‹ Les Accidents du Sport du SkiChapitre 5 sur 17 · A CEUX QUI M'ONT AIDÉ DANS CE TRAVAIL · texte numérisé non relu

A CEUX QUI M'ONT AIDÉ DANS CE TRAVAIL

À PIERRE LATAIX

Interne des Hôpitaux Médecin de la Fédération Française de Ski

En témoignage de gratitude pour son aide amicale si précieuse.

Aux COMPAGNIES D'ASSURANCES

La Nationale, La Participation, L'Urbaine et la Seine,

Qui m'ont prêté leurs dossiers. Avec toute ma reconnaissance pour leur efficace collaboration.

Au Docreur GRENET de Megève

À ALEXANDRE MINKOWSKI

Médecin de l'Ecole Militaire de Haute-Montagne de Chamonix Interne des Hôpitaux de Paris

Je les remercie d’avoir mis à ma disposition leur profonde expérience.

Historique.

S'il fut pratiqué de tous temps, le ski ne donna que très récemment lieu à des recherches médicales. Employé tout d’abord par des peuplades de l'extrême Nord, à l’état de larges plateaux peu maniables, les Scandinaves l’adaptèrent aux longs parcours en terrain peu accidenté et leur donnèrent une forme effilée. Ce n’est que par sa pénétration en Europe centrale vers 1850, son adaptation aux fortes déclivités alpines que son usage se généralisa dans le monde entier. Il devient un moyen de locomotion rapide. Et du moment où il perd sa lenteur pour acquérir sous les pieds d’un homme les caractères d’un instrument de grande vitesse, alors apparaissent une infinité de lésions dont certaines presque totalement nouvelles, dont toutes par leur fréquence, par leur mécanisme de production, par leur aspect anatomique sont marquées du sceau de leur étiologie. Qu'étaient en effet ces entorses du genou ou de la cheville avant le ski, sinon de rares lésions sans caractères connus, sans thérapeutique précise. Les rares

fractures spiroïdes de jambe d’autrefois sont devenues

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légion dans les stations de sports d'hiver. Jusqu’aux lésions du membre supérieur qui paradoxalement se multiplient par le ski et à côté de la fracture des métacarpiens chez le boxeur, on décrira la fracture des métacarpiens chez le skieur.

De nombreux auteurs se sont attachés à l’étude des traumatismes de ski. Ce furent tout d’abord des auteurs suisses, autrichiens et allemands.

Dès 1911, des chirurgiens suisses : Steinmann, Oberts, publient leurs propres observations de lésions de ski. Mais c’est Bernhard de Saint-Moritz qui le premier s'attache avec soin à l'étude de la question. Insistant tout d’abord sur la déchirure du ligament latéral interne du genou, il en décrit les symptômes. Puis place en second, sans doute trompé par la fréquence méconnue du point douloureux de la coulisse bicipitale, alors si commun en raison de Ja vogue du ski de fond, la luxation de l’épaule. Son mérite sera de parler déjà de la fracture spiroïde des métacarpiens, par contre il paraît avoir méconnu l'importance des lésions de la malléole externe ainsi - que les entorses tibio-tarsiennes.

Vers la même époque, Von Saar, puis Hug, Boetzner, Mintzche décrivent quelques-unes des lésions qu’ils constatent. Mais c’est à Knoll d’Arosa (1932) que revient le mérite d’une statistique fournie et précise de laquelle il tire sa classification : le premier il sépare les traumatismes atypiques dus au seul fait de la translation rapide du corps, des lésions typiques, véritablement liées au fait de la solidarité entre le

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skieur et les skis et pour ainsi dire propres au skieur.

C'est cette classification qu'en 1935 Sandoz reprendra et simplifiera et qui sera adoptée comme logique par tous les auteurs. Enfin sa statistique établie avec un soin minutieux a été confirmée dans ses résultats par toutes les statistiques ultérieures.

Par la suite, paraissent des travaux originaux, ceux de Sandoz qui s’attachent à l'étude du mécanisme des lésions du membre inférieur surtout.

De Regèle (1933) qui fournit une étude détaillée sur 209 cas personnels et donnent de certaines lésions une description magistrale en particulier de l’entorse du genou. Après en avoir éclairé le mécanisme, il donne les signes qui permettent de faire le départ entre lésion méniscale et lésion ligamentaire et avec beaucoup de soin il précise la méthode thérapeutique. Les mêmes questions sont étudiées par Mancini, par Denk. À côté de quelques statistiques telles celle de Knoflach, d’Innsbruck, d’Augerer, de Vienne, sur 255 cas, de Moritsch et Rumnelhardt, de Vienne, sur 520 cas, celle de Clairmont, de Zurich, sur 152 cas, des travaux intéressants d'inspiration transalpine sont venus préciser certaines lésions bien spéciales. C’est tout d’abord Logroscino qui, en 1937, met au point l'étude des fractures des métacarpiens — Mancini qui reprend quelques points de l’étude de Regèle sur les entorses du genou — Silvio Colombani qui insiste le premier sur la fréquence des lésions osseuses méconnues dans les traumatismes de l'épaule, en précise le mécanisme, étudie les symptômes de

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chaque lésion en fonction du substratum anatomique

et en établit la thérapeutique.

Dans cette étude nous passerons en revue, par ordre de fréquence, les lésions qui peuvent être provoquées par la pratique du ski, laissant volontairement de côté les innombrables lésions atypiques, par choc direct le plus souvent, dont aucune systématisation ne peut être faite, nous insisterons à l’étude clinique sur les symptômes de recherche facile et sûre qui permettront de poser un diagnostic précis, en telle matière le pronostic lointain dépend souvent d’une finesse clinique. Nous en étudierons le mécanisme afin d’en déduire une conduite prophylactique dans la mesure où la technique, où le matériel inadéquat peuvent être tenus responsables du traumatisme. Nous nous attacherons à donner de chaque lésion et suivant les cas, une ligne thérapeutique quand elle ne nous exposera pas à une redite banale. Enfin, faisant état, d’une part, des recherches des auteurs suisses, allemands, italiens et des observations que nous ont communiquées les Docteurs Grenet, de Mégève, Minkowski, de Montgenèvre, Lataix, de l'Ecole de Haute-Montagne de Chamonix que nous tenons à remercier, d'autre part de nos recherches. personnelles, spécialement par l'étude des dossiers de trois Compagnies d'assurances, nous essaierons de préciser le pronostic fonctionnel des lésions et de fixer

dans quelle mesure une incapacité peut être prévue.

Classification et proportion.

Knoll, avons-nous vu, fut le premier à séparer les lésions typiques des lésions atypiques. En réalité, il envisageait trois groupes de lésions :

— dans un premier groupe, il rangeait les lésions, contusions, fractures, luxations provoquées par un choc direct sur le matériel (skis, bâtons) type, la lésion du poignet, entorse ou fracture du radius ;

— dans le deuxième groupe, il place les accidents caractéristiques en rapport direct avec le mouvement sportif, réalisant les fractures typiques;

— le troisième groupe enfin réunit les accidents

sans rapport avec le matériel.

Sandoz classe plus logiquement, nous semble-t-il,

en deux groupes :

Groupe I : traumatismes par choc direct : 24,8 %.

Groupe II : traumatismes par choc indirect : 75%

En réalité sa classification est très voisine de celle de Knoll et l’on voit d'emblée l’analogie entre les groupes II de Knoll et de Sandoz, les groupes 1 et 3

de Knoll se trouvant sensiblement représentés par le

ME VASE groupe I de Sandoz. Les chiffres affirment encore cette analogie.

En effet, Knoll, dans les 430 cas de sa statistique, relève:

Accidents intéressant le tronc et la tête.......... 10,4% Accidents intéressant le membre supérieur...... 148% Accidents intéressant le membre inférieur........ 74,8%

Or, en gros, les accidents intéressant le tronc et la tête appartiennent au groupe 3, lésions sans rapport avec le matériel. Les accidents intéressant le membre supérieur sont assez souvent dus au choc direct sur le matériel.

Quant aux lésions du membre inférieur, ce sont exactement les lésions en rapport direct avec le mouvement sportif, lésions dues à un déséquilibre dans le mobile skieur-skis. Elles constituent le groupe II.

Celles-là sont véritablement les lésions typiques du ski et ce sera à elles que tous les auteurs accorderont la prééminence que déjà leur fréquence, 75 %, leur confère. Quelle est en effet cette fréquence si nous détaillons chaque type de lésion ?

Pour Knoll, sur 430 accidents 66 % atteignent les hommes, 33 °/ les femmes. Le membre inférieur est atteint dans la proportion de 74,8 % des cas. Entorse du genou : 67,7 % des lésions du membre inférieur parmi lesquelles 48 % atteignent la femme en raison, pense Knoll, de la plus grande obliquité du fémur en rapport avec la plus grande largeur du bassin.

L'’entorse de la cheville et la fracture du péroné

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