les Mobati l'auraient emprunté. D'autre part, chez les Bobwa et les Baieu, elle semble s'être propagée de l'Est à l'Ouest, à partir des groupes voisins des Mangbétu.
Les Mobengé ne s'y soumettent pas encore, les Moganzulu viennent seulement de l'adopter depuis quelques années. Aussi est-ce là un sujet d'interminables plaisanteries indigènes, et deux groupes de porteurs ne peuvent se rencontrer sans se lancer à pleins poumons : " Popoï, epopoï! Non circoncis! „
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 307-308.
Ababua. Congo. G, 194.
ABABUA
(Congo.)
G. — Caractères anthropologiques.
b) Physiologiques.