‹ Les Actes des ApôtresChapitre 88 sur 92 · MARTYRE DE S. LUC ET DE S. MARC · texte numérisé non relu

MARTYRE DE S. LUC ET DE S. MARC

déserts ni ble, ni fruits^ ni rien de ce qui est nécessaire pour vivre ?

Grand'mêre. Il est probable qu'en outre de ce que leur apportaient les fidèles, ils vivaient avec la plus grande sobriété, d'un peu de pain et d'eau, de racines crues et de quelques herbes qu'ils trouvaient dans les montagnes. Les plus faibles y ajoutaient de l'herbe d'hyssope.

Louis. Qu'est-ce que c'est : l'hyssope. Est-ce bon? Grand'mère. C'est une herbe très-fortifiante et d'un goût très-amer; c'était très-mauvais^ mais les Saints solitaires ne regardaient pas au bon ou au mauvais goût; ils ne mangeaient que pour se soutenir, et l'hyssope leur donnait des forces. Plusieurs d'entre eux ne mangeaient que tous les trois jours ; d'autres restaient jusqu'à cinq ou six jours sans prendre aucune nourriture.

ÏÏEXRiETTE. Comment? Est-ce possible?

GRA^D'MÈRE..Dans nos pays, il ne serait guère possible de vivre ainsi. Mais en Egypte, comme dans tous les pays chauds, on a besoin de très-peu de nourriture.

La réputation de sainteté de ces premiers solitaires excita la colère des païens. Voyant que leurs faux dieux étaient de plus en plus abandonnés, ils résolurent de tuer saint Marc, comme l'ennemi le plus dangereux de leurs idoles, et celui qui avait le plus d'influence sur les Chrétiens.

Saint Marc fut averti du projet des ennemis de Dieu et se prépara au martyre. Mais, pour ne pas laisser les Chrétiens sans secours, il désigna pour son successeur un homme de grande vertu nommé Anien; il fit aussi trois prêtres et sept diacres. Il les laissa à Alexandrie et alla passer deux années

encore dans la Pentapole, pour y consolider la foi qu'il y avait déjà prêcbée.

Valentine. Qu'est-ce que c'est que la Pentapole?

Grand'mère. C'est un mot qui veut dire cinq villes et qui vient du grec : Penté^ cinq; Polis, ville.

Il revint ensuite à Alexandrie, en Egypte; il trouva le nombre des Chrétiens considérablement augmenté. Les païens, avertis de son retour, exécutèrent aussitôt le projet abominable qu'ils avaient formé avant son départ.

Le jour de Pâques tombait cette année sur le jour auquel les païens célébraient la grande fête du bœuf Apis^ leur Dieu le plus honoré.

Pendant que saint Marc célébrait la sainte Messe, ils le saisirent, lui jetèrent une corde au cou et le traînèrent dans les rues jusqu'à la prison de la ville. Ils l'y enfermèrent tout meurtri dans un cachot infect, et l'y laissèrent jusqu'au lendemain. Il passa le reste du jour et la nuit à remercier Notre-Seigneur Jésus-Christ de l'avoir jugé digne du martyre. Ses souffrances étaient cruelles, car son corps était tout écorché, une soif ardente le dévorait^ et la corde qu'on lui avait attachée au cou l'étranglait à moitié.

A minuit, la terre trembla, un Ange apparut à saint Marc et lui dit :

« Marc, serviteur de Jésus-ChrisT;, ton nom est écrit sur le livre de la vie éternelle; tu es compté au nombre des Apôtres, ta mémoire restera vénérée sur la terre. Les Anges recevront ton esprit; tu n'as plus longtemps à souffrir en ce monde. »

Le Saint remercia le Seigneur des grâces dont il le comblait

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