S. EE
NE .NW.
ABABUA
(Congo.)
A. — Renseignements géographiques
et ethnographiques généraux.
2 (suite).
Les quelques observations que nous renseignons ci-dessus confirment le fait, très souvent énoncé dans le cours de notre travail, de l'irrégularité de la saison des pluies dans le nord, irrégularité marquée par l'absence de mois sans pluie.
L'atténuation qui se produit de décembre à mars se retrouve cependant dans presque toutes les stations de l'hémisphère nord pour lesquelles nous possédons des observations, et il y a notamment lieu de signaler le nombre très restreint de jours de pluie que l'on trouve en janvier.
L'époque des grandes pluies commence en juin et finit en novembre. Les averses sont alors diluviennes, mais de courte durée. Les orages paraissent les accompagner moins souvent que dans les autres points voisins, mais nous présentons cette remarque sous réserve.
Brouillards. — Les brouillards sont fréquents en toute saison; ils sont ordinairement assez intenses et se dissipent vers 8 ou 9 heures.
Lancaster et Meuleman, Climat du Congo, 226.
A Jbemlo:— Latitude 2°38' N. ; longitude 24°15'; altitude 420 mètres. Station fondée en 1890 sur PItimbiri, à 300 mètres de la rivière, sur la rive, déboisée à cette endroit, et à 2 mètres au-dessus du niveau de l'eau; en pays de marécages et de forêts, sur sol assez sablonneux, peu argileux.
Observations d'une valeur relative, par suite de l'exposition défectueuse du thermomètre. Les températures relevées paraissent inférieures, à ce qu'elles devraient être. Faisons donc abstraction des extrêmes, pour ne considérer que la marche générale qui, malgré une élévation de température dans les mois de fortes pluies, ne paraît pas s'accorder avec la période que l'on appelle saison des pluies. Nous trouvons, en effet, un minimum marqué pour avril, mai et juin,
Ababua. Congo. A, 2.
tandis que janvier, le mois le moins pluvieux, dépasse de 0°7 la moyenne annuelle.
La température moyenne mensuelle est, en somme, peu variable. Elle accuse un écart de 3°0, soit la moitié de ce que donnent les observations du bas Congo.
La température moyenne aux heures d'observations a été :
La plus haute. La plus basse. Ecart.
6 heures .... 21°0 17°5 19°3
12 heures .... 28°5 22°1 24°8
18 heures .... 23°3 15°2 20°0
L'écart moyen se trouve ainsi réduit à 3°5 pour 6 heures.
6°4 pour 12 heures et 8°1 pour 18 heures.
Vents. — Les vents dominants viennent du demi-quadrant N. S. en passant par l'E. ; mais l'irrégularité des observations ne permet pas de tirer une conclusion précise des notes qui nous ont été remises.
Pluies. — Ibembo est situé en pleine grande forêt, et malgré son éloignement del'équateur, il ne s'y présente pas de saison sèche. On remarque cependant une diminution des pluies pendant les mois de décembre à mars, correspondant à la période de sécheresse qui devrait exister. En janvier 1897, la diminution est bien marquée ; il n'y a qu'une seule pluie de 23 mm. ; mais pour février et mars, qui ont chacun cinq jours de pluies, nous trouvons respectivement 185 mm. et 164 mm. soit une quantité qui porterait à près de 2 mètres de total de la précipitation annuelle, prise comme moyenne. Ce n'est donc plus là une période de sécheresse. Les pluies ont un maximum marqué pendant les mois d'août à novembre. Le nombre total de journées pluvieuses est de 124, c'est-à-dire sensiblement celui que nous retrouvons dans beaucoup d'autres stations du Haut Congo.
Orages. — Quant aux orages, ils sont, de même que les tornades, assez nombreux, surtout dans les mois de grandes pluies. Ils sont souvent violents et viennent généralement de l'E. et du N. E.
Brouillards. — Les brouillards sont fréquents en toute saison, mais à l'époque où il pleut le moins ils sont de règle le matin. Ils sont souvent très denses. Généralement ils apparaissent après le lever du soleil pour disparaître vers 9 heures au plus tard.
Lancaster et Mecleman, Climat du Congo, 248-249.
ABABUA
et ethnographiques généraux.
2 (suite).
Flore. — The Welle is a weli defined line of végétal life. The banana and oil-palm are seldom found to the north of it; but in the basin of the Mbomu both are found thriving up to Yangu and Sango, in Dar Banda, say up to the 6th parallel of north latitude.
Of économie plants the following are in gênerai cultivation : cassava, banana, plantain, maize, sorghum, millet, tellebun and sésame, yams, sweet patatoes, arachis, tobacco, and in some part, cotton.
Gapenny, Scott. Gêogr. Mag., XV (1889), 314.
Le sol est fertile dans ce bassin, les termites n'y dévastent pas les cultures : la région, à droite du Téli, nourrit d'innombrables troupeaux d'éléphants; la gazelle abonde entre le Téli et le Poko, le territoire de Bacongoï est fameux pour ses buffles; par contre, on y trouve peu le palmier élaïs, à l'exception de la contrée entre le Makongo et le Bomokandi.
Rien n'est plus majestueux que les forêts dont les arbres magnifiques couvrent une grande partie du pays et font place çà et là à quelque plaine herbeuse, à quelque village entouré de ses cultures florissantes. Le maïs, le telaboun, le sorgho, l'arachide, les fèves, les patates, le manioc et le sésame y prospèrent.
Casati, Mouv. Antiesclav., VI (1894), 140,
Le sol est en général très fertile; la liane à caoutchouc se rencontre dans la vallée du Rubi principalement; le pays est plat et fortement boisé, surtout près du Rubi plus loin la forêt s'éclaircit. Verstaeten, Belg. Colon., II (1896), 519 a.
Après avoir traversé le Bomokandi et le Makongo, si l'on pénètre dans la grande forêt ababua, on n'est pas étonné de ne pas rencontrer de palmiers, alors qu'à Bima les palmiers sont aussi nombreux qu'à l'équateur ; à Libokwa, quatre heures de marche au sud de Bima, on ne trouve plus de trace du palmier. Si l'on fait route de Bima à Bomokandi par voie d'eau, on voit des palmiers en quantité dans les
îles et sur la rive gauche, tandis qu'à la rive droite on peut dire que cette espèce n'est pas ou très peu représentée.
Si l'on prend la voie de terre, un jour après avoir quitté Bima on ne voit plus de palmiers, si ce n'est à rai-route (vers Bambe) où il s'étale à profusion pour disparaître encore vers Bomokandi. La seule explication plausible, c'est que l'Uelé s'étendait jadis jusqu'à la limite de la forêt palmifère et que les eaux de l'Uelé ont propagé cette essence.
Si le palmier ne se trouve pas dans la grande forêt des Ababua, en revanche les espèces arborescentes que l'on y rencontre sont de toute beauté. C'est la haute futaie, les arbres à tronc gigantesque, dont la cime atteint souvent 40 à 50 mètres. Ces arbres sont entrelacés par des lianes nombreuses parmi lesquelles celle à caoutchouc prédomine. On trouve aussi l'ireh et des résines de tous genres entre autre le copal ; il y a même l'elemi.
Quel contraste avec le pays des Azande ; là-bas la plaine , ici les arbres qui sont tellement serrés à la partie supérieure que la lumière solaire a de la peine à percer ce toit de verdure sous lequel l'Européen se promène très agréablement à l'époque de la saison sèche. Mais vienne la saison des pluies, toute la forêt s'inonde, les villages construits sur des pentes ou sur des plateaux sont les seuls endroits où l'on est à sec.
Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901), 91a.
Chez les Ababua, au sud de l'Uelé, la banane constitue le fond de la nourriture de cette population.
Les bananes confites, birongo, sont des aliments très précieux que les indigènes conservent pour emporter à la guerre et se sustenter dans les moments de disette. Les bananes confites se conservent indéfiniment. On cultive aussi l'igname, surtout chez les Azande. La patate douce se rencontre un peu partout et constitue aussi une excellente nourriture.
Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901), 101&.
La banane, le manioc et la patate douce ont été introduits dans les régions nilotiques par les troupes de l'État du Congo et actuellement les chefs indigènes ont reçu des ordres pour procéder à ces différentes cultures.
Bauw (De), Belg. Colon., IV (1901), 1016.
ABABUA
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A. — Renseignement géographiques
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Faune. — On rencontre dans les environs de la Bima un petit écureuil dont le pelage est presque noir. Parmi les insectes les plus répandus, il faut citer les mille-pieds, qui atteignent 1 décimètre de longueur, ainsi qu'une autre espèce de mille-pieds, dont les individus, d'un rouge très foncé, sont gros et longs comme un doigt ordinaire.
Deux heures avant que les orages éclatent, ces derniers se traînent sur les endroits les plus élevés du sol; ils montent même sur les murs. A ces moments ils sont tellement nombreux qu'on ne peut se déplacer sans en écraser sous les pieds. Leurs morsures, de même que celles des mille-pieds, sont considérées comme venimeuses par les nègres.
Quand on passe en pirogue à proximité des rives boisées de l'Uelé, on entend quelquefois un froissement de feuilles suivi instantanément d'un bruit produit par un corps qui tombe à l'eau.
Un moment après, on aperçoit à quelques mètres des berges, un serpent qui nage à la façon des anguilles, mais plus lentement. Ce reptile mesure souvent 1 m. 50 de longueur ; sa peau est de couleui bleue foncée sur le dos, et jaune à la région abdominale.
Les indigènes disent que ce serpent se tient habituellement dans les arbres aux bords des rivières, qu'il mord les êtres qui sont à sa portée et qu'il s'enfuit après avoir fait une victime.
Les indigènes le détruisent quand ils en ont l'occasion, ils l'assomment à coups de gaule en évitant de le toucher à la tête, de crainte d'en répandre le venin. Ils le maintiennent ensuite par le cou, sur le sol, à l'aide d'une fourche ou d'un objet quelconque. S'ils ne disposent pas d'un couteau, ils empoignent l'animal et le portent au village où ils lui coupent la tête qu'ils enfouissent à un pied sous terre.
Le reptile est ensuite pendu pour être dépouillé comme un lapin.
Quand le cœur du serpent est détaché des intestins, il continue à battre régulièrement ; il se déplace même dans la paume de la main à chacune de ses pulsations. Si on le coupe ensuite en deux
Ababua. Congo. A, 2.
morceaux ceux-ci ont encore deux contractions, mais la seconde est très faible.
La chair du serpent, dont le goût rappelle assez bien celle de l'anguille, est très appréciée par les nègres.
On rencontre aussi dans les environs de la Bima, un autre petit serpent noir, un peu plus gros que l'orvet.
Près de Djabbir, j'ai vu plusieurs crabes à carapace verte, de la grosseur de ceux que les marchands ambulants vendent dans les villes flamandes.
Parmi les oiseaux aquatiques de l'Uelé, il faut citer comme étant les plus nombreux :
1° De grands échassiers blancs qui vivent en bandes. Ils se tiennent habituellement sur les îlots de sable dans les régions où la rivière a une grande largeur. De loin, on les prendrait pour des moutons.
2° Une autre espèce d'échassiers, au plumage gris foncé, à bec long et fin, se rencontre aussi sur les îles et les îlots sablonneux qui émergent de la rivière aux endroits où elle est très large.
Cet oiseau ne paraît pas vivre en bandes, car on le voit souvent seul.
Son attitude rassurée et quelquefois même indifférente, lors du passage des pirogues dans son voisinage, permet de l'observer de très près.
Avant et après les fortes chaleurs, on le voit arpenter flegmatiquement les bassins, à la recherche de sa pâture.
Au repos, il se tient sur l'une de ses pattes et se rengorge tout en laissant deviner un état d'âme mélancolique. Par moment, on voit son long bec changer lentement de direction, sa tête s'incliner à droite et à gauche, sans doute pour se garder d'un importun aquatique dont les ébats troublent son recueillement. Il peut, lui, ne pas être comme le héron de La Fontaine, car il a toujours du choix dans l'Uelé; aussi le voit-on souvent reprendre sa " méditation „ un instant interrompue. Cependant, il lui arrive de déployer son long cou et, d'un mouvement lent, de happer une proie qu'il avale, hors de l'eau, en faisant des contorsions comme s'il était secoué par des violents hoquets. Malgré le peu de mouvement qu'il fait pour ne pas effaroucher le poisson qu'il convoite, il le manque parfois; alors c'est un réveil subit de tout son être. Il déploie pattes et ailes et, en de grandes enjambées, le cou allongé, le bec rasant la surface de l'eau, il file à la poursuite du poisson, comme s'il avait un gros cas d'honneur à venger.
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Cette chasse ne dure pas longtemps et tourne toujours à l'avantage de l'oiseau pêcheur, lorsque l'eau est peu profonde.
On ne peut s'empêcher de rire quand après une course en zigzag de quelques secondes, ©n voit l'échassier s'arrêter durant un instant, le cou tendu dans la direction du fuyard, puis reprendre subitement son allure placide en se dirigeant vers un autre endroit.
3° Trois espèces de canards habitent également les îles et les îlots de l'Uelé.
Gustin, Mouv. Géogr., XV (1898), 297-298.
Ababua. Congo. A, 2.
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