Causes qui limitent la population
L'infanticide et l'avortement sont en usage, mais blâmés. Les indigènes tuent filles et garçons lorsqu'ils proviennent de liaisons amoureuses avec amant ou concubine.
TlLKENS.
Les enfants, fruits de l'adultère, sont tués.
TlSAMBI.
Les plantes abortives sont connues et employées par les femmes, mais si le mari apprend que son épouse en a fait usage, il considère cette manœuvre comme une marque de mépris pour sa personne. (Voir Ce 85.)
Hotereau, de Haulleville et Maes, Afin. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 101.
L'avortement se produit par des médicaments et des boissons.
Pas plus qu'un Ababua ne connait son âge (il n'est pas rare de voir un vieux bonhomme se donner ingénument dix ans) la femme Ababua ne connait la durée de la gestation. Le plus souvent elle lui assigne de trois à quatre mois.
C'est donc vers le milieu de la grossesse que se pratique l'avortement, d'usage assez fréquent.
Les indigènes donnent à cette pratique des raisons nombreuses, toutes d'ordre plutôt sentimental, que de nature économique. Tantôt c'est une épouse qui désire cacher une faute à son mari absent ou qui l'a délaissée quelque temps. Tantôt, c'est une femme volup-
Ababua. Congo. G, 69
tueuse craignant l'abstinence amoureuse pendant la durée de l'allaitement ; parfois aussi elle ne veut pas enfanter d'un mari qu'elle n'aime pas.
L'avortement ne se pratique jamais avec la complicité du mari. Au contraire, d'après une des déclarations qui m'ont été faites à ce sujet, il semblerait que celui-ci prévenu du crime commis a le droit d'exiger une compensation en couteaux de la part des frères de la coupable.
L'avortement s'obtient en mangeant du mbïlié (céphalophe à dos jaune), quelques poissons (synondontis et anabas), mais surtout par l'absorption de certains emménagogues plus actifs, en même temps qu'on mettra dans l'anus l'extrémité d'une callebasse sur laquelle on a luté un tuyau " mbôlu „ à l'aide duquel on introduit une grande quantité d'eau froide dans le rectum.
Une femme qui veut se préserver des suites de son inconduite se fait sur la cuisse trois incisions en forme de pakka, dans laquelle elle introduit du sang menstruel; si plus tard elle veut redevenir féconde, il lui suffira de rouvrir ses cicatrices et de les laver à grande eau.
On n'y rencontre guère de difformités naturelles, puisque par un usage barbare et inhumain, les enfants nés difformes périssent par la main de leur propre mère. Les adultes le sont par suite d'une blessure ou d'un accident survenu à un âge plus avancé. (Aux environs d'Ibembo.)
Hoof (Mgr Van), Mouv. Antiesclav., XIV (1902), 23.
Les maladies, telle la variole qui a fait et fait encore de terribles ravages. Les guerres entre voisins, aussi.
Périn.
Tant que l'enfant n'est pas sevré, la mère doit s'abstenir de toute relation sexuelle.
de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 361.