‹ Les Actes des ApôtresChapitre 330 sur 358 · LA D A · texte numérisé non relu

LA D A

Luc ne veut pas dire que Paul ne fut pas mordu, mais qu'il n’en souffrit pas plus que s’il ne l'avait pas été.

Ÿ 6) oi dé, par opposition à ὁ μὲν οὖν du ÿ 5. Les insulaires pensaient que la morsure de la vipère produirait en Paul ses effets ordinaires : l’enflure et une mort rapide. — . πίμπρασθαι : infinitif présent passif de πιμπράω (πίμπρημὴ, brûler, être consumé par le … feu, et comme suite, enfler, gonfler; classiquement πίμπρασθαι signifie prendre feu.

πίμπρασθαι τοὐτέστι διαρρηγνύσθαι, être enflammé, Cnrysosrome. Dans le N. T. il est particulier à Luc au sens de inflammation, — χαταπίπτειν; dans Luc seulement; employé par les écrivains médicaux des personnes mourant subitement par suite de blessures ou dans une attaque d’épilepsie. La morsure de la vipère cause souvent la mort subite. ἄφνω, seulement dans les Actes, 11, 2; χιν, 26. προσδοχώντων... ἄτοπον

Hobart remarque que ce sont les deux termes qu’emploierait un médecin par exemple pour la mort à la suite de la morsure d’un chien enragé. — ἄτοπον — xaxdv, comme dans d’autres endroits du N. T. — προσδοχώντων, 6 fois dans Luc, 5 fois dans les Actes, est dun emploi fréquent chez les médecins pour désigner l'attitude du médecin

touchant la suite de la maladie ou en parlant d’un état violent. — ἄτοπον se trouve dans Josèphe, Ant. jud. x1, 5, 2 : μηδὲν παθεῖν ἄτοπον. Dans 16 grec tardif, il est employé au sens moral, Luc, ΧΧΠΙ, &1. — He changer d'avis, avec ou sans τὴν

γνώμην; Cf. Josèrne, Guer. ni ν, 9, 8. αὐτὸν εἶναι θεόν : Saint Chrysostome fait ressortir le changement subit des sentiments des Maltais et le compare à celui des habitants de Lystres. — Remarquons ici le changement de construction : le génitif προσδοκώντων et le nominatif μεταθαλλόμενοι désignent les mêmes personnes dans cette phrase.

Ÿ 7) περὶ τὸν τόπον ἐκεῖνον : l'endroit où ils avaient fait naufrage. χωρία, Vlg. praedia; propriété, villa. τόπος signifie un lieu indéterminé; χωρίον, un terrain déterminé, propriété de quelqu'un. τῷ πρώτῳ τῆς νήσου, est le titre officiel du personnage qui administre l’île, comme délégué du préteur de Sicile. Ce titre est attesté par des inscriptions : municipi Melitensium primus omnium, CIL X 7495 ; A (ούχιος) Ka(ozpt) χιος ἱππεὺς Ῥωμ (αίων) πρῶτος Μελιταίων, IG x1v 601.

Ποπλίῳ, Publius ou peut-être Popilius, Ramsay. Ποπλίῳ : Ita semper fere Graeci paullo antiquiores pro Publius (DirrenserGer Herm. vi, 282 sqq. 287 sq.), et est nomen ἃ populus derivatum. Erat ei id praenomen, si erat civis Romanus; verum mirum est illa aetate praenomen solum indicari; itaque potius ut in homine provinciali pro nomine unico putandum, cf. Mäpzos, Λούχιος. BLAss.

ἀναδεξάμενος, recevoir quelqu'un comme hôte. fu&, c’est-à-dire Paul et ses deux

compagnons, Luc et Aristarque, probablement le centurion Julius et peut-être aussi

tous les naufragés, pendant trois jours, pour leur donner le temps de prendre les mesures nécessaires pour leur établissement dans l’île où ils devaient attendre le

feu, n’en souffrit aucun mal. 6. Ceux-ci s’attendaient à ce qu’il enflât ou ra mort subitement; mais après avoir attendu longtemps, voyant qu'il ne lui arrivait aucun mal, changeant d'avis, ils disaient que c'était un dieu. 7. Or il y avait dans cet endroit une campagne qui appartenait au premier de l'ile, nommé Publius, qui nous recut et nous hospitalisa amicalement ne trois jours. 8. 11 se rencontra que le père de Publius était au lit, malade de la fièvre et de la dysenterie. Paul étant

entré auprès de lui et ayant prié, lui imposa les mains et le guérit. 9. Cela.

étant arrivé, les autres [habitants] de l'ile qui avaient des maladies, se présentaient et ils étaient guéris. 10. Ils nous rendirent de grands honneurs, et à notre départ, ils nous fournirent ce dont nous avions besoin.

retour du beau temps. Publius, aussi humain que ses administrés, devait avoir des esclaves nombreux et par conséquent un grand train de maison. Gone représentant de l'autorité romaine, il était responsable du sort des soldats et de leurs prisonniers, et devait pourvoir à leur nourriture, ce qu'il fit généreusement, φιλοφρόνως, amicalement, avec bonté. — ἐξένισεν, recevoir comme hôte. D’après la tradition, la villa de Publius était à Citta-Vecchia, la Médine des Sarrasins, l’ancienne capitale de 1116, qui n’est qu’à quelques kilomètres de la côte.

Ÿ 8) πατέρα : videtur ob senectutem vivus filio bona vel partem eorum commisisse, BLass. πυρετοῖς : le pluriel est employé ici pour désigner une fièvre intermittente, avec des accès récurrents; il est employé au pluriel par les écrivains médicaux pour marquer la marche de la fièvre élevée ou basse. Il est fréquent dans Hippocrate et Galien, mais Démosthène et Lucien l’emploient au sens de attaques intermittentes de fièvre. δυδεντερίῳ, forme récente pour δυσεντερίᾳ : autre terme de médecine, dans Luc seulement; souvent joint à πυρετοῖς par Hippocrate. Le père de Publius souffrait d’une dysenterie accompagnée de fièvre. Le pluriel πυρετοῖς indique que la fièvre était intermittente et la dysenterie constante; cf, HipPocRATE, Aph. 1250 : ὑπὸ δυσεντερίης ἐχομένω. On a soutenu que la dysenterie ne se produisait pas dans un climat sec comme celui de Malte, mais des médecins de 1116 attestent que cette maladie se rencontre encore de nos jours à Malte. Publius avait-il ce qu’on appelle la fièvre de Malte? — ἐπιθεὶς τὰς χρεῖρας αὐτῷ ; cf. 1x, 17; 16. 1v, 40; x, 13, etc. ἰάσοατο, aoriste moyen de ἰάσομαι; fréquemment employé par les écrivains médicaux au sens de guérir : 14 fois dans Luc, au sens physique; 1 fois au sens figuré, et souvent dans les autres écrits du N. T.

ÿ 9) καὶ οἱ λοιποί : la guérison du père de Publius fut connue de toute l'ile et les autres malades se présentèrent aussi, προσήρχοντο, et furent guéris, ἐθεραπεύοντο. Holtzmann croit que la science médicale de Luc a été l'instrument de ces guérisons, puisque par ἡμᾶς, Ÿ 10, il est affirmé que les honneurs ne furent pas rendus à Paul seul. Il est possible que Luc ait guéri aussi quelques malades. Après trois jours de

séjour chez Publius, Paul et ses compagnons se rendirent à la ville et de toute l'ile les :

malades arrivèrent.

Ÿ 10) οἱ καί : aussi ceux-ci : à la suite de ces guérisons ceux qui avaient été guéris leur rendirent de grands honneurs, mais il est possible que xai désigne aussi tous les habitants de l'île, πολλαῖς τιμαῖς : τιμή signifie prix, honneurs, marque d'honneur : c’est ici le sens, cf. Eccli, xxxvu, 1 : Rends au médecin pour tes besoins les honneurs

y x -» Le ͵ { À y 11. Μετὰ δὲ τρεῖς μῆνας ἀνήχθημεν ἐν πλοίῳ παρακεχειμαχότι ἐν τῇ νήσῳ. ΠΕ:

ξανδρινῷ, παρασήυιῳ Διοσχούροις. 12. rai τ εἰς Σοραχούσας ἐπειμείναμιεν

ἡμέρας τρεῖς. 18. ὅθεν περιελθόντες χατηντήσαμεν εἰς Ῥήγιον" χαὶ μετὰ. μίαν ἡμέραν ἐπιγενομένου: νότου δευτεροῖοι ἤλθσμιεν εἰς ἱπσοτιόλους" 14. οὗ εὑρόντες ἀδελφοὺς; παρεχλήθημεν: παρ᾽ αὐτοῖς ἐπιριεῖναι, ἡμέρας Entré où οὕτως εἰς τὴν Ρώμην ἤλθαμεν.

qui lui sont dûs. On traite Paal et ses θοϊαραθησειὸ avec beaucoup d’égards. Il ne peut être question ici d'honoraires en argent qu’'auraient reçus Paul et ses com:pagnons. D'abord ἡμᾶς. ne se comprendrait pas dans ce cas-là et puis Paul n'aurait pas accepté cette récompense contrairement au précepte de Jésus, Mr. x, 8. — τὰ πρὸς τὰς χρείας, tout ce qui leur était nécessaire : de l'argent, des provisions, et tous les objets dont avaient besoin les passagers. Ils avaient tout perdu dans le naufrage, et dans l’antiquité le passager n'était pas défrayé par le vaisseau, il devait se suflire à lui- | même. '

ΧΧΥΠΙ, 41-15 : De Marre ἃ Rome.

ο΄ ἢ 11) μετὰ δὲ τρεῖς μῆνας : ils restèrent trois mois à Malte, mais il est difficile de fixer * exactement le moment de leur arrivée; elle n’a pu être plus tard qu’en octobre. Le jour du départ de Beaux-Ports ne peut être fixé qu'appromativement, xxvur, 9; il a dû * avoir lieu après 16 grand jeûne, 25 septembre, mais pas trop longtemps après puisqu'il en est parlé comme d’un jour passé non depuis longtemps; Paul s’en sert pour fixer un fait. C’est donc dans Le cours d'octobre qu'a eu lieu le départ de Beaux-Ports. | Le voyage a duré quinze jours; c’est donc fin octobre que les voyageurs sont arrivés - à Malte; ils en sont donc repartis au commencement de février. C'était plus tôt qu’on ne le faisait d'ordinaire, c’est-à-dire vers le 6 mars, mais avec un bon vent on pouvait tenter l'aventure et cela d'autant plus qu’on n'avait à faire en mer ouverte que la traversée de Malte à Syracuse, De là à Putéoli on pouvait suivre la côte de Sicile. Cependant Ramsay et Blass placent la départ de Malte en mars, qui était le temps normal pour la navigation. Le naufrage aurait donc eu lieu en décembre, certainement non auparavant.

ne ἐν. πλοίω ᾿Αλεξανδρινῷ, un navire d'Alexandrie, probablement porteur d’une cargaison de blé. La tempête qui avait causé le naufrage du navire de Paul avait probablement obligé ce vaisseau à hiverner à Malte. — παρασήμῳ, Διοσχούροις insigne Castorum, Vig.; ο΄ datif circonstanciel avec Διοσκούροις, en opposition. A la proue le vaisseau portait peinte ou sculptée l’image des Dioscures, Castor et Pollux, patrons des navigateurs. χατανο΄ τιχρὺ δὲ ἀνάλογον à πρώρα... τὸν ἐπώνυμον τῆς νεὼς δεὸν ἔχουσα τὴν “low ἑχατέρωθεν, LUGIEN, τς Navig. ὅ. Cf. Cyrize De JéRusacen dans Cramer, p. 411, Blass, déclare intolérable la lecon de tous les bons manuscrits : παρασήμω Διοσκούροις, un vaisseau désigné aux Dioseures, et propose de lire ᾧ ἦν παρασήμον Διοσχούρων..

dr

Ÿ 12) καὶ καταχθέντες, XXVIL, 3, εἰς Συρακούσας. La première escale après le départ de Malte se fait à Syracuse, dont le nom, écrit ici au pluriel, indique peut-être plusieurs . villages englobés dans la capitale, ou la réunion de la ville bâtie sur terre ferme à celle construite dans l’ilot d'Ortygie. On y fait halte trois jours; Paul peut avoir SE de cet arrêt pour descendre à terre, pour y parler du Sauveur, et pour y laisser le germe d’un troupeau chrétien. ἐπερείναμεν ἡμέρας τρεῖς accusatif de temps; ils sont restés trois jours probablement pour attendre un vent favorable ou pour des raisons de commerce.

ACTES DES APOTRES, XXVIH, 11 Ta TEE 11:

11. Or, après trois mois, nous nous Κα νον sur un vaisseau qui avait passé l’hiver dans 1118, {un vaisseau] d'Alexandrie à l'enseigne des

Dioscures. 12. Ayant abordé à Syracuse, nous y restâmes trois jours. 13. De là, en côtoyant, nous atteignimes Rhegium. Et un jour après, un vent du sud s'étant levé, nous arrivâmes le second jour à Puteoli, 14 où nous trouvâmes des frères qui nous prièrent de demeurer avec eux sept

Ÿ 13) ὅθεν περιελθόντες, N° À 614 Pesch. Harkl. Vig., ayant fait le tour de la côte, ayant cotoyé ou περιελόντες, N* B ayant levé l'ancre. Il y a dans le détroit des contrecourants qui obligent souvent à longer la côte. Les courants sur les deux bords opposés du détroit, portent au nord, lorsque le courant principal, qui suit le milieu du canal, porte au sud, ou bien l'inverse ἃ lieu, parce que le courant principal se

renverse contre les marées. C’est ce qui obligea le Castor et Pollux à se tenir près :

des terres. χατηντήσαμεν, Xv1, 1, εἰς Ῥήγιον, vers Rhégium, à l'extrémité méridionale du Bruttium, en face de Messine; appelée aïnsi parce que sur ce point la côte d'Italie est séparée brusquement de celle de Sicile, de péyvum, briser, rompre. — On ne s'arrêta probablement à Rhégium que pour prendre un pilote, afin de franchir sans crainte le passage que rendaient redoutables les écueïls fameux de Charybde et de Sceylla.

ἐπιγενομένου νότου : ici seulement; le vent du midi étant survenu après le vent précédent qui était défavorable — ἐπὶ indique ce sens — δευτεραῖοι, le second jour. cf. πεμπταῖοι, XX, 6, D. ils arrivèrent à Puteoli. La distance de Rhégium à Puteoli est de 480 milles. Si le navire ἃ navigué à raison de sept nœuds à l'heure, ce qui d’après les exemples donnés par Hackett est la marche ordinaire d’un navire par un bon vent, la traversée a duré trente-six heures; ils ont done pu arriver le second jour à Puteoli. εἰς Ποτιόλους, Puteoli, aujourd’hui Pouzzoles, ainsi nommée ou des nombreuses sources environnantes et des puits qui en retenaient les eaux, ou bien de l'odeur fétide d’une partie de ces sources : « Puteoli ἃ putendo. » La ville était située dans la Campanie,

non loin de Naples. Elle voyait entrer dans son port, ou s'arrêter au passage, les

navires alexandrins en route pour Rome. Ils montraient là leur lettre de passe, à l'extrémité d’un môle fameux avançant dans la mer par une trentaine d’arches. Il n’est pas étonnant qu'une communauté chrétienne ait existé à Puteoli ; cette ville était le dernier anneau de la grande chaîne de ports, Corinthe, Ephèse et Antioche, qui reltaient lorient et le centre de l'empire romain, ligne de transit pour les voyageurs et en particulier pour les Juifs de la Diaspora.

Υ 14) où εὑρόντες ἀδελφούς : l'absence de l’article indique que Luc n’a pas eu antérieurement connaissance de ces frères. C'était probablement des chrétiens, venus d’Alexandrie, car le commerce était considérable entre cette ville et Puteoli. Il y avait d’ailleurs

. une communauté de Juifs dans ce port; on les y trouve depuis lan & avant J.-C. Josèrue, Ant. Jud, xvn, 12, 1; Guerr. jud. τι, 7, 1. Vu les rapports qui existaient entre les Juifs de la Diaspora et Jérusalem, il est à croire que des Juifs de Puteoli avaient

été convertis au christianisme. Schürer, Holtzmann, Lightfoot admettent l'existence

d’une communauté chrétienne à Puteoli. Tous les mouvements d'idées, dit Ramsay, St Paul, p. 846. aboutissaient avec une merveilleuse rapidité à Rome, le cœur d’un organisme vaste et compliqué. Les places de transit sur les principales grandes routes du commerce avec lorient, Puteoli, Corinthe, Éphèse, Antioche de Syrie devinrent les centres d’où rayonna le christianisme. À Pompéi, qui n’est pas loin de Puteoli, les chrétiens étaient un sujet de moqueries pour les oisifs de la rue, avant la destruction de la ville par le Vésuve, en 79.

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x LS τ € A = , 7 e \ \ 16. Ὅτε δὲ εἰσήλθομεν εἰς Ρώμην, ἐπετράπη τῷ [Παύλῳ μένειν χαθ᾽ ἑαυτὸν σὺν

παρεχλήθημεν : ce verbe admet deux traductions. Et d’abord, nous fümes priés de demeurer auprès d'eux; c'est le sens qu'adopte la Vulgate : rogati sumus manere; c'est aussi l'interprétation qui répond le mieux à une signification de παρεχλήθημεν. Mais il semble difficile d'admettre que Paul fut libre d'accéder à la prière des chrétiens de Puteoli. Quoique le centurion fût bien disposé à son égard, Paul était néanmoins prisonnier, et il ne dépendait pas de lui de fixer le temps de son séjour à Puteoli; il fallait la permission du centurion. 58 référant ÿ 15, des exégètes, Ramsay, Blass ont traduit παρεχλήθημεν : nous fûmes consolés parmi eux, demeurant ce jour. Mais ἐπιμεῖναι, leçon de Ν᾿ ABILP, répond mal à cette traduction, qui est justifiée par ἐπιμείναντες, de H 3 33 68 95° 614 Harkl. Gig. Théoph. Le texte latin de d présente

ainsi le texte : et inventis fratribus consolati sumus et mansimus apud eos.

| Puteoli, ce qui lui permit de célébrer le jour du Seigneur et de rompre le pain eucha-

derniers.

ἐπιμεῖναι ἡμέρας ἑπτά : Paul fut heureux de passer ces jours auprès des frères de

ristique avec eux, cf. xx, 6; xx1, 4. On a dit que le centurion avait accordé ce délai à la prière de Paul, en récompense des services qu’il lui avait rendus. Gela paraît peu cenforme à la manière de faire d’un officier romain. IL est plus probable que la raison de ce délai fut que le centurion fit un rapport à Rome sur son arrivée et qu'il attendit la réponse pour savoir ce qu’il ferait de ses prisonniers. Il semble bien cependant qu’il a dû recevoir à Césarée des instructions suffisantes au sujet de ces

χαὶ οὕτως, après cet intervalle de temps ainsi passé, εἰς τὴν Ῥώμην ἤλθαμεν, nous allâmes à Rome. καὶ οὕτως est la fin d’un voyage et résume la longue chaîne des événements qui ont conduit Paul de Césarée à Rome, le but qu'il devait atteindre, cf. ΧΙΧ, 21; xx, 11. Nous allômes et non nous arrivâmes à Rome; ce dernier sens ne serait possible que par prolepse, à moins d’adopter la suggestion de Ramsay, se référant à la double expression de l’arrivée de Paul à Rome, ἤλθαμεν, Ÿ 14 et εἰσήλθομεν, Υ 16. Il n'accepte pas l'hypothèse de Blass, qui pense que πορευόμεθα rendrait mieux l'idée : nous avancions vers Rome et alors nous arrivâmes à Appii Forum et enfin

à Rome.

Ramsay explique autrement le texte. Cette double explication est due au double

sens que porte le nom d’une cité. Le terme « Rome » peut comprendre ou le territoire entier de la cité, les XXXV tribus, telles qu’elles furent complétées en l’an 241 avant J.-C., c’est-à-dire l’ager romanus, ou être restreint aux murailles et aux édifices de la ville. Le sens du ÿ 14 serait donc, nous entrâmes dans l’ager romanus et du ÿ 46, nous entràmes dans les murs de Rome. Cette explication nous paraît subtile et peu dans la manière ordinaire de Luc. Il est plus simple de penser que ÿ 14 ἤλθαμεν signifie : après avoir achevé notre voyage sur mer nous allâmes vers Rome tandis que Ÿ 16 εἰσήλθομεν signifierait : après avoir passé au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes nous entràmes dans Rome. Il est probable qu’en partant de Puteoli Paul et ses compagnons de route allèrent à Gapoue, où ils rejoignirent la Via Appia.

Ÿ 15) κἀκεῖθεν οἱ ἀδελφοὶ ἀχούσαντες τὰ περὶ ἡμῶν : les frères de Rome à qui Paul était cher avaient pu pendant le séjour de celui-ci à Puteoli apprendre des chrétiens de cette ville des choses qui le concernaient, τὰ περὶ ἡμῶν, c'est-à-dire son arrivée à

jours ef ainsi nous vinmes à Rome, 15. Et de là les frères ayant entendu

parler de ce qui nous concernait vinrent à notre rencontre jusqu’au Forum

d’Appius et aux Trois-Tavernes. Paul en les voyant rendit grâces à Dieu

et fut rempli de courage.

16. Quand nous fûmes entrés à Rome, on permit à Paul de demeurer

Puteoli; ils vinrent donc à sa rencontre en .deux groupes, dont l’un rencontra Paul au τ Ὁ ἌΝ

Forum d’Appius, à 65 kilomètres de Rome, et l’autre près de Rome à 49 kilom., aux

Trois-Tavernes. — εἰς ἀπάντησιν, terme fréquent dans les Septante.et dans Polybe.

Si nous en jugeons par le xwi° chapitre de l'épitre aux Romains, Paul avait de

nombreux amis à Rome: il en salue vingt-huit nominativement dans cette épître. 1] est vrai qu’on a;soutenu que ce chapitre ne faisait pas partie de l'épitre aux Romains,

mais d'une épître aux Ephésiens. Quoi qu'il en soit, Paul a écrit avant son voyage à Rome une épître aux .chrétiens de cette ville; c’est donc qu'il était connu d'eux et qu'il leur était cher à cause .de ses travaux apostoliques. Sa Lettre reçue il y avait

quelques années (en 58) devait leur faire désirer de voir F'Apôtre ; äls se hâtèrent donc de venir à sa rencontre.

ἄχρι ᾿Αππίου φόρον, Forum Appi. Ville située sur la voie Appienne, établie proba-

blement quand Appius Claudius l'Aveugle constmiisit la voie Appienne. D'abord

simple ilieu de halte, elle attira peu à peu les marchands qui y tinrent un marché, de là son nom Forum d’Appius. Elle était à l'extrémité mord d’un canal (fossé) parallèle

à la route des Marais Pontins. Comme dans les Maraïs Pontins les eaux couvraient souvent la route, on était obligé .de faire le voyage.en bateau par 16 ;canal, SrraBon,

v, 3, 6. Horace décrit ce voyage. Paul a probablement fait en bateau ile trajet des Marais Pontins,.et cela nous explique pourquoi les chrétiens venus de Rome n’allèrent

pas plus loin .que le Forum d’Appius. καὶ Τριῶν Tafsov&v, Tres Tabernae, Trois Ta-

une certaine importance; c'était une halte pour les voyageurs, parce que ;là était. l’'embranchement où la route d’Antium (aujourd'hui Porto Anzio) rejoignait la voie

Appienne. Cicéron, Ad. Attic., 11, 43. οὖς ἰδών : à la vue de:ses:amis, Paul fut centaine-

ment.ému.deileur fidélité, et il en rendit grâces à Dieu. IIL avait rencontré probable-

ment quelques chrétiens de Rome ;pendant.ses voyages, mais il était inconnu, sauf de

nom, à.la plupart d’entre eux, et il pouvait être inquiet sur l'accueil qui lui serait fait.

Les.Juifs chrétiens. de Rome l'avaient souvent calomnié, :mais.cette réception cordiale de réconforta, ἔλαθε θάρσος. Gaudet apostolus videns fidem et caritatem fidelium οὗ inde haurit firmam et fortem confidentiam «evangelii propagandi excusso omni timore, ne vineula sua.cedant in detrimentum evangelii; e contra ex salutatione ifratrum ea fore in incrementum et gloriam evangelii cum magna in Deum gratiarum actione persentiscit, KNABENBAUER.

D'après Preuschen l’accueil.des chrétiens.de Rome n'est pas compréhensible d'après Σ

l'exposé précédent de la situation; il croit que le récit est plein de lacunes et quil

donne l'impression de notices groupées. Quoi qu’il en soit il nous semble bien que

“tout cela répond à lassituation.

-XXVI, 46-31 : Pauz À ROME; SON DISCOURS AUX JUIFS.

ÿ 16) Paul voyageant.sur la Via Appia est rentré.à Rome par la porte Capène, non loin de la porte actuelle San Sebastiano..—éxerpden : aoriste 2,passif de ἐπιτρέπω, per-

mettre, concéder; il fut permis à Paul parle préfet à «qui il avait été confié, uévew,

70e : ACTES DES APOTRES, XXVII, 16-19. NT

αὐτὸν τοὺς ὄντας τῶν ᾿Ιουδαίων πρώτους" συνελθόντων δὲ αὐτῶν ἔλεγεν πρὸς αὐτούς" Eyw, ἼΑνδρες ἀδελφοΐ, οὐδὲν ἐναντίον ποιήσας τῷ λαῷ ἢ τοῖς ἔθεσι τοῖς πατρῴοις; δέσμιος ἐξ “Ἱεροσολύμων παρεδόθην εἰς τὰς χεῖρας τῶν Ρωμαίων, 18. οἵτινες HE

γαντές me ἐθούλοντο ἀπολῦσαι διὰ τὸ μιηδεμίαν αἰτίαν θανάτου ὑπάρχειν ἐν ἐμοί" .19. ἀντιλογέντων δὲ τῶν Ἰουδαίων ἠναγχάσθην ἐπικαλέσασθαι Ἰζαίσαρα, οὐχ ὡς τοῦ

d’habiter, χαθ᾽ ἑαυτόν, sibimet, Vlg., à part, c’est-à-dire en dehors du camp prétorien par conséquent dans une maison particulière; cf. ÿ 23 et 30. Cette maison serait sur l'emplacement de l'église di Maria in via Lata, sur le Corso actuel, Paul n'aurait pu réunir les Juifs auprès de lui dans le camp. Cette faveur était accordée aux prisonniers qui n'étaient pas accusés de crime capital. Le centurion avait dû parler en faveur de l'Apôtre, et d’ailleurs la lettre missive, elogium de Festus, était plutôt favorable, mais Paul était toujours sous la garde d’un soldat; il était soumis à la custodia militaris :

son bras droit était enchaîné au bras gauche d'un soldat. Il ne pouvait donc aller et

venir à sa fantaisie et était dans le cas d’Hérode Agrippa, Josèpue, Ant. jud. xvux, 6, 5.

Les soldats se succédaient fréquemment et Paul put dans le cours de sa captivité en connaître personnellement un grand nombre et par eux leurs compagnons. Il put donc exercer envers eux son zèle apostolique, ce qui lui permit d'écrire aux Philippiens,

1, 42, 13 : Je veux que vous sachiez, frères, que mon affaire a tourné plutôt à l’avance-

ment de l'Évangile, si bien que mes chaînes ont été reconnues pour le Christ dans tout le prétoire et partout ailleurs.

Après πο HL P 614 Harkl. οὐ Gig. Par. Prov. Catena Cramer, Théoph. Oecum, ajoutent : à ἐχατόνταρχος παρέδωχεν τοὺς δεσμίους τῷ στρατοπεδάρχῃ, τῷ δὲ Παύλῳ ἐπετράπη. 614 ΠΗ, mg. Demim. ajoutent ἔξω τῆς παρημθολῆς.

- Les critiques ne s'accordent pas sur ce que pouvait être le Stratopédarque. Généralement, on a compris que le fonctionnaire en question, à qui furent remis les prison” niers (στρατοπεδάρχης) était le préfet du prétoire, c'est-à-dire des prétoriens. Il n’y avait

pas d'autre camp à Rome à cette époque. Bien qu’il y en eût ordinairement deux, le singulier s'expliquerait par le fait que, pendant quelque temps sous Néron, jusqu’au

ÉHReRDS de l’année 62, il n’y avait qu'un seul préfet, qui était Burrhus, ou bien parce-

ἊΝ qu'on devrait entendre : ἃ le préfet » à qui devaient être remis les prisonniers. Un

manuscrit latin (c. Gigas) traduisant le mot par « chef des étrangers » (princeps peregrinorum), On ἃ supposé (Moumsex et HarNack Sizungsber. d. Berl. Akad. 1895, p. 491 ss.) qu'il s'agissait du princeps castrorum peregrinorum, au mont Cœlius. Le

corps des milites peregrini ou frumentarii était affecté principalement au service de

l'intendance militaire, mais il avait aussi des fonctions de police. C’est à cette caserne que Paul aurait été d’abord amené. Mais l'existence de ces castra peregrinorum au mont Coelius n ’est attestée que par une inscription du in siècle et par la glose que nous avons mentionnée plus haut. Il est plus probable que Paul fut conduit au camp

ο΄ prétorien, qui était au nord-est de la ville, et qu'il se logea ensuite dans le voisinage.

Cf. Loisy, p. 931.

Υ 17) μετὰ ἡμέρας τρεῖς : après trois jours consacrés à ses affaires particulières, ἃ recevoir ses amis personnels, à se reposer aussi de ses fatigues, Paul se hâta de se mettre

en rapport avec les Juifs ainsi qu’il en avait l'habitude. Son intention dans son discours

est de montrer que son appel au jugement de César ne doit pas être regardé comme un désaveu du judaïsme et une apostasie. Il voulait se disculper auprès d'eux des accusations qu'il pensait qu'on avait lancées contre lui, établir pourquoi il était prisonnier et prouver que quoique prisonnier il n'était coupable d'aucun crime contre la

| ACTES DES APOTRES, ut 16- 19. Sue ἡδὺ

en son particulier avec un soldat qui le gardait. 17. Or, il arriva qu d'aprés

trois jours, il [Paul] convoqua les premiers des Juifs et quand ils furent

réunis il leur dit : Hommes frères, n’ayant rien fait contre la nation, ni contre les coutumes de nos pères moi j'ai été fait prisonnier à Jérusalem et

livré entre les mains des Romains, 18 qui, après m'avoir interrogé, vou- :

laient me relâcher, parce qu'il n’y avait en moi aucune cause de [con-

damnation ἃ] mort. 19. Mais les Juifs y étant opposés, j'ai été contraint

d’en appeler à César, sans que j'aie aucune intention d’accuser ma nation.

nation juive. Cette justification était nécessaire pour que l’Apôtre pût exercer sa mission parmi les Juifs, — Preuschen se représente difficilement comment Paul ἃ pu inviter les Juifs à une conférence, à

à moins qu’il ne soit question des judéochrétiens. — τοὺς ὄντας τῶν Ἰουδαίων πρώτους : πρώτους, ce terme peut être un substantif, les chefs des Juifs, | les Anciens, les Chefs du synagogues, ou un adjectif, les premiers, les principaux des Juifs. Il y avait sept synagogues juives à Rome, et les Juifs étaient principalement

établis sur le Janicule. — ἔλεγεν, à l’imparfait pour indiquer que Paul attend une

réponse; conferebat cum eis dicens, Gig. ἐγώ, emphatique par position. C’est de luimême que Paul va parler. "Avôoes : l’Apôtre affirme de suite qu’il est de la même nation

que ses auditeurs, qu’ils sont ses frères. Il veut leur inspirer de bons sentiments à son égard, et il évitera dans son discours tout ce qui peut les choquer ou les irriter. Summam τοὶ exponit, non minute omnia quae acciderant; itaque non mirum esse quae cum

narratione cap. xx1-xxr1, ad amussim non conveniant, BLass. — οὐδὲν ἐναντῖον ποιήσας τῷ

λαῷ, n'ayant rien fait, quoique je n’aie rien fait contre le peuple ; λαός, c’est-à-dire contre

le peuple de Dieu. — D'après Preuschen, ἐξ Ἱεροσολύμων, conduit à cette idée que Paul.

a été fait prisonnier par les Juifs à Jérusalem et conduit par eux à Césarée.

παρεδόθην : aoriste passif de παραδίδωμι. Paul résume les événements sans entrer dans

le détail; il prend les faits par le sommet et par leurs conséquences. Il passe rapidement sur ce qui s'est passé à Jérusalem, sur le tumulte excité contre lui par les Juifs; il dit simplement qu’il a été fait prisonnier, et de Jérusalem il a été livré aux Romains. Il en vient de suite à la raison de son appel à César. Prudenter ita agit. Si enim omnia exposuisset quae sibi a Judaeïs illata essent, nonne visus esset animum pandere exul-

eratum in Judaeos ? quo Judaeos Romanos offenderet quasi male affectusin contribules

suos, KNABENBAUER.

Ÿ 18) οἵτινες ἀναχρίναντές pe : allusion aux interrogations judiciaires de Félix, xxiv, 8, et de Festus, xxv, 6, 26, qui aboutirent, pour le dernier tout au moins, à cette déclaration que Paul n’a rien fait qui méritât la mort ou la prison, xxv, 25; xxvi, 31.

ÿ 19) Après τῶν Ιουδαίων, 614 Harkl. c* ajoutent : χαὶ ἐπικραζόντων᾽ αἶρε τὸν ἐχθρὸν ἡμῶν.

Cette addition change la physionomie de la phrase de Paul; elle ἃ dû être ajoutée en.

souvenir de xx, 36; ΧΧΙΙ, 22; xxv, 24. — ἀντιλεγόντων : expression très adoucie de l'opposition des Juifs à l’acquittement de Paul. Celui-ci ne rappelle pas les intrigues des

Juifs ‘auprès de Félix qui devaient aboutir au meurtre de Paul. N’entrant pas dans le détail, Paul peut dire que les Juifs se sont opposés à sa mise en liberté et que par leurs agissements ils l'ont contraint à en appeler à César. Holtzmann soutient que Paul n’a pas été obligé par les Juifs à en appeler à César, mais il y ἃ été amené par Félix. Il oublie ce qui s’est. passé. Les Juifs voulant mettre Paul à mort demandaient avec instance à Félix de faire venir Paul à Jérusalem, ayant préparé un guet-apens pour le tuer en chemin. Félix n’'acquiesça pas à leur demande, et fit paraître Paul devant

ἔθνους pou ἔχων τι κατηγορεῖν. 20. διὰ ταὐτην οὖν τὴν αἰτίαν παρεχάλεσα ὑμᾶς ἰδεῖν Rai προσλαλῇῆσαι᾽ εἴνεχεν γὰρ τῆς ἐλπίδος τοῦ Ἰσραὴλ τὴν ἅλυσιν ταύτην περίχειμαι" 24. οἱ δὲ πρὸς αὐτὸν εἶπαν Ἡμεῖς οὔτε γράμματα περὶ σοῦ ἐδεξάμεθα ἀπὸ τῆς ᾿Ιουδαίας, οὔτε παραγενόμενός τις τῶν ἀδελφῶν ἀπήγγειλεν ἢ ἐλάλησέν τι περὶ σοῦ πονηρόν. 22. ἀξιοῦμεν δὲ παρὰ σοῦ ἀχοῦσαι ἃ φρονεῖς" περὶ μὲν γὰρ τῆς αἱρέσεως ταύτης Ὑνωστόν ἐστιν ἡμῖν ὅτι πανταχοῦ ἀντιλέγεται. 23. ταξάμενοι δὲ αὐτῷ ἡμέραν ἦλθον πρὸς αὐτὸν εἰς τὴν ξενίαν πλείονες, οἷς ἐξετίθετο διαμιαρτυρόμενος τὴν βασιλείαν

= 3 - 2 τῷ το ΜΡ } ΒΩ £ τοῦ Θεοῦ, πείθων τε αὐτοὺς περὶ τοῦ ᾿Ιησοῦ ἀπό τε τοῦ γόμου Μωῦσέως rat τῶν προ-

son tribunal à Césarée. Il lui demanda s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé. L'Apôtre qui connaissait les intentions des Juifs, refusa et en appela à César. C'est donc bien les Juifs qui furent la cause de son appel à César. En fait, les Romains l'auraient mis en liberté à diverses reprises si, par leurs cris et leurs machinations les Juifs ne s'y étaient opposés. Paul a donc bien raïson de dire qu’il a été forcé d’en appeler à César pour échapper à un assassinat ou à un meurtre judiciaire. — ἠναγχάσθην : Paul ἃ voulu se défendre ; il a été forcé d’en appeler à César. Il n’a donc pas violé la règle qu’il avait lui-même établie, 1 Cor. vi, 4 ss. de ne pas en appeler aux tribunaux païens dans les différents entre frères. — τοῦ ἔθνους μου, non pas le peuple de Dieu, ᾿ λαός, mais sa propre nation, xxIV, 17; χχυι, 4. — ἔχων τι χατηγορεῖν : Paul en appelait n'ayant pas cependant en quoi que ce soit à accuser sa nation. Il repousse un soupçon qu'aurait pu avoir les Juifs que, maltraité par eux, il voulait les accuser auprès de César, qu’il voulait établir César juge entre sa nationet lui. Après χατηγορεῖν, 6144 Harkl. c*Gig.. Par. Prov. ajoutent : ἀλλ᾽ ἵνα λυτρώσωμαι τὴν ψυχήν μου Ex θανάτου : verum haec verba - non congruunt ad illam moderationem, imo reticentiam, qua apostolus ‘utitur loquens de Judaeïs ; praeterea de ejus modi clamoribus solum mentio fit xx, 22, ex quo loco glossema hoc originem ducit, KNABENBAUER.

ÿ 20) Pour expliquer sa conduite et enlever tout soupçon aux Juifs, Paul les a convoqués, car il voulait les voir et leur parler pour leur dire quelle était la vraie cause de sa captivité. — ὑμᾶς est le complément de trois verbes : παρεχαλέσα, ἰδεῖν, προσλαλῆσαι. Ty ἄλυσιν ταύτην περίχειμαι, je suis entouré, ‘enveloppé de cette chaîne. On ἃ un autre exemple de cette construction du passif avec l’accusatif, Hébr. ν, 2, περίκειται ἀσθένειαν ; cf. Héropore 1, 171. C'est la même forme que πεπίστευμαι τὸ εὐαγγέλιον, Gal. πι, 7. εἴνεχεν, forme inconnue; γὰρ τῆς ἐλπίδος τοῦ ᾿Ισραήλ, l'espérance du Messie, qu’'entretenait le peuple d'Israël. C'est pour leur faire cette déclaration que Paul ἃ voulu voir les Juifs; la cause réelle de sa détention c'est d’avoir prêché la venue du Messie, l'espoir d'Israël.

ÿ 21) οἱ δέ : par leur position ces termes font ressortir que les Juifs de leur côté

répondent à Paul seulement sur la position personnelle qu'il a prise. L'entretien est

borné à l'exposé qu'a fait l'Apôtre de sa situation actuelle. — ἡμεῖς, emphatique; οὔτε γράμματα, des lettres officielles envoyées par le Sanhédrin, οὔτε παραγενόμενός τις τῶν ἄδελφῶν ἀπήγγειλεν : ils n’ont pas reçu non plus de communication orale de frères venus de Jérusalem. Après τις Gigas Peschito ajoutent ἀπὸ Ἱεροσολύμων. Bref, personne m'a dit sur son compte quelque chose de mal. Les Juifs ne veulent pas dire qu’ils ne connaïssaient pas Paul, qu'ils n'ont jamais entendu parler de lui; c’eût été contraire à la vérité, car il est impossible que l’activité de Paul depuis plus de vingt ans dans le monde romain leur ait été inconnue. D'ailleurs, ÿ 21, ils connaissent la secte chrétienne dont ils savent que Paul fait partie. Leur négation porte sur la raison de l’emprisonnement de Paul. Les aoristes, ἀπήγγειλεν, ἐλάλησεν, précisent cette limitation à l'état

20. C'est pour cette cause que je vous ai demandés, {afin de] vous voir et de vous parler; car c’est à cause de l’espérance d'Israël que je porte cette chaine. 21. Et ceux-ci lui dirent : Quant à nous, nous n’avons reçu de la Judée aucune lettre à ton sujet et il n’est venu aucun frère qui ait rapporté ou dit quelque mal de toi. 22. Nous jugeons équitable d'entendre de toi-même ce que tu penses; car, à l'égard de cette secte, il nous est connu qu'elle est contredite partout. 23. Lui ayant assigné un jour, ils vinrent à lui en plus grand nombre dans son logement. Il leur exposait, témoignant du royaume de Dieu, et les convainquant au sujet Jésus par

. actuel. Et en effet cette raison devait leur être inconnue. Les sanhédrites n'avaient pas à communiquer aux Juifs de Rome ce qui s'était passé à Jérusalem à propos de Paul, ni à leur signaler l’appel à César, avant que celui-ci fût accepté. Ils ne prévoyaient pas

que les choses se précipiteraient à ce point; Paul fut envoyé à Rome presque immédia-

tement après son appel. C'est alors que les sanhédrites eurent à avertir les Juifs de Rome de l'affaire de Paul; mais leurs lettres ne purent partir de Césarée à ce moment, car à cette époque de l’année aucun vaisseau ne naviguait sur la Méditerranée orientale à cause du mauvais temps. Ils durent attendre le printemps, et leurs lettres arrivèrent, si toutefois ils en ont écrit, après que Paul, parti de Malte, tout au moins aux premiers : jours du printemps, fût déjà arrivé à Rome depuis longtemps.

Ÿ 22) ἀξιοῦμεν : nous jugeons équitable de t’entendre sur les raisons de ton emprisonnement et sur ce que tu penses au sujet de l'espoir d'Israël pour lequel tu es enchaîné. Rogamus Vlg.; postulamus, Gig. répondent à un autre sens de ἀξιοῦμεν, nous désirons. Les Juifs ne demandent pas à Paul de leur exposer la vérité chrétienne. mais ajoutant que cette secte était en défaveur partout, ont-ils voulu demander à l’Apôtre s’il en faisait partie? τῆς αἱρέσεως ταύτης : pour les Juifs de Rome le christianisme était une hérésie, une secte sur laquelle 115. ne veulent pas donner leur opinion, mais qu'ils savent bien être contredite partout.

γνωστόν ἐστιν ἡμῖν : le christianisme leur est connu, et il ne pouvait en être autrement, puisque nous savons par l’épître aux Romaïns, écrite quelques années auparavant, qu'il y avait à Rome une communauté chrétienne, formée il est vrai en majorité de gentils, mais où se trouvaient aussi des Juifs. Cette affirmation des Juifs ne contredit pas l’existence à Rome de cette communauté, bien qu'ils n’y fassent aucune allusion et qu’ils aient l'air de parler seulement des chrétiens répandus dans l'empire, et d’en parler par ouï-dire, comme s'ils n'avaient aucune connaissance personnelle de l’existence des chrétiens. Cette réponse diplomatique des Juifs signifie seulement qu'ils ne veulent pas porter un jugement sur la secte chrétienne et qu'ils s’en tiennent à ce que l’on dit partout. ἔ

Faut-il accuser les Juifs de mensonge et de duplicité? I1 ne semble pas : ils ont été simplement prudents et ont dit ce qui était vrai par rapport à Paul et au jugement porté sur le christianisme; ils parlent d’une manière objective et veulent paraître neutres dans l'affaire de Paul. Il n’est pas impossible d’ailleurs que les Juifs, revenus récemment de l'exil à la suite de l’édit de Claude, n’aient pas connu l'existence à Rome d’une communauté chrétienne d’ailleurs assez restreinte. — ἀντιλέγεται, 4 fois dans Luc, 3 fois dans Paul, 1 fois dans Jean. A la fin du Ÿ, Gig. Par. ajoutent in toto orbe.

: Ÿ 23) ταξάμενοι : participe aoriste moyen indiquant qu’il y a eu accord entre les Juifs et Paul : ayant convenu du jour où ils se rencontreraient de nouveau.

ÉD την rue ACTES DES APOTRES, XXVIII, 23-27.

᾿φητῶν, amd πρωΐ ἕως ἑσπέρας. 2h. not οἱ μὲν ἐπείθοντο τοῖς ne ot δὲ ἠπίστουν. 25: ἀσύμφωνοι δὲ ὄντες πρὸς ἀλλήλους ἀπελύοντο εἰπόντος τοῦ [Παύλου ᾿ ῥῆμα ἕν’ Ὅτι χαλῶς τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον ἐλάλησεν διὰ Ἡσαΐου τοῦ προφήτου πρὸς τὴν His πατέρας ἡμῶν 26. λέγων" το τς ᾿ ἐν} 12 πφὸς τὸν λαὸν τοῦτον χαὶ εἰπόν" ᾿ἀχοὴ ἀχούσετε χαὶ οὐ M συνῆτε,

χαὶ βλέποντες βλέψετε χαὶ où μὴ ἴδητε"

27. ἐπαχύνθη γὰρ ἡ χαρδία τοῦ λαοῦ τούτου, " \ = ? 37 χαὶ τοῖς ὠσὶν βαρέως frouoav, “ \ δ. \ τὰ s " ΄ F χαὶ τοὺς ὀφθαλμοὺς αὐτῶν ἐχάμψμυσαν μὴ ποτε ἴδωσιν τοῖς ὀφθαλμοῖς τ 2 , χαὶ τοῖς ὠσὶν ἀχούσωσιν χαὶ τὴ χαρδίᾳ συνῶσιν χαὶ ἐπιστρέψωσιν; χαὶ ἰάσομαι αὐτούς.

εἰς τὴν ξενίαν : le sens de ce terme est vague; il peut signifier le lieu où l’on reçoit l'hospitalité d'un ami, le lieu où sont logés les étrangers ; ξενία, d'après Suidas, signifie

᾿ς xatéhuua, Hésychius, καταγωγξῖον, demeure, maison quelconque en location. Paul a peut- .

être reçu tout d’abord l'hospitalité d’un de ses amis, Aquila et Priscille; ξενία vient de ξενίζω hospitaliser ; puis sa captivité se prolongeant il a loué un logement ce qu’indique ᾿ μισθώμα, ÿ 80, -- πλείονες, emphatique; comparatif de πόλυς, plus nombreux que la première fois. Le logement de Paul a dû être assez spacieux pour les recevoir tous. Docu seulement dans les Actes, x1, 4; xvin, 26 (vi, 21, au sens physique) le moyen donne une force et une signification particulière à ce ἘΠῚ Paul exposait le royaume de Dieu, justifiant ainsi sa conduite. πείθων" : le participe indique le but, le dessein de | l'orateur, voulant leur persuader, faisant effort pour les persuader; c’est le participe de conatu; il n'indique pas le résultat, lequel n’a pas été complètement atteint, ÿ 24. Il marque aussi le pouvoir persuasif de Paul, χα, 48; ΧΥΠΙ, 4. Νυύσέως: le témoignage de Paul sur Jésus s’appuyait sur Moïse et sur les prophètes, dont on l’accusait d’être l'ennemi. Paul, qu'on représentait comme opposé à l’autorité de Moïse et des prophètes, se servait au contraire de leurs écrits pour évangéliser Jésus et pour montrer qu’il était le Messie qu'ils avaient annoncé. περὶ τοῦ Ἰησοῦ : Paul enseignait : 19 que le Christ avait souffert et qu’il était ressuscité des morts; 2° que son royaume était l'accomplissement de la Loi et des prophètes et qu’il était l'espérance d'Israël, — ἀπὸ πρωΐ ἕως ἑσπέρας : expression figurée pour marquer la durée de l'entretien.

Ÿ 24) οἱ μὲν ἐπείθοντο τοῖς λεγόμενοις, οἱ δὲ ἐπίστουν : ces imparfaits marquent l’effet pro- duit par les paroles de Paul; of μέν... ot δέ, distribue les Juifs en deux parties, les uns se laissent toucher par les arguments de Paul; les autres ne se rendent pas à son argumentation. La proportion des croyants par rapport aux incroyants n’est pas nettement marquée, mais les dernières paroles de Paul, ÿ 25-28 semblent indiquer que les incroyants furent plus nombreux que les croyants. ἐπείθοντο peut signifier : ils écoutaient les paroles de l'Apôtre ou. ils étaient amenés à avoir la foi en Jésus, mais cela ne ressort pas des paroles de Paul, il ne paraît pas que leur conviction ait été Suffisanie pour les conduire à la foi. Ces croyants devaient être des pharisiens, plus accessibles à la foi en Jésus ressuscité que les sadduccéns. — ἡπίστουν : ils ne

croyaient pas ou ils continuaient à ne pas croire; les deux verbes sont à l’imparfait pour indiquer la continuité de l’action.

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