Formes du mariage
La femme est consultée et achetée à son père. Le mariage est exogamique. La polygamie est fréquente; certains chefs possèdent plus de cent femmes. Le père décide le mariage suivant le prix d'achat offert par le prétendant : couteaux, chiens, esclaves, lances. La veuve, si elle est jolie, prend ordinairement le frère de son mari comme second époux ; c'est un usage, mais pas une loi.
TlLKENS.
Le père vend sa fille au prétendant qui lui convient et qui se trouve suffisamment solvable, et il est convenable que la fille accepte ce prétendant quel qu'il soit. Elle n'est d'ailleurs pas consultée pour cela, et, souvent même, elle est vendue à son futur mari déjà à l'âge de 5 ou 6 ans. La coutume pour les hommes est de ne pas prendre leurs femmes dans leur village natal.
Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 279.
Des liens de famille relient aussi les diverses tribus entre elles, la coutume étant pour les hommes de ne pas prendre leurs femmes dans le village natal, évitant ainsi la consanguinité qui amènerait la dégénérescence inévitable de la race.
Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII, (1904) 203.
L'Ababua prend sa femme en dehors de son propre village parce que tous les gens d'un même village sont parents.
TlSAMEI.
Quand un homme est mort, ses femmes dansent et si un homme d'un autre village voit parmi ces femmes une qui lui plaît, il peut la demander en mariage.
TlSAMBI.
Ababua. Congo. C, 80.
Un homme libre peut épouser une femme esclave, qui est par ce fait entièrement libérée; l'appeler " Manget „ (esclave) est une insulte très grave. L'enfant provenant d'une union d'esclaves est appelé " botuni „ (classe intermédiaire entre celle de l'homme libre et celle de l'esclave), et peut épouser une jeune fille libre. Aucune distinction ne sera faite entre sa descendance et celle des autres citoyens. (Cf. F. 175.)
Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 87.
Quand on s'enquiert auprès de PAbabua des interdictions relatives au mariage, il vous explique qu'un homme n'épouse pas son enfant ou son ndeko, sa sœur. Sous ce nom, nous avons vu que se rangent non seulement toutes les femmes de la parenté, quel que soit leur degré de parentage, fussent-elles filles d'esclaves étrangers, mais aussi celles d'un certain nombre de parentés voisines, liées à la première par le souvenir d'un ancêtre commun. La scission de ces groupes en fractions nouvelles dépend surtout de la densité de la population. Il peut donc se faire qu'une interdiction exogamique sépare des parents très éloignés. Le degré de parenté le moins éloigné que j'ai pu noter entre mari et femme est le 4e degré (cousins issus de germains).
D'autre part, un homme ne prend pas femme dans son enoko (village et groupe exogamique de la mère) où il est également appelé frère. Gomme il est peu probable que des femmes de la génération de la grand' mère soient encore en âge de se marier au moment de la puberté du petit-fils, cette interdiction entraîne également que le plus proche degré qui n'empêche plus le mariage est le 4e degré.
Le mariage entraîne une série de paiements et remplacements entre le groupe du mari et de la femme, avec les différends inhérents à ces transactions.
Aussi nous constatons que l'Ababua a une tendance à limiter le nombre de groupes exogamiques dans lesquels il se procurera ses femmes, sans toutefois en faire une règle absolue. Chez les Bagbé Mabiako par exemple, dépendant du chef Kwélé, on trouve des femmes d'origine Balissi, Mobalia et Asandé Bandya, cependant, en règle générale, le chef me déclare qu'ils épousent les Boniamé et les Bodzaki. Un Moganzulu Momémé Umbingi me déclare de même : " Nous prenons nos femmes chez le Bongaduma et les Bokiba. „
Il s'ensuit qu'en ne se mariant jamais dans le groupe de la mère le nombre restreint des clans dans lesquels on se marie entraîne un
ABABUA
(COMOO.)