‹ Les Abcès Sous-Phréniques: D'Origine TraumatiqueChapitre 6 sur 23 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Personnelle)

B. b., soldat au 52e bataillon de chasseurs à pied, âgé de 28 ans, entre à l'hôpital de Lavault Sainte-Anne le 5 septembre 1914 pour une plaie par éclat d’obus survenue quatre jours auparavant.

A l'examen du llessé, on constate l’existence d’une plaie siégeant à droite au niveau du 8 espace imtercostal. Par cette plaie un mélange d’air et de sang sort à chaque mouvement respiratoire. L’examen de la poitrine montre tous les signes d’un pyo-pneumothorax droit : sonorité exagérée dans toute la partie supérieure du thorax avec souffle amphorique. Audessous zone de matité complète descendant très bas et se continuant avec la matité du foie qui est très abaissé. Dans toute la zone mate il n’y a ni souffle ni murmure vésiculaire, ni vibrations thoraciques. En agitant le malade on constate aisément à l’auscultation un clapotement et de la succussion hipocratique.

La partie supérieure de l’hypocondre droit est douloureuse et, à ce niveau, la paroi abdominale fortement contracturée.

La température atteint le soir de l'entrée 389,2 et le pouls

Le lendemain 6 septembre, la température est à 380,5, le pouls à 120 ; on constate qu’un écoulement purulent assez abondant se fait par la plaie qui est élargie et drainée.

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Après une amélioration durant 48 heures, l’état du malade s'aggrave ; la température atteint 40, le pouls 130 ; l’hypocondre droit devient très douloureux et par la plaie thoracique s'écoule un mélange de pus et de matières fécales.

Le 9 septembre, large ouverture de la paroi thoracique au niveau du 8€ espace intercostal : l’ouverture pleurale donne issue à une assez grande quantité de pus mélangé de matières fécales. On enfonce un très gros drain qui plongé jusque dans l'abdomen à travers une perforation du diaphragme. L’intervention est suivie d’une légère amélioration. Mais très rapidement l’état du blessé s'aggrave ; il y a de grandes oscillations thermiques pendant quatre jours ; le malade succombe le 15 septembre.

A lautopsie, on constate l’existence d’un foyer purulent occupant l’espace sous-phrénique droit et communiquant avec la cavité pleurale par une perforation du diaphragme où avait été passé le drain. L’abcès se prolongeait en bas jusqu’au niveau de Pangle droit du colon qui avait été perforé par éclat d’obus. Autour de cette perforation de nombreuses adhérences isolaient du reste du péritoine une sorte de couloir remontant jusqu’au-dessus du foie.

OBSERVATION IT (Personnelle)

V. E., canonnier au 9 régiment d'artillerie, âgé de 22 ans, entré à l’hôpital de Lavault Sainte-Anne le 5 séptembre 1914 pour une plaie thoracique reçue cinq jours auparavant.

À Pexamen, on trouve une plaie irrégulière siégeant au niveau du 9% espace intercostal gauche un peu en arrière de la ligne axillaire moyenne. Par cette plaie se fait un écoulement purulent très abondant et de plus de l’air mélangé de pus et

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de sang sort à chaque mouvement respiratoire un peu violent.

L’examen montre surtout des signes de pneumothorax : presque toute l’étendue du thorax présente une sonorité exagérée avec souffle amphorique ; très bas au-dessous du 9e espace intercostal on trouve une zone de matité peu étendue.

Le malade se plaint de dyspnée et surtout de douleurs abdominales siégeant à la partie supérieure de l’hypocondre gauche : à ce niveau, les muscles de la paroi abdominale sont assez fortement contractés. La température atteint le soir 380,5 et le pouls est à 105.

Pendant trois jours l’état reste assez satisfaisant ; la température oscille entre 380 et 380, 6 ; le pouls ne dépasse pas 110 ; il y a une selle et les urines sont assez abondantes.

Le 8 septembre, l'écoulement purulent devient plus abondant et renferme des matières fécales. En examinant le malade, on constate que la zône de matité a augmenté, remontant maintenant Jusqu’au-dessus du 8 espace intercostal. On constate également que l'écoulement du pus et de matières se produit surtout lors des grands mouvements d'inspiration.

Le même jour on pratique une large ouverture de la paroi thoracique au niveau de la pleie, c’est-à-dire au niveau du 9 espace, et cette ouverture est agrandie par résection de la 8e côte sur une longueur de 8 à 10 centimètres. Par cette ouverture s’écoule une grande quantité de pus et on aperçoit un très volumineux paquet d’épiploon à demi-sphacélé qui fait hernie dans la cavité pleurale à travers une perforation du diaphragme. Cette masse d’épiploon est attirée au dehors et réséquée. Ensuite on élargit la perforation du diaphragme et on introduit un très volumineux drain, de façon à permettre à la collection sous-phrénique de se.vider.

A la suite de l’opération le malade est assez fatigué et, pendant plusieurs jours, il se fait un écoulement très abondant de pus ét de matières. La température oscille entre 38° le matin et 390 le soir, le pouls entre 115 et 125 pulsations.

. Au bout de quatre jours, l’état général commence à s’amé-

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OBSERVATION HI (M R DEF Piquan}

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