‹ Les Actes des ApôtresChapitre 129 sur 358 · VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXLIX · texte numérisé non relu

VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXLIX

| Gonnaissait la Phénicie qu’il nomme trois fois, xr, 19; xv, 3; χχι, 2 et ses villes

| principales, Lyr, xxx, 3,7, Piolémaïs, xxx, 7, Son, xxI, 7; Damas, où se irou- | vaient plusieurs synagogues, 1x, 20; une rue appelée à εὐθεῖα, FRA:

| La Syrie est mentionnée cinq fois dans les Actes; deux fois, xv, 23, 41, elle | est jointe à la Cilicie, comme dans Galates, 1, 21. La Cilicie était la patrie de Paul, xxr, 39. Ch. νι, 9, elle est jointe à l'Asie et xxvir, 5, à la Pamphylie, toutes

| dénominations qui répondent’ à la vérité des faits. À part Antioche, Luc ne nomme en Syrie que Séleucie, χππὶ, 4 et cela probablement parce que c'était le port d’Antioche. Il avait l'habitude de nommer les ports où Paul s'était embarqué : Attalia, χιν, 25, Neapolis, xvi, 11, Cenchrées, xvin, 18.

Antioche et la communauté de pagano-chrétiens qui y fut fondée nous sont | surtout connus par les récits des Actes. Luc paraît si bien au courant de son - histoire que l'on a pensé qu'il était originaire d’Antioche. C’est là que fut fondée la première communauté issue du paganisme; dès l’origine, elle fut très florissante, χι, 21, et sous la direction de Barnabé elle grandit encore, xr, 22-24; elle fut évangélisée pendant un an par celui-ci et par Paul, xr, 25, 26. C'est là que

les fidèles furent appelés chrétiens pour la première fois. Les frères d’Antioche vinrent en aide à ceux de Jérusalem; il y avait dans cette ville, xur, 4, un collège de prophètes et de docteurs; c’est par la communauté d’Antioche que fut envoyée la première grande mission de Barnabé et de Paul, xur, 1; c’est entre elle et celle de Jérusalem que s’éleva la controverse entre les judaïsants et les pagano-chrétiens, xv, 1, 3, 23. Enfin, elle devint le point d'attache de Paul après ses missions, xiv, 26; xv, 35; xvurr, 18, 22. Le récit des Actes comble ainsi la lacune que laissent les épîtres pauliniennes, où Antioche n’est mentionnée qu'une fois, Gal. τι, 11. Nous ne pouvons contrôler ce récit, mais il ne contient rien qui paraisse en dehors de la vérité historique.

Luc est bien informé aussi sur les autres provinces de l'empire, qu'il a pu

connaître d’ailleurs personnellement, quelques-unes du moins. Le voyage à

travers l’île de Chypre est exactement décrit : c’est bien à Paphos que résidait le proconsul. Il en est de même des pays au centre de l'Asie mineure. Antioche est appelée la Pisidienne, d’après la dénomination populaire de cette région. Iconium, au point de vue administratif, appartenait à la Lycaonie, mais d’après sa nationalité elle appartenait à la Phrygie Pisidienne. À Lystres, le peuple ne parlait pas le grec et effectivement les anciennes inscriptions tumulaires ne sont pas grecques, mais latines. La description du voyage de Paul à travers l'Asie mineure et ses essais pour entrer en Asie, en Pine et enfin son entrée en Mysie sont très exactement décrits. Les ἀνωτερικὰ μέρη, xx, 1, que traversa Paul en allant de la Phrygie à Éphèse sont les districts montagneux de la Lydie qui bordent la Phrygie au nord-ouest. Aïnsi que le fait remarquer Harnack, tout ce que Luc nous dit directement ou indirectement sur les provinces, Les pays, les villes et les routes d'Asie mineure est d’une parfaite exactitude géographique. Luc connaissait bien les côtes d'Asie mineure depuis Samothrace jusqu’à Césarée de Palestine puisqu'il a fait le voyage avec Paul, il en mentionne les diverses escales avec les distances qui les séparent. En Crète, il nomme des places, Salmone, Kaloi Limenes, Lasea, inconnus aux auteurs anciens.

(1) Woon, Discoveries at Ephesus; Inscriptions from the great Theatre.

ὙΠ ἸΟΟΝ INTRODUCTION

A A AT De AS Et EU ET AE dr LAN ET ES UC ΑΝ

Il ne semble pas que Luc ait connu Éphèse de visu, quoique la description qu'il en donne soit très exacte et ait été confirmée par les fouilles récemment faites sur l'emplacement d'Ephèse (1). Tout ce qui nous est raconté sur le culte renda à Artemis, sur les titres donnés à la déesse se retrouvent dans les inscriptions — le peuple d'Éphèse y est appelé φιλάρτεμις; la déesse, τῇ μεγίστῃ θεῷ ᾿Εφεσία Ἀρτέμιδι. D'Éphèse Paul passa en Macédoine et de là en Grèce, εἰς τὴν Βλλάδα, xx, 2. C'est la seule fois que l'Hellade est mentionnée dans le N. T. Ordinairement, le pays est désigné sous le nom d’Achaïe. Cependant au concile provincial des Achéens, ceux-ci sont désignés par les termes de Πανέλληνες, πάντες οἵ “Ιἔλληνες et l'assemblée est σύνοδος τῶν Ἑλλήνων (1):

Bien que Luc n'ait pas été compagnon de Paul à Athènes, il connaït bien cette ville et sa population, xvui, 17 ss., il parle de l’Aréopage, de l’agora, du earactère des habitants, ᾿Αθηναῖοι δὲ πάντες καὶ οἱ ἐπιδημοῦντες ξένοι εἰς οὐδὲν ἕτερον ηὐχαίρουν ἢ λέγειν τι À ἀκούειν τι καινότερον, 26. 21. Tous les détails qui sont donnés, la discussion avec les philosophes, Epicuriens et Stoïciens, le résultat du discours de Paul, son discours, trahissent un narrateur qui écrit d’après des renseignements authentiques.

Il en est de même de ce qui se passa à Corinthe. C’est bien au temps où Paul était dans cette ville qu’il a pu rencontrer Aquila et Priscille, chassés de Rome,

vers la neuvième année du règne de Claude, d’après Orose (2), s'appuyant sur le témoignage de Josèphe. Luc donne à Gallion le titre de ἀνθύπατος et cela avec raison, car l’Achaïe fut province sénatoriale de l’an 27 avant J.-C. à l’an 15 après J.-C., puis impériale, 15-44 après J.-C. et enfin sénatoriale quelque temps avant

le séjour de Paul à Corinthe. Le séjour de Gallion à Corinthe était connu par

une lettre de son frère Sénèque et il a été confirmé par l'inscription de Delphes, que nous étudions, p. cezxxxvir. — Le commentaire fera ressortir l'exactitude des détails que Luc relève dans son récit sur la navigation de Paul de Césarée

ἃ Malte, sur son naufrage, sur l'Italie et Rome.

Que Luc soit un auteur bien informé, cela ressort de ce fait que dans tout le cours de son récit il mentionne, quelquefois même avec des détails, les maisons où Pierre et Paul ont habité ou se sont arrêtés : à Damas, la maison de Judas, ix, 11; à Joppé, celle de Simon, le corroyeur, 1x, 43; à Philippes, chez Lydie,

τι, 14, etc. Cf. xvnr, δ; xvinr, ὃ, 7; xx, 9, 163 xxvurt, 16, 31. Pour les détails “es habitations, cit, 13; 1%, 97, 39: καὶ, 12: xvr, 9%: ΧΙΧ, 99. ΧΧ 8,97 Ettous ces détails se rencontrent non seulement dans le journal de voyage, mais aussi au nombre de six et de neuf dans les autres parties du livre. Cette observation confirme l'unité d'auteur pour l'écrit tout entier.

Nous conclurons avec Harnack, int, p. 97, que le regard de l’auteur s’est étendu à la plus grande partie du monde connu, xt, 28; qu'en aucune occasion Luc ne peut être attaqué pour son exactitude, et que nulle part sa description ne tombe en fragments hétérogènes. Les références et les notices géographiques et chronologiques prouvent la circonspection, le soin, la véracité de l'écrivain; et

les parties où le « nous » ne se rencontre pas sont si fermement et si étroitement

rivées aux sections « nous » que celles-ci ne peuvent être distinguées comme une

(1) Guiraun, Les assemblées provinciales dins l'empire romain, Paris, 1887, p. 116. (2) ΜΙΘΝΕ, P. L., XXXI, col. 1075.

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