ROIS
N°8. -- Un lapin pesant 1 kg. 900 est placé dans le petit caisson.
L'explosion a lieu à 8.000 m. La pression intérieure était de 590.
On maintient l’animal pendant 10 minutes à cette alütude.
Ramené au sol, il ne présente aucun trouble.
L'oxygène débité'a été d'environ 400 ccl.
N° 9. — Un lapin de 1 kg. 320 subit l'explosion à 10.000 mètres.
La pression intérieure du petit caisson était de 660. On maintient lanimal 15 minutes à cette altitude. Après ce temps, on le recomprime jusqu'au sol. Il est vivant, mais on constate que l'alimentation en oxygène a été nulle. Le détendeur n’a pas fonctionné et la bouteille n’a pas libéré son oxygène. L'animal est donc resté 15 minutes sans inhalation d'oxygène à l'altitude de 10.000 mètres.
N° 10. — Une poule de 2 kg. est placée dans le pelit caisson.
L'explosion est produite à 10.000 m. La pression intérieure était de 650. Le maintien à cette altitude est de 10 minutes, puis on la ramène au sol. L’inhala-
Hion d'oxygène a été de 500 cel. de plus le petit cais-
ÉTle
son contenait un ballon de 300 cel. d’O qui a éclaté.
À l’ouverture du caisson, on constate que la poule est morte. L’autopsie immédiate montre des signes d’'hémorragie interne. Il existe une vaste rappe de sang en voie de coagulation au niveau du foie. I’examen du foie montre une petite rupture de la face antérieure sur 2 millimètres environ.
Le cœur paraît normal. Les poumons sont congestionnés. Il n’y a pas de sang au niveau du jec.
Nous pensons qu'il s’agit là d’une rupture traumatique par contusion lors de l’explosion, plutôt que d’une lésion due au choc pneumatique lui-même. La poule, lors de lexplosion, a pu être projetée violemment contre les parois du petit caisson.
En effet, nous avons renouvelé deux fois la mème expérience, avec une autre poule mise dans une cage, sans obtenir le moindre accident.
N° 11. — On place dans le petit caisson deux lapins de 1 kg. 400 et de 1 kg. 320. On réalise lexplosion à 12.000 mètres. La pression intérieure était alors de 760.
La durée au palier à cette altitude est de 30 minutes, puis on les ramène au sol en 5 minutes.
A l’ouverture, on constate que l’inhalateur d’oxygène a normalement débité, c’est-à-dire environ 1.500 cel. D’autre part, un ballon contenant 490 cel. d’oxy-
gène s’est déchiré lors de lexplosion dans les con-
spot
ditions prévues. Les deux lapins sont vivants et d’as-
pect normal.
N° 12. -- On renouvelle l'expérience avec les deux mêmes lapins après une heure et demie de repos.
L'explosion a lieu à 12.000 m. La pression dans le petit caisson était de 755. Le séjour à 12.000 est de 15 minutes, puis retour au sol. Les deux animaux sont vivants.
Le débit d'oxygène a été de 700 cel. De plus, un
ballon de caoutchouc de 800 ccl. a éclaté.
N° 13. — Nous avons pu réaliser ce jour deux expériences sur un porc âgé. de 8 mois pesant 93 kilos.
L'animal était à jeun depuis 48 heures.
Première expérience. — Le porc est placé dans le. petit caisson.
On décide l'explosion pour l'altitude de 10.000 m.
Celle-ci a lieu. La pression du petit caisson était de 670. |
Immédiatement après, on commence la recompression, l’animal est ramené au sol en 5 minutes. On constate qu’il est vivant et qu'il ne présente aucun trouble. Il a même fait, malgré l’exiguité de sa cage.
un demi-tour sur lui-même.
Deuxième expérience. — Le même jour, avec le même animal, après 30 minutes de repos, le vide est fait dans le grand caisson jusqu'à 7.000 mètres, lors-
qu’on s'aperçoit que le clapet du petit caisson s’est ra-
99e \ battu trop tôt, ne permettant pas de perforer la cellophane.
On recomprime jusqu’au sol et on rétablit les conditions normales de l’expérience. On laisse encore 10 minutes de repos à l'animal; puis on reprend la décompression. Lorsque l'altitude de 12.000 m. est atteinte, on réalise l’explosion. La pression était alors de 750.
Ce palier a 12.000 mètres est maintenu pendant 20 minutes. On remarque alors que le petit caisson est animé de quelques mouvements que lui imprime son hôte.
Après ces 20 minutes à 12.000 mètres, on commence la recompression. On note que le caisson remue jusqu’à 5.000 mètres environ. L’air continue à entrer et on arrive au sol.
À l'ouverture, l’animal est mort. Il est saigné immédiatement, le sang est foncé. La quantité de sang obtenue est d'environ 1 litre.
Autopsie immédiate. — Montre une congestion intense de tous les organes, en particulier le foie, les reins, la rate. Les poumons sont hypercongestifs. Leur surface est le siège d’un piqueté hemorragique classique. Ce sont des taches de Tardieu.
A la coupe, on obtient un liquide spumeux et hémorragique. Le cœur est normal.
Les muscles sont aussi le siège d’un certain degré de congestion.
La bouteille a débité environ 1.500 ccl. d’oxygène, mais sans doute d’une façon insuffisante puisque l’en-
LAURENT
as (DE er
semble des lésions montre qu'il y a eu une véritable asphyxie de lanimal. |
Nous ne pouvons, jusqu’à nouvel avis, devoir rendre responsable de sa mort, le choc dû à la décompression.
D'autre part, nous avons vu des mouvements du petit caisson se produire 20 minutes après le début de l’explosion, prouvant bien que l’animal vivait à
ce moment.
N° 14. — Nous apportons quelques modifications à l’expérience.
Nous supprimons le détendeur d'oxygène à l’intérieur du petit caisson. Nous supprimons également l'emploi du ballon en caoutchouc contenant de l’oxygène.
L'apport de l’oxygène vient désormais de lextérieur par une canalisation spéciale à gros débit 1.000 litres-minute.
D'autre part, nous supprimons le clapet metallique du petit caisson et nous employons le hublot à diamètre de 32X27 ce qui nous permet de suivre l’animal depuis le début de lexpérience. Le petit caisson
contient encore une lampe électrique.
N° 15. — On place dans le petit caisson une cage métallique contenant une poule de 1 kg. 900. On commence par oxygéner l'animal pendant 5 minutes.
Puis la décompression est entreprise lorsque, à 4.000
mètres, se produit l'explosion. Elle est due à la rupture intempestive de la cellophane dont l'épaisseur était insuffisante. La pression intérieure était de 420. La poule a subi le choc sans manifester. On la recom-
prime immédiatement jusqu’au sol.
N° 16. — Même expérience, mais on double lépaisseur de la cellophane.
À 12.000 mètres, l’explosion a lieu. On envoie alors environ 600 litres d'oxygène.
La poule parait comme effondrée le long des parois de la cage. Sés pattes ne la portent plus et la tête est retombée sur le thorax, immobile.
Cet état dure une minute environ, puis on assiste à une récupération progressive de l’activité.
L'animal se redresse, la tête retrouve sa position naturelle. Il la remue à droite, à gauche, lœil bien ouvert.
Revenue au sol la poule est normale.
Le palier à 10.000 m. a été de 2 minutes.
La pression intérieure dans le petit caisson de
780 gr.
N° 17. — Poule de 1 kg. 900, la même que la veille.
Elle est placée dans une cage et mise à l’intérieur du petit caisson.
L'explosion est décidée pour 12.000 mètres. Celleci a lieu. Pression extérieure : 740. Il se forme un
épais brouillard à l’intérieur du petit caisson. On ne
peut donc suivre les premières réactions de Panima, mais au bout de quelques secondes, le brouillard se dissipe et laisse voir ka poule vivante.
Le palier à 12.000 mètres est de 10 minutes environ.
L'arrivée d'oxygène a été faite de l'extérieur.
Puis on recomprime l’animal jusqu’au sol.
A l'ouverture du petit caisson, la poule est vivante
et son état paraît normal.
N° 18. — On place dans le petit caisson un jeune chien pesant 16 Kg.
L'explosion est faite à 12.000 mètres. Pression intérieure : 735. On maintient le palier à 12.000 pendant 20 minutes avec inhalation d'oxygène.
Pendant ce temps, on l’observe de l'extérieur.
Nous n'avons pas noté de réaction appréciable après l’explosion.
L'animal parait l'avoir très bien supportée. Le choc l’a surpris couché. Il s’est dressé alors sur ses pattes. puis il est resté immobile et tranquille jusqu’à la fin.
Il est recomprimé jusqu’au sol et parait normal.
N° 19. — Porc de 8 mois pesant 81 kg. à jeun depuis 24 heures.
L'animal, couché dans le petit caisson présente sa tête au hublot d'observation, mais il ne pourra être suivi pendant les 10 minutes que dure la décompres-
tr]
sion, Car il existe, interposé entre la cellophane et l'atmosphère du petit caisson, une feuille de papier buvard.
L’expérience débute par une ventilation d'oxygène dans le petit caisson, pendant 5 minutes. La décompression est commencée à 15 heures. À 15 h. 10 on atteint 11.000 m. L'explosion a lieu. La pression dans le petit caisson était de 700 g. On ouvre alors l’arrivée d’oxygène. Son débit dans le petit caisson est d'environ 1.000 litres-heure.
L'animal ne paraît pas surpris. Il ne présente aucun signe de fatigue, mais on décide de le recomprimer. À 15 h. 17 ïl est à la pression atmosphérique normale. On ouvre le petit caisson qui montre l’animal bien vivant. Il est couché comme au début de lexpérience, mais on ne peut réussir à le mettre debout.
On arrive cependant à l’extraire du caisson et une fois à terre, il paraît incapable de se tenir sur ses pattes. Les mouvements sont désordonnés. Il perd l'équilibre dès qu’il n’est pas soutenu et cherche un point d'appui le long du mur. On le pousse, on laide à se relever, mais les troubles persistent et semblent dus à une paralysie des extenseurs des membres antérieurs.
En effet, l'animal se tient à genoux, c’est-à-dire sur
la première partie des pattes avant. L'extension est
impossible. Les mouvements des pattes arrières sont
se No
limités. Les mouvements de flexion sont impossibles; l'animal progresse en avançant en même temps les deux pattes arrière, qu'il maintient plus écartées que normalement comme s’il cherchait à rétablir son équilibre en élargissant son polygone de sustentation.
Dès qu’on le pousse, ou qu’il essaie de lui-même de faire un pas en avant, l'équilibre est rompu. Pour le retrouver il s’immobilise à genoux, le museau sur le sol.
Ces divers mouvements s’accompagnent d’une dyspnée d'effort marquée.
À 15 h. 35 ses mouvements respiratoires étaient de 30 par minute. Nous avons pris son pouls à sa sortie du caisson. Il battait 82 fois par minute.
Enfin nous avons remarqué que 15 minutes après sa sortie du caisson l’animal a déféqué, mais n’a pas émis d'urine.
L'animal, dont les troubles d’équilibre persistent, est alors emmené pour être abattu. L’autopsie a lieu immédiatement. Elle ne montre pas de lésions orga- “niques. Le tube digestif est normal (foie, estomac, intestin).
Le système cardio-vasculaire est normal.
On examine la boîte cranienne en présence d’un médecin vétérinaire. Son contenu apparaît indemne de toute lésion. L'examen du cervelet, auquel nous nous attachons spécialement en raison des troubles de déséquilibration présentés par lanimal, ne montre aucune lésion macroscopique.
En résumé, lanimal paraît avoir été assez forte-
ment shocké, soit par l’explosion elle-même, soit par la rapidité de la décompression, et les troubles dominants sont une déséquilibration évidente, et une pa-
ralvsie des extenseurs des membres antérieurs.
N° 20. — Un porc pesant 86 kilogs est placé dans le petit caisson. La décompression est faite jusqu’à 11.000 mètres.
La pression intérieure du petit caisson est de 700 grammes.
L'explosion a lieu et ne crée pas de réaction chez l'animal. On le recomprime immédiatement.en méme temps que l’inhalation d'oxygène est faite à bros débit.
Le retour au sol se fait en 4 minutes.
À l'ouverture du petit caisson l’animal est vivant et paraît absolument indemne.
Pas de troubles de léquilibre. Pas de paralysie.
Pas de modification du rythme respiratoire.
Le cœur bat 80 fois par minute.
N° 21. — Un chien pesant 16 kilog., que nous avons déjà utilisé pour nos expériences est mis dans le petit Caisson.
L'explosion est décidée pour 12.000 mètres. Cellecrane
La pression indiquée au manomètre est de 780 gr.
On maintient le chien 5 minutes à l’altitude où s’est