‹ Les Accidents Nerveux Du Part Chez La LapineChapitre 14 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

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Le 5 mai : L'amélioration continue ; l’animal est alerte et mange avec appétit. Température : 3895.

Les jours suivants : Etat de plus en plus satisfaisant. La lapine quitte les hôpitaux le 8 mai en bonne santé.

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OBSERVATION IX. — Mme D.., ci-dessus citée, nous présente le 3 mai sa lapine malade que nous lui avions demandé d’amener à la consultation. Animal gras, 11 mois, race Chinchilla, ayant fait, il y a trois semaines environ, deux petits, dont l’un est mort quelques jours après sa naissance. Malade depuis quatre jours, ne prend plus rien, reste allongée dans sa case sans bouger.

Examen : Etat d’anéantissement marqué, ventre très ballonné, peau froide ; température : 36°2.

La malade entre en pension. Nous lui faisons une injection sous-cutanée de 10 centimètres cubes de gluconate de (Ca.

Le lendemain, aucune amélioration. La femelle, somnolente, la tête basse, est indifférente à tout ce qui se passe autour d'elle. Abdomen toujours aussi distendu, peau froide. Température : 36°1. Elle meurt dans la nuit.

OBSERVATION X. — Lapine présentée à la consultation le 8 mai 1933 par M. B... Cette femelle, de race commune, âgée de 10 mois, a eu onze petits il y a seize jours. Le propriétaire nous dit que depuis la veille elle est triste, reste allongée dans un roin, ne mange plus et ne fait pas d’excréments. Il ajoute qu'il a déjà perdu deux nourrices quelque temps après l’accouchement ; quatre autres ont élevé leur portée dans de bonnes conditions et sont en parfaite santé.

La femelle qui nous est présentée est très alerte et ne paratt guère malade. Température : 38°7. Néanmoins, étant donné

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la date de l’accouchement et les signes observés par le propriétaire, nous la gardons en observation. Dans la soirée, nous visitons l’animal, qui se promène dans sa case et mange quelques brins de paille.

Le 9 mai : Animal triste, très abattu, froid ; jéger ballonnement ; en somme, il a l’allure des malades que nous avons accoutumé de voir. Température : 36°5. Nous faisons une injection sous-cutanée de 5 centimètres cubes de gluconate de Mg.

Le 10 mai : Aucune amélioration apparente. L'animal n’a rien mangé. Température : 36°7. Nouvelle injection de 5 centimètres cubes de gluconate de Mg.

Le 11 mai*: Diarrhée abondante, animal moins abattu ; la température remonte : 37°3.

Le 12 mai : Même état général, diarrhée ; température : 37°1. L’animai a mangé un peu.

Le 13 mai : L'animal continue à manger, mais sans grand appétit. La diarrhée disparaît. Température : 37°3.

Le 14 mai et jours suivants : La température remonte progressivement pour atteindre 38°5 le 16 mai. L'animal mange de mieux en mieux et il quitte les hôpitaux le 20, très amaigri, mais vigoureux et en bonne voie de guérison.

A noter que nous avons constaté une diarrhée abondante, ce qui n’arrive jamais avec le gluconate de Ca.

OBSERVATION XI. — Lapine de 1 an, mère de sept petits depuis trois semaines, présentée à la consultation le 12 mai 1933. Malade depuis deux jours. Symptômes relevés : état de prostration très accusé, constipation, ventre ballonné, extrémités froides. Température : 36°4. L'animal entre en pension. Nous faisons une injection sous-cutanée de 5 centimètres cubes de gluconate de Mg.

Le 13: Aucune amélioration ; au contraire, l’animal se

trouve dans un état d'anéantissement complet. Température : 35°6. Nouvelle injection de gluconate de Mg.

Le 14 : Même état général, diarrhée abondante. Mort dans la matinée.

OBSERVATION XII. — Lapine de 11 mois, race commune, très grasse, présentée à la consuliation le 15 mai 1933. Mère de six petits depuis quinze jours. Le propriétaire signale qu’elle ne mange rien depuis quatre jours, n’allaite plus ses petits et reste sans bouger dans un coin de sa case.

Signes observés : Etat d’anéantissement complet, tête basse, regard voilé, abdomen énorme avec tympanisme évident, peau et extrémités froides. Température rectale : 35°4.

Nous gardons la lapine. Prise de sang à l'oreille. Injection sous-cutanée de 10 centimètres cubes de gluconate de Ca.

Le lendemain matin, nous trouvons l’animal mort.

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OBSERVATION XIII. — Lapine de 11 mois, race commune, présentée à la consultation le 15 mai 1933. À eu cinq petits il y a douze jours. Depuis quatre jours elle est très abattue, ne mange rien et ne s'occupe plus de ses petits.

Nous retrouvons chez cet animal les symptômes habituels, mais particulièrement accusés : abattement extrême et hypothermie considérable : 34°4. Injection sous-cutanée de 10 centimètres cubes de gluconate de Ca, faite sans espoir.

Nous trouvons la lapine morte le 16 au matin.

Remarques : 1° Au cours des trois premières années

que nous avons passées à Alfort, nous avons vu de nombreux cas de paraplégie post-partum et nous avons

constaté les heureux eflets de leur traitement par le gluconate de Ca. Malheureusement, nous avons attendu la quatrième année d’études pour noter nos observations, et, durant cette année, nous n'avons eu à la consultation que des malades présentant la forme comateuse des accidents ; nous regrettons de ne pouvoir citer quelques exemples de la forme paraplégique.

2° L'étude de nos observations montre que le traitement doit être, de toute nécessité, institué d’une façon précoce. Les échecs enregistrés l’on été sur des lapines traitées trop tardivement, alors que l’abattement était extrême et l’hypothermie considérable.

Conclusion

— Par leur fréquence et leur gravité, les accidents nerveux qui frappent les lapines quelques jours après leur accouchement, tiennent une large place dans la pathologie des animaux de basse-cour.

— Ces accidents se manifestent sous deux formes différentes : une forme comateuse et une forme paraplégique.

— Toutes deux se traduisent par des signes bien nets, qui permettent un diagnostic facile.

— Abandonnées à elles-mêmes, les femelles atteintes meurent dans la presque totalité des cas.

— Traitées d’une façon précoce par le gluconate de calcium, elles guérissent en quelques jours.

— Les accidents frappent, de préférence, les lapines primipares ; parmi elles, celles qui vivent en stabulation permanente, et toujours des animaux très gras, pléthoriques, en état de déséquilibre nutritif.

— Ils ne sont dus, ni à une infestation parasitaire, ni à une infection. Ils ne s’accompagnent pas d’une diminution du taux du calcium sanguin. Mais il est permis de penser qu'à la suite de la gestation, de l’établissement de la lactation et sous l'influence d’une alimentation riche en matières protéiques, il se produit

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un déséquilibre portant sur les autres éléments du sang, et sur leurs rapports avec le Ca.

Le calcium n'agit donc pas ici comme médicament étiologique, mais comme médicament de secours et d'appoint, qui stimule les glandes endocrines chargées de contrôler l'équilibre minéral sanguin, et entraîne ainsi le rétablissement de cet équilibre

Vu : Fu :

Le Doyen, Le PRÉSIDENT, ROUSSY. COUVELAIRE.

Vu et permis d'imprimer Le REGTEUR DE L'AGADÉMIE DE PaRis,

S. CHARLETY.

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