PARIS
GAUTHIER-VILLARS et fils, G. MASSON, éditeur,
IMPRIMEURS-ÉDITEURS LIBRAIRE DE l' ACADÉMIE DE MÉDBCTNE
Quai des Grands- Augustins, 55 Boulevard Saint-Germain, 120
(Tous droits réservés)
INTRODUCTION
Les Acariens sont pour la plupart des animalcules de très petite taille et même microscopiques, dont l'étude est relativement récente bien que l'espèce type ait été connue des plus anciens naturalistes : en effet, c'est Aristote qui a donné, au ciron du fromage le nom de Acari (de AxapT)<r, indivisible) dont les auteurs latins ont fait Acarus.
Pendant des siècles la connaissance des Acariens s'est bornée à celle de cette seule espèce que l'on regardait comme le dernier degré de
l'animalité; aujourd'hui les Acariens sont légion.
Linné donna au ciron du fromage le nom tV Acarus domesticus, et, reconnaissant à quelques autres insectes une certaine analogie de structure avec celui-ci, il forma un groupe générique qui comprit, avec le premier, les espèces suivantes : Acarus telarius, Acarus longicornis, Acarus Egypthis, Acarus Americanus, Acarus crassipes, Acarus coleoptratus et Acarus aquaticus.
Peu de temps après, Fabricius, Degeer, et surtout Hermann, portèrent le nombre des espèces connues du genre Acarus à une cinquantaine que ce dernier répartit dans sept nouveaux genres constituant, avec le genre Faucheur (Phalangium), sa famille des Holètres. Ces sept genres étaient : Pycnogonum, Hydrachna, Rhynchoprion, Cynorhesles, Trombidium, Acarus, Scirus, Notaspis.
Pour Dugès et Koch (i83o à i84o) ces genres devinrent des familles, et la famille des Holètres, débarrassée du genre Faucheur reversé aux Aranéïdes, constitua l'ordre des Acariens, comprenant une dizaine de familles, une cinquantaine de genres et plusieurs centaines d'espèces.
INTRODUCTION 7
Aujourd'hui l'ordre des Acariens peut être divisé eu plusieurs sous-ordres, car la plupart des anciennes familles de Dugès ne peuvent plus contenir les centaines de genres et les milliers d'espèces actuellement connues des Acariologues modernes, les Michaël de Londres, Kramer de Halle, Haller de Berne, Caneslrini et Berleze de Padoue, pour ne parler que des étrangers.
L'ordre des Acariens est ainsi caractérisé : Arachnides à corps ramassé dans lequel la tête, le thorax et l'abdomen sont confondus, munis d'un rostre/dont les pièces buccales sont disposées, soit pour déchirer, soit pour piquer, soit pour sucer.
Le corps des Acariens, généralement petit, est globuleux et forme un tout sans divisions dans lequel l'abdomen, le thorax et la tète ne sont pas séparés ; il présente quelquefois des sillons transversaux plus ou moins complets, indiquant les différentes régions. Le tégument est chilineux, mou, lisse, ou finement strié, et présente des parties dures, plus ou moins étendues, linéaires ou en plaques qui constituent un squelette externe ; il porte aussi des poils de formes variées, ordinairement clairsemés et disposés symétriquement. La bouche est com-
posée de pièces de formes très variables ; dans le type le plus général, elle est constituée par une lèvre en cuiller résultant de la soudure des maxilles et du labre, de chaque côté de laquelle sont articulés une paire de palpes maxillaires tri, quadri, ou quinqui articulés; sur cette lèvre glissent d'arrière en avant, et à jeu indépendant, une paire de mandibules chélifères, ou en stylets à pointe quelquefois barbelée. Le corps est porté par quatre paires de pattes de formes aussi très variables, tri, quinqui, sexti ou septi-articulées, terminées par des crochets simples ou multiples, accompagnées ou non d'organes d'adhérence peclinés, vésiculeux ou en cloche, courtement ou longuement pédonculés. Les pattes portent aussi de rares poils plantés symétriquement.
Les Acariens sont généralement ovipares, mais quelques espèces sont ovo-vivipares. De l'œuf sort une larve ressemblant aux parents, mais n'ayant que trois paires de pattes ; — dans une espèce, parasite de la chauve-souris, les larves naissent octopodes. — Les larves n'arrivent à l'état adulte qu'à la suite de plusieurs mues par lesquelles elles acquièrent, d'abord, une paire de pattes supplémentaires, puis des organes gé-
INTRODUCTION
nitaux. Après l'accouplement les femelles subissent encore une mue à la suite de laquelle elles acquièrent des organes de ponte spéciaux.
La mue, chez les Acariens, n'est pas un simple changement de peau, c'est un renouvellement complet de l'individu tout entier. Pendant qu'elle s'opère, tous les organes internes se fondent en un tout sarcodique qui se rassemble dans la cavité centrale pour constituer un véritable œuf qui bourgeonne pour former de nouveaux membres et de nouveaux organes buccaux comme dans l'œuf primitif. Dans quelques espèces aquatiques les anciens téguments se détruisent en laissant cet œuf adventif entièrement libre.
Quelques espèces présentent, sous l'empire de certaines circonstances, la disette par exemple, une mue bien extraordinaire : dans l'enveloppe des nymphes (jeunes sujets octopodes non encore sexués), — et des nymphes seulement, — se forme, non pas comme dans les circonstances ordinaires un individu semblable à elles, plus avancé en développement, mais un Acarien cuirassé totalement différent : ses organes buccaux sont atrophiés et il est muni d'un groupe de ventouses sous et post abdominales qui lui per-
LES ACARIENS PARASITEE
mettront de s'attacher à tout être animé qui passera à sa portée et à fuir un lieu de désola- Lion où il mourrait de faim comme cela arrive forcément à ses parents adultes et aux jeunes larves hexapodes qui n'ont, ni les uns ni les autres, le pouvoir de suhir cette métamorphose. Lorsque les hasards du voyage ont fait arriver le nouvel Acarien cuirassé dans un lieu d'abondance, il descend de son omnibus improvisé, se dépouille de son costume de voyage, reprend sa forme ancestrale et se met en devoir de constituer une nouvelle colonie. A la suite de la découverte de ce fait curieux nous avons nommé cette mue particulière, muehypopiale, parce que ces Acariens cuirassés, masqués, en habit de voyage, avaient été pris par les Acariologues pour des espèces définies qu'ils avaient nommées Hypopus, Homopus, Trichodaclylus, etc., ces noms ont disparu pour faire place à l'adjectif hypopial. (Voyez plus loin le groupe des Tyroglyphynës).
Nous terminons ici ce que nous avions à dire sur les caractères généraux des Acariens.
Cet ordre, avons-nous dit, est divisé en familles dont la plupart méritent déjà d'être considérés comme des sous-ordres, tellement les caractères
INTRODUCTION il
en sont distincts et tranchés. Nous ne voulons pas donner ces caractères en détail ; nous nous bornerons à en dresser un tableau dichotomique que l'on trouvera aux deux pages suivantes, résumant les caractères distinctifs de ces familles, ce qui nous tiendra lieu d'une description de chacune d'elle, puis nous passerons à l'histoire très succincte des espèces parasites que renferme presque chacune de ces familles.
LES ACAHlttNS PARASITES
sitgpyov.t) susuivoy
INTRODUCTION
Oh
OS a>
p es
et, O O es
ce
jppî/oouj sucs swarxeoy
Ml