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malade s'est beaucoup amaigri; l'oppression est permanente, le pouls est faible et précipité. A ne s'en rapporter qu'au dire du malade, le phénomène le plus saillant consisterait en douleurs épigastriques, intenses, permanentes, constrictives, exagérées par l'ingestion des aliments. Il croit aussi que depuis quatre à cinq jours, le ballonnement du ventre a subi une décroissance sensible.
A l'entrée, le malade est pâle, amaigri, bien qu'il prétende avoir été toujours maigre. Il est en proie à unc dyspnée assez intense : quarante-huit respirations par minute. La langue est sèche, non fuligineuse ; l’interrogatoire le fatigue et l’essouffle.
Aux poumons, abolition des vibrations aux deux bases, matité, diminution considérable du murmure vé-iculaire, pas de pectoriloquie aphone. La respiration est très rude dans les deux poumons avec quelques ràles surtout à droite. On perçoit çà et là quelques grosses bulles ; la voix et la toux sont relentissantes au sommet droit.
Au cœur : le cœur est rapide mais pas de bruits anormaux, 120 pulsations.
L'’abdomen est ballonné ; la tension abdominale et la douleur généralisée à la pression en empèchent l'examen méthodique.
On obtient par la percussion une sensation de flot à peine perceptible : le liquide n’est pas très abondant : ie changement de position ne modifie que peu les données de la percussion en position normale. Pas de zone de matité. On ne voit pas de circulation complémentaire.
Les fonctions intestinales s'accomplissent avec deux ou trois selles diarrhéiques par jour.
Le malade urine bien, pas d’albuminurie, pas d’ædème des membres inférieurs.
La tempéralure o:cille entre 38°5 et 401.
10 décembre. — Egophonic à la base dreite, souffle, quelques râ'es humides ; pouls, 88.
12 décembre. — Pouls, 110, La température est tombée brus-
quement de 4091 à 35°, à la suite d’un lavement de 2 grammes de créosote, La température remonte un peu ensuite et atteint 36v, nais cette élévation ne se maintient nas. at aujourd'hui elle tombe
à 346. La température de la peau ne parait pas concorder avec la température centrale ; le malade ne se plaint pas du froid. Le ven : tre est tendu, il a été hier légèrement plus douloureux : il est toujours sensible à la pression, surtout à droite.
Le malade est allé à la selle. Le faciès est pâle et présente l'aspect grippé des péritonites. Respiration, 26. Un peu d'œ lèm: des malléoles. Escarre fessière.
Le malade meurt le 12 décembre, dans la nuit.
Aulopsie (ie 14 décembre). — A l'ouverture de l'abdoméu, il s'écoule une assez grande quantité de liquide ascitique Fausses membranes récentes surtout à droite, au niveau du cœcum,
L'intestin ouvert sur toute sa longueur présente une coloration noirätre des plaques de Peyer, surtout au niveau de la partie inférieure de l'intestin grêle. La plupart des plaques sont cicatrisées : l’une d’elles, à quelques centimètres de la valvule, est encore exulcérée, ainsi qu'une autre, assez large, recouvrant circulairement la valvule elle-mème.
Dans l'appendice, il y a de mème une petite ulcération longitudinale en voie de cicatrisation. L'appendice est adhérent à la paroi cœcale.
La veine-porte présente un caillot fibrineux fortement coloré en rouge dans toute son étendue. Le caillot a le volume du pouce et adhère à peu près complètement : on peut faire sourdre cependant du pus en pressant tout aulour. Les branches d'origine sont obstruées, la splénique contient également un caillot adhérent ; les mésentériques sont aussi oblitérées et surtout la mésentérique inférieure. Il est à noter toutefois que les caillots ne se prolongent pas très loin. Au-dessous, les origines veineuses sont libres et ne contiennent que des caillots cruoriques récents. |
Le foie pèse 1,800 grammes. Il est peu augmenté de volume. La face inférieure du diaphragme est lapissée par un amas de fausses membranes donnant l'aspect de tartines de beurre.
On trouve, à la section du foie, une dizaine d'abcès dont le plus gros siège à la partie inférieure du lobe droit. Il a presque Je volume du poing. Les autres varient du volume d'une mandarine
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à celui d’un œuf. Le pus est crémeux, janne et renterme des pe'ites paillettes rouges d'hématoiïdine : son odeur est fétide.
En plus de ces abcès à pus collecté, on trouve quelques petits abcès aréolaires surtout vers la partie moyenne de la face inférieure. Ils renferment un pus épais et plus jaune qui ne s'écoule pas après ia section, Les voies biliaires el la vésicule sont absolu: ment indemnes à l'œil nu.
Poumons. — 1 y à un peu d'épanchement séro-filrinenx dans les deux plèvres, trois quarts de litre environ à droite, uu peu moins abondant à gauche.
Dans les poumons on trouve de la congestion aux bases avec un peu de bronchite.
Cœur. — Le cœur est sain. Pas de caillots, pas de lésions des valvules Poids, 250 grammes.
Reins. — Poids : 180 et 150 grammes, aspect graisseux, dégénérescence assez nelle.
Bale, — 220 grammes. Peu augmentée malgré le caillot de la splénique. Infarctus étendu en longueur sur le bord interne.
Examen baclériologique du pus des abcès du foie (1). — On recueille à l'autopsie du pus d’un des abcès h‘patiques et on enscmence un tube de bouillon ordinaire. Le bouillon se trouble rapidement et à l'examen on constate qu'il a poussé plusieurs microorganismes. On trouve des cocci, des bacilles allongés, et aussi des bacilles assez courts ayant une forme en navet'e avec un espace clair au milieu.
Par cullure sur milieux et sur bouillon phéniqué à 1 p 100 on arrive à isoler un bacille ressemblant au bacille vu dans les eultures impures.
Ce bacille se colore bien par les couleurs habituelles, fuschine, violet de gentiane ; il se décolore par la méthode de Gram.
Il pousse bien dans un milieu lactosé sans production d'acide lacüque, c'est-à-dire ne fait pas fermenter le lactose.
Sir gélatine il liquéfie au bout de quelque temps cette substance
En somme. il s'agit du bacille d'Eberth, la forme, la coloration,
(1) Pratiqué par le docteur Lyonnet.
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les cultures de ce microbe semblent bien le prouver. Un seul point est un peu en désaccord avec cette idée. La gélatine est liquéfiée au bout de quelque temps. Cela est assez difficile à expliquer mais ne peut cependant nous faire rejeter l'idée du bacille typhique.
Il a dù s'agir, en effet, à peu près sûrement, d’un isolement imparfait du bacille tephique. Il est probable que sur les tubes de gélatine, il a poussé en mème temps quelque bacille liquéfiant la gélatine et que l'examen microscopique n’a pu faire découvrir.
OBsERVATION XVIII (Osler. — T'ransuct. of the Assoc. of Amer. phisic., 1897, p. 382.)
Fièvre typhoïde. — Pleurésie purulente. — Péritonite aiguë d’origine appendiculaire. — Pyléphlébite. — Abcès mul-. tiples du foie (1).
I s'agit d'un homme de 39 ans qui, atteint de fièvre typhoïde depuis trois mois présentait une convalescence anormale et trainante. Au cours de celle convalescence il présenta des symptômes de pleurésie purulente gauche et peu de jours après des signes manifestes de pyohémie sans qu'on eût pu noter aucun symptôme hépatique. Dans ses antcédents je n'ai rien (rouvé d’ailleurs du côté du foie, aussi loin que j'ai pu remonter Le malade succomba trois mois après le début de sa fièvre typhoïde à une périlonite aiguë.
A l'autopsie : Le péritoine contenait à peine quelques onces de liquide trouble et présentait uné inflammatlon intense surtout autour de l'appendice. La communication de cet organe avec Île cœæcum était obstruée et sa paroi présentait une perforation ovale. Dans l'intestin grêle près de la valvule iléo-cœcale on consta'ait des ulcérations typhoidiques presque complètement cicatrisées.
(1) Nous n'avons pu retrouver que le résumé de cette très inté-
intéressante observalion.