‹ Les Actes des ApôtresChapitre 16 sur 92 · GUERISON DU PERCLUS · texte numérisé non relu

GUERISON DU PERCLUS

Cet homme, voyant arriver saint Pierre et saint Jean, leur demanda l'aumône.

Pierre et Jean le regardèrent; et Pierre lui dit:

« Regarde-nous, »

Et riiomme les regardait, espérant qu'ils lui donneraient quelque chose.

Mais Pierre lui dit :

« Je n'ai ni or ni argent à te donner; mais ce que j'ai, je te le donne : Au nom de Jésus-Christ de Nazareth , lève-toi et marche. »

Et prenant la main droite du perclus, il le fit lever; aussitôt les jambes de cet homme ainsi que son corps s'affermirent; et se levant, il marcha. Il entra avec eux dans le Temple, marchant, sautant et louant Dieu.

Camille. Il me semble, Grand'mère, que ce n'était pas trèsrespectueux de sauter dans le Temple.

Grand'mère. C'est vrai, chère enfant ; mais il faut dire, pour excuser ce pauvre homme, qu'il se sentait si content, si heureux de se trouver guéri, qu'il était comme fou de joie. Cet homme louait Dieu du miracle dont il avait été Tobjet. Sa reconnaissance bruyante attira l'attention de ceux qui allaient et venaient, et fit remarquer davantage le pouvoir miraculeux de saint Pierre.

Tout le peuple reconnut aussitôt le pauvre perclus qui jadis était toujours étendu près de la Belle-Porte pour demander l'aumône. On fut stupéfait de cette guérison miraculeuse. Et comme le perclus tenait par la main Pierre et Jean, qu'il ne se lassait pas de remercier, personne ne put douter que ce ne fût eux qui eussent opéré ce miracle. Alors Pierre leur dit:

« Hommes d'Israël, pourquoi vous étonnez-vous , comme si c'était nous, qui par notre seul pouvoir^ avions guéri cet homme? C'est au nom de Jésus , le Saint et le Juste , que vous avez renié;, que vous avez fait mourir^ que Dieu a ressuscité d'entre les morts et qui est avec Dieu, l'auteur de la vie, c'est par son nom et en son nom que nous avons rendu la santé parfaite à cet homme qui était perclus. )>

Henri. Comment Jésus est-il avec Dieu^, l'auteur de la vie?

Gr\nd'mère. Tu sais, cher enfant, que Notre-Seigneur tout en étant vraiment homms est aussi vraiment Dieu. Il est par conséquent le Créateur de toutes choses. Ainsi', à Bethléem, la Sainte -Vierge, en portant Tenfant Jésus, tenait dans ses bras son Créateur, son Dieu. Ainsi, encore^, au Saint-Sacrement, nous adorons non seulement notre Sauveur, mais encore notre Créateur et notre Dieu. Jésus est avec le Père et le Saint- Esprit, le seul vrai Dieu vivant.

Saint Pierre prêcha longtemps, leur rappelant les prophéties, et leur démontrant que tout ce que Jésus-Christ avait accompli, avait été prédit par les Prophètes; et que ce Jésus qu'ils avaient méconnu, était le Messie, le Fils de Dieu annoncé dès l'origine.

De même que saint Pierre a le premier prêché Jésus-Christ et converti des âmes à la foi, de même il a été le premier à faire des miracles. Dieu l'a voulu ainsi pour honorer en sa personne la dignité du chef de rÉglise.

s. PIERRE ET S. JEAN DEVANT LE GRAND CONSEIL.

Gr-Vnd'mêre. Pendant que Pierre parlait, des prêtres,, des employés du Temple et des Saducéens arrivèrent.

Ils furent très en colère des choses que Pierre et Jean enseignèrent au peuple^ et se jetant sur eux, ils les mirent en prison jusqu'au lendemain;, car il était déjà tard.

Louis. Gomment? Ils mirent en prison ces pauvres Apôtres pour avoir fait un miracle et pour avoir parlé de Notre- Seigneur.

Grand'mèrë. Oui , mon cher enfant. Ils firent pour les Apôtres comme ils avaient fait pour Notre-Seigneur ; ils virent avec rage ce miracle et les nombreuses conversions qu'il pouvait amener; et en effet, il y eut ce joup-là cinq mille hommes qui se convertirent.

Le lendemain^ les Pharisiens, les Princes des prêtres et les Scribes s'assemblèrent pour délibérer sur ce qu'il fallait faire. Anne, prince des prêtres^ et Gaïphe, grand prêtre^ étaient avec eux.

Henri. Étaient-ce le même Anne et le même Gaïphe qui avaient insulté et condamné Notre-Seigneur?

Grand'mèrë. Oui, les mêmes; ils conservaient pour Notre-

Seigneur les mêmes sentiments de haine diabolique; ils avaient espéré que l'ayant fait mourir, il ne serait plus question de lui et de sa doctrine, et ils étaient furieux de voir ses envoyés continuer ses prédications et ses miracles et convertir des milliers de Juifs chaque fois qu'ils parlaient en public.

Madeleine. En effet , ils devaient être furieux; huit mille hommes en deux prédications !

Pierre. Et probablement que ces huit mille nouveaux Chrétiens en convertissaient d'autres à leur tour,

Grand'mère* Certainement , car ces nouveaux Chrétiens étaient pleins de zèle; tout remplis du Saint-Esprit, ils aidaient les Apôtres à répandre la foi.

C'est ainsi que nous devrions faire tous; nous devrions ne pas laisser une occasion de faire du bien à ceux qui vivent avec nous, et aider de la sorte nos prêtres à sauver les âmes. Il y a malheureusement bien peu de Chrétiens assez fei vents pour le faire.

Les ennemis de rÉghse, étant donc réunis, firent venir saint Pierre et saint Jean. Et les plaçant au milieu d'eux, ils les interrogèrent.

« Par quelle puissance et au nom de qui avez-vous guéri cet homme perclus? « leur demandèrent-ils.

Jacques. Les coquins ! Comment osaient-ils le demander?

Grawd'mère, souriant. Tu as bien raison; mais de tout temps les méchants ont été impudents et hypocrites, comme ils le sont encore aujourd'hui.

Saint Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur répondit que c'était au nom de Jésus, leur divin Sauveur, qu'ils guérissaient et qu'ils enseignaient; il leur rappela les miracles qui attestaient

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la Divinité du Seigneur Jésus^ les persécutions dont vivant il était l'objet, les souffrances et la mort cruelle à laquelle ils l'avaient condamné, sa Résurrection qu'ils avaient voulu cacher , mais dont les disciples et des milliers de Juifs avaient été témoins^par suite des nombreuses apparitions de jÉsus- Ghrist et de son Ascension au Ciel dont plus de mille hommes pouvaient témoigner.

Les Princes des prêtres et les Pharisiens^ voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et surpris de leur éloquence, s'informèrent d'où ils venaient. Ils furent encore plus stupéfaits quand ils surent que les Apôtres étaient des hommes simples et sans instruction.

Voyant aussi debout, près d'eux, l'homme que Pierre et Jean avaient guéri, ils ne savaient que dire. Ils leur ordonnèrent de sortir de la salle du conseil et ils se mirent à délibérer entre eux sur ce qu'il y avait à faire, disant:

(c Que ferons-nous de ces hommes? Un miracle connu de tous les habitants de Jérusalem a été fait par eux, et nous ne pouvons le nier. »

Jacques. Comment? ils ont osé l'avouer?

Grand'mêre. Il le fallait bien ; comment faire autrement? L'homme paralytique de naissance était là devant eux solide sur ses jambes.

Ils ajoutèrent : c< Pour que le bruit de ce miracle ne se répande pas davantage parmi le peuple, défendons-leur déparier à l'avenir au nom de ce Jésus. Effrayons-les en les menaçant de punitions terribles. »

Elisabeth. Mais pourtant, ils convenaient eux-mêmes que le perclus avait été guéri? Puisqu'ils reconnaissaient le mira-

cle de saint Paul et de saint Jean , comment pouvaient-ils s'empêcher de croire au pouvoir extraordinaire du nom de Notre-Seigneur.

Grand'mère. Aussi le croyaient-ils^ mais en conservant Tespoir de continuer à dominer le peuple et de conserver leur puissance.

C'était l'oigueil de Satan qui remplissait leurs âmes et les rendait indignes de la grâce de la foi.

La foi est^ en effet, une grâce que Dieu donne aux hommes de bonne volonté , c'est-à-dire aux âmes droites et sincères; pour avoir la foi^ il faut aimer la vérité.

Le conseil rappela donc Pierre et Jean^ il leur défendit sous les peines les plus graves, de parler ni d'enseigner à l'avenir au nom de Jésus.

Jeakne. C'était bien pénible pour ces pauvres Apôtres^ auxquels Notre-Seigneur avait ordonné de le faire connaître au monde entier.

Grand 'mère. Aussi n'eurent-ils pas peur des menaces des méchants Juifs et ils répondirent :

u Voyez vous-mêmes s'il est juste devons obéir plutôtqu'à Dieu ; nous ne pouvons pas ne pomt parler de ce que nous avons vu et entendu. »

Alors le conseil les chassa avec de nouvelles menaceS;, mais ils n'osèrent ni les punir ni les garder en prison à cause du peuple qui se serait révolté, car tous savaient le miracle de saint Pierre et de saint Jean, et personne ne pouvait en douter; le perclus avait plus de quarante ans et tout le monde dans Jérusalem le connaissait.

C'est ici que commencent les persécutions de l'Église. Le

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PREMIER Pape est persécuté, emprisonné et menacé de mort dès qu'il prêche Jésus-Christ, dès qu'il fait du bien au nom de Jésus-Christ. Saint Pierre a donc été le premier Pape persécuté ; et saint Jean, son fidèle compagnon, partagea ses épreuves comme l'ont fait depuis tous lesbonsÉvêques qui partagent les souffrances etjes persécutions du Pape.

UNIOxN DES [PREMIERS CHRÉTIENS.

Grand 'mère. Pierre et Jean , se trouvant libres, rentrèrent au Cénacle, et racontèrent à leurs frères ce qui était arrivé.

Et tous se mirent à prier, à louer Dieu, à le remercier d'avoir délivré Pierre et Jean. Ils résolurent de ne pas craindre les menaces des Pharisiens, de continuer à braver leur colère et à annoncer la parole de Dieu au nom de leur Seigneur Jésus, qui leur donnerait le courage et la force contre la fureur de ses ennemis.

Jacques. C'est bien cela; c'est beau et courageux.

Grand'mère. Aussi le bon Dieu les en récompensa; car aussitôt qu'ils eurent prié ainsi, le lieu où ils étaient trembla ; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec encore plus de force et de puissance.

Henriette. Pourquoi le Saint-Esprit est-il revenu une

seconde fois, puisqu'il les avait déjà remplis la première

fois.

Grand'mère. Celte fois-ci ce n'était pas comme au jour de la Pentecôte, pour inaugurer solennellement le règne de l'Église ; c'était seulement une consolation et une grande grâce que Notre-Seigneur envoyait à ses fidèles.

Louis. Qu'est-ce que c'est : inaugurer?

Grand'mère. Inaugurer veut dire établir^ déclarer qu'une chose commence.

Et toute cette multitude n'avait qu'un cœur et qu'une âme....

Armand. Comment? à eux tous ils n'avaient qu'un cœur et qu'une âme? Ainsi, quand l'un mourait^ tous mouraient à la fois ?

Grand'mère^ 7iant, Non^ cher enfant; on ne parle pas du cœur de chair, nécessaire à la vie du corps^ en disant: un cœur et une âme. On veut dire que tous avaient les mêmes pensées de foi, les mêmes sentiments d'amour pour le bon Dieu, et pour les hommes ; et tous n'avaient qu'une âme , c'est-à-dire le même zèle, le même désir de servir Jésus-Christ, le même courage pour braver les dangers.

Henri. Tu demandes toujours des bêtises^ Armand.

Henriette. Tu as bien raison^ Henri ; je ne disais rien, par douceur, mais je pensais comme toi.

Armand Pas du tout, je ne dis pas de bêtises; et j'ai bien fait de demander, parce que toi non plus tu ne comprenais pas.

Henriette. Ah! par exemple!

Akmand. Ceitainement; je l'ai vu à ta figure.

Grand'mère. Voyons, mes enfants, ne vous disputez pas et

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