‹ Les Actes des ApôtresChapitre 66 sur 92 · RÉVOLTE CONTRE SAINT PAUL A GÉSARÉE · texte numérisé non relu

RÉVOLTE CONTRE SAINT PAUL A GÉSARÉE

Mais ce jour-là, des Juifs d Asie-Mineure , ayant reconnu saint Paul dans le Temple^ soulevèrent tout le peuple contre lui, en s'écriant : « Au secours^ Israélites! Voici cet homme qui enseigne partout contre notre nation^ contre la loi de Moïse et contre Dieu; il a profané le Temple en introduisant des infidèles dans le lieu saint. »

Jeanne. Ces méchants hommes mentaient , n'est-ce pas, Grand'mère?

Grand'mêre. Ils ne mentaient pas tout à fait, ils se trompaient; car ils avaient vu avec Paul, dans la ville, Trophime d'Éphèse, qui était Grec; et voyant saint Paul dans le Temple, ils crurent sans doute que Trophime l'y avait accompagné.

Aussitôt, toute la ville fut en révolution ; le peuple accourut en foule. On se saisit de Paul, on l'emmena hors du Temple, dont on ferma les portes; et comme ils se disposaient à lapider le saint Apôtre, le trihun de la cohorte romaine

Louis. Qu'est-ce que c'est que le tribun et la cohorte?

Grand'mère. Le tribun était le chef des soldats romains qui gardaient la ville; la cohorte était le régiment ou le bataillon de soldats commandés par le tribun.

Le tribun, ayant appris que la ville était dans le trouble et la confusion, prit avec lui des soldats et des centurions, et courut du côté où était l'émeute. Quand les Juifs aperçurent le tribun et les soldats, ils cessèrent de frapper saint Paul. Alors, le tribun s'approchant, se saisit de lui; et, l'ayant fait lier avec des chaînes, il demanda qui était cet homme et ce qu'il avait fait.

Jacques. Ce tribun est bien injuste; pourquoi a-t-il fait

enchaîner ce pauvre saint Panl, avant de savoir seulement qui il était ni ce qu'il avait fait?

Grand'mère. Il était certainement fort injuste; mais les Romains étaient durs, et ils n'y regardaient pas de si près, surtout quand il s'agissait d'un pays conquis, comme était la Judée.

Le tribun^ ne pouvant savoir ce qui en était, à cause des cris de tous ces gens qui se contredisaient et qui faisaient un tumulte effroyable, commanda qu'on emmenât Paul au camp romain. C'était la forteresse Agrippa qui se trouvait près du Temple. Lorsque saint Paul fut arrivé sur les marches de la forteresse, il fallut que les soldats le portassent pour le préserver de la violence du peuple en fureur, qui suivait en criant : « Tuez-le, tuez-le ! » Comme vous le voyez, mes enfants, le Disciple était traité comme le Maître.

Lorsque saint Paul allait entrer dans le camp, il dit au tribun :

« M'est-il permis de dire quelques mots? »

Le tribun lui dit : « Sais-tu parler Grec? N'es-tu pas cet Égyptien qui, ces jours derniers, a excité une révolte, et qui a conduit dans le désert quatre mille insurgés ? »

Saint Paul répondit : « Non. Je suis Juif, né à Tarse, en Cilicie, et citoyen de cette ville, qui est très-connue. Permettezmoi, je vous prie, de parler au peuple.

— Parle, » lui répondit le tribun.

Paul, se tenant debout sur les marches, fit signe au peuple qu'il voulait parler. Il se fit aussitôt un grand silence. Paul leur parla en Hébreu, ils furent encore plus attentifs, et il leur dit * Qu'il était Juif comme eux, qu'il avait été instruit dans Ja religion Juive par un homme connu de tous, nommé

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